Liberté de penser t. IV p
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magnifique qu'il arrâche aux doctrines les plus sublimes pour le jeter, déchiré et profané, sur Taride formule des plus détestables erreurs.
M. Renan maintient, en effet, les mots de Dieu, de Providence, d'immortalité « autant de bons vieux mots, dit-il, un peu lourds peut-être, que la philosophie interprétera dans des sens de plus en plus raffinés ». Veut-on savoir comment M. Renan les interprète pour sa part ? Prenons le mot Dieu. Ce mot lui sert à désigner, tour à tour, et le monde réel et le monde idéal, le monde de l'expérience et le monde de la raison. « Dieu, dit-il, est immanent, non-seulement dans l'ensemble de l'univers, mais dans chacun des êtres qui le composent. Seulement, il ne se connaît pas également dans tous. Il se connaît plus dans la plante que dans le rocher, dans Tanimal que dans la plante, dans l'homme que dans l'animal, etc. Voilà la thèse fondamentale de toute notre théologie. Si c'est bien là ce qu'a voulu dire Hegel, soyons hégéliens ^ » . Voilà donc Dieu devenu synonyme de Vunivers, et le mot Dieu désignant l'ensemble des choses. Ce Dieu-univers aidé du « temps, facteur universel » et de « la tendance au progrès, germe fécond, sans lequel le temps reste éternellement stérile, » ce Dieu, dis-je, est engagé dans un (( éternel deve/zir». Quand le dernier terme du progrès sera atteint, « alors Dieu sera complet, si l'on fait