‹ Les doctrines positivistes en FranceChapitre 35 sur 107 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Loi dialectique. — Procédé transcendant. — Nécessité invincible de ce procédé. — Son point de départ est la réalité du monde; son point d'arrêt, la réalité de Dieu. ~ Analogie rigoureuse de la finalité ou des intentions finales dans les œuvres de l'homme et dans les œuvres de la nature. — L'absolu et l'infini de la raison. — Réalité substantielle de cet infini. — Le procédé dialectique dans toutes les manilestations historiques deThoaimeet de l'humanité. — Conclusion.

Le principe fondamental du positivisme, principe qui consiste à ne rien voir, à ne rien admettre en dehors de Texpérience sensible, et, par conséquent, à chercher dans la matière seule Texpli cation de tous les faits de l'univers physique, intellectuel et moral, ce principe, nous l'avons vu, est le renversement de toute raison, et aboutit nécessairement au scepticisme absolu. La base étant si ruineuse, l'édifice, cela va sans dire, ne saurait être bien solide, et les esprits logiques et sincères, les seuls qui comptent en matière de doctrine, pourraient, en toute rigueur, s'en tenir à cette démonstration. Mais dans un si grave sujet, en face de négations si capitales et si formelles, il importe de donner à la vérité tout le relief dont elle est suscep-

tible, il importe de montrer que le principe des positivistes n'est pas seulement une erreur palpable, mais une pure impossibilité ; que cette impossibilité les domine et les subjugue en dépit de leur système ; que là où il plaît à leur caprice de tracer les limites extrêmes de la raison, là précisément commence le domaine propre, nécessaire, absolu de cette même raison, et que là où ils n'aperçoivent, disent-ils, que « du chimérique et de l'imaginaire, » là précisément se rencontre la réalité la plus haute et la plus positive.

Oui, on a beau dire et répéter sans fin, que la raison doit s'arrêter au fait expérimental, qu'elle* n'a point à s'occuper « des questions d'origine et de fin dernière ; qu'elle n'a point à rechercher s'il est une cause première, ni quelle est cette cause ; s'il est une fin dernière, ni quelle est cette fin ; que ce problème la déborde ^ » et que, pour en finir, le plus simple est de supprimer le problème et de se passer de solution. Autant vaudrait dire^ qu'au nom de la physique ou de l'astronomie, on doit, d'un trait de plume, supprimer la respiration de Thomme ou la gravitation des mondes. Autant vaudrait dire qu'on doit intimer l'ordre, à la flamme de ne pas monter, aux corps pesants de ne pas graviter vers le centre de la terre, à l'océan de ne pas prendre son niveau, à la terrre et aux autres planètes de ne pas suivre leur route autour

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