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2. De l'instinct et de Vintelligence des animaux. A l'appui de ces lois, M. Floureas cite des faits sans nombre qn'il a observés la pituipurl lui^ittâute*
220 us DOCniHES POSIITTISTES
sur robserratioDy démontrées par la science, se trouvent encore confirmées par l'histoire. Jamais les partisans du métamorphisme des espèces n'ont pu citer un seul fcûi à l'appui de leur système. En reTanche, tous les faits s'unissent pour en montrer l'inanité. Qu'on examine les momies d'honunes ou d'animaux rapportés de l'Egypte. L'ibis du temps des Pharaons est absolument le même que celui de nos jours. Depuis des milliers d'années, l'espèce humaine n'a pas Tarie. Même obsenration pour les momies de bœufs, de chiens, de crocodiles. Dans son histoire naturelle, Aristote décrit tout le règne animal, depuis les orties de mer jusqu'aux animaux supérieurs. Eh bien, de la lecture d'Aristote il ressort ce fait: que non-seulement aucune espèce n'a changé ; mais que tout le règne animal est resté le même.
L'évidence des faits a emporté la conviction des savants, et VimmutabilUé des espèces est posée en axiome de la science.
Un voit dès lors l'erreur de M. Darwin. Il a confondu
ô» races qui sont indéfiniment variableSy avec les
P ces qui gQj^^ essentiellement fixes et immiuibles,
rmé des caractères essentiels et primitifs, ce qui
^ï que des caractères accidentels et secondaires. V4 est le Darairk •
***ogisme, qu'on appelle en bonne logique l erreur de lo .
faire ^bstance et de Vaccident. Il suffit à
® cette fixité, de cette immutabilité absolue
ET LE Problème de la vie. 23i
des espèces, que signifient les lois immanentes de M. Littré, la force contraignante de M. Taine, la force plastiqttre et l'action des milieux de Lamark, Vélection naturelle et la concurrence vitale de M. Darwin ? Que signifie le besoin de marche et de progrès que MM. About et Renan ont découvert dans les atomes ? Rien, ou le contraire de ce qu'on leur fait signifier. Les lois immanentes des espèces les condamnent précisément à rester toujours les mêmes ; la force qui les régit, les contraint bon gré, mal gré, à ne jamais franchir le cercle immuable qui les enserre; l'action des milieux^ dont on raconte tant de merveilles, se borne à modifier les caractères accidentels des races, et ne peut rien, absolument rien sur les caractères co7istilU' tifs des espèces; Vélection naturelle qui dirige les individus, s'arrête strictement à la limite de l'espèce, et quand il plaît à l'homme de la fausser, de l'égarer, de la corrompre, elle est absolument impuissante à produire des espèces nouvelles. Enfin, quel que soit le besoin de marche et de progrès qu'on prête aux atomes, toujours est-il qu'aux yeux de la science, ils n'ont jamais réussi à franchir l'abîme qui sépare un genre d'un autre genre, une espèce d'une autre espèce. Qu'est-ce donc que tout ce prétendu métamorphisme des espèces vivantes, sinon une chimère de pure fantaisie, imaginée pour le besoin d un athéisme réduit aux abois, chimère démentie par les faits, réprouvée
par les savants, et condamnée, quoi qu'on fasse, à
2Î2 LKS DOCTRINES POSITIVISTES
rentrer dans Toubli d'où elle n'aurait jamais dû sortir. Et c'est ainsi, entendons-lo bien, que Tathéisme est le
dernier mot de la science I
Eh bien non ; Dieu a voulu, pour Téternelle confusion de ses contempteurs, que les lois et les découvertes scientiflques nous fournissent la démonstration la plus saisissante de son existence. Que nous disent, en effet, ces lois et ces découvertes ?
Elles proclament qu'il y eut un temps où notre globe n'était qu'une masse inorganique et inanimée; un temps où la vie était impossible sur ce globe ; un temps par conséquent, où nul être vivant n'existait sur notre terre.
Elles proclament, en second lieu, que toutes ces innombrables espèces qui, en ce moment, vivent et s'agitent sous nos regards, forment, selon le mot de M. Flourens, autant de chaînes distinctes^ fixes et immuables, qui ne peuvent ni dériver les unes des autres, ni se transformer les unes dans les autres.
Elles proclament enfin qu'il n'y a pas de générations spontanées, « que la vie ne vient que de la vie » ; en d'autres termes, que les espèces vivantes, ou les innombrables chaînes de la vie, ne dérivent, ni ne peuvent dériver d'aucun élément de la matière, d'aucune force inorganique de la nature.-
Ainsi donc la vie n'a pas toujours existé, et maintenant elle existe. Notre terre n'était qu'une masse inorganique, et maintenant elle est peuplée d'espèces
ET Le PROBLÈME DE LA VIE. 223
Tiyantes. Or, nulle espèce vivante ne peut dériver d'une autre espèce ; nulle espèce vivante ne peut naître des forces inorganiques de la nature. Donc, ou bien toutes les espèces vivantes sont des effets sans cause, ce qui est impossible, ou bien elles ont été créées par une cause toute-puissante, supérieure à toutes les forces de la nature inorganique, par conséquent par une cause qui n'est pas cette nature, par une cause vivante, (Supérieure à tous les éléments de la matière inanimée ; et cette cause vivante, distincte de toutes les substances de la nature, et supérieure à ces substances, c'est Dieu.
En d'autres termes, il y a eu un premier couple de chaque espèce vivante, ou bien il n'y a pas d'espèces. Il y a eu un premier anneau de chaque chaîne distincte de la vie, ou bien il n'y a pas de chaîne. Or, aucune force de la nature inorganique n'a pu produire spontanément le premier couple de chaque espèce ; aucune n'a pu former le premier anneau de chaque chaîne. Le premier couple de chaque espèce a donc été créé par une Puissance surnaturelle, c'est-àdire supérieure à toutes les forces, à toutes les substances de la nature*. Le premier anneau de chaque chaîne se rencontre donc entre les mains de Dieu.
Cet arguipent, nous ne craignons pas de le dire, a
1. Noua employons ici le mot sumaturely non dans son acception théologique, mais dans le gens que lui donnent nos adfer« saires qui en font invariablement le synonyme de Dieu.
toute la force et toute Tévidence d'un théorème de géométrie. Il s'appuie sur tant de raisons démonstratives, que les concessions mêmes que nous ferions à nos adversaires, ne réussiraient pas à en diminuer la portée, à en ébranler la solidité.
Fût-il convenu que les infasoires naissent spontanément, il serait toujours vrai que la génération spontanée ne produit pas les espèces supérieures ; il serait toujours vrai que ces espèces étant immuables, elles ne peuvent dériver des espèces inférieures ; qu'elles ne se maintiennent et ne se propagent que par runion des sexes; que cette loi de génération est une loi constante de l'espèce ; que, par conséquent, les premiers représentants de chacune de ces espèces ne sont pas nés spontanément, et qu'ainsi il faut admettre de deux choses l'une : ou bien que ces espèces sont des effets sans cause, ce qui est absurde, ou bien qu'elles ont été créées primitivement par la toute -puissance de Dieu.
Fût-il accordé que les espèces supérieures sont nées spontanément des éléments bruts de la matière, toujours est-il que l'espèce humaine étant immuable comme toutes les autres espèces, elle n'a pu dériver des singes ou des champignons; toujours est-il que le premier couple humain n'a pu être le résultat d'une métamorphose, et par conséquent, quelle que fût son origine, il a dû être produit tel quel, d'un premier jet et tout d'une pièce ; toujours est-il qu'à l'état d'em-
bryon ou d'enfant, sans père, sans mère, sans secours, exposé à toutes les injures des éléments, il n'aurait pu subsister, je ne dis pas une année, mais pas môme une semaine, pas même un jour, pas même une heure ; toujours est-il que pour vivre, pour subvenir à ses besoins, pour se défendre, pour se perpétuer, il a dû naître à l'état d'bomme adulte, complètement développé; toujours est-il que les hétérogénistes les plus décidés n'ont osé pousser l'extravagance jusqu'à prétendre qu*un beau jour, sans antécédents, sans transition, sans métamorphose ou transformation d'aucune sorte, le premier couple humain est sorti soudainement, de toutes pièces, à Tétat d'homme adulte, du sein des éléments primitifs «de la matière; toujours est-il donc qu'il faut nier l'humanité elle-mênie ou admettre avec une invincible évidence qu'elle est sortie des mains de Dieu.
Nous allons plus loin et nous disons : même en admettant que les conditions physiques de notre globe ont été profondément modifiées par les révolutionf qui ont agité et bouleversé sa surface, même en admettant qu'à travers les diverses périodes géologiques, l'action variable des milieux a dû changer et altérer notablement les conditions de la vie, il n'en reste pas moins vrai que Vessence constitutive des êtres et des existences reste une et immuable; il n'en est pas moins vrai que l'action des milieux ne peut modifier que l'es formes, les habitudes et les capactères acci-
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dentela des êtres, et qu'elle ne peut rien, absolument rien sur les caractères consUtutils de leur essence.
Qu'on dise et qu'on suppose tout ce que l'on voudra, il restera éternellement vrai que les lois fondamentales de la vie et de la génération sont des lois universelles et constantes; il restera éternellement vrai que les contraires ne peuvent engendrer les contraires, que les effets ne peuvent être supérieurs à leurs causes, et qu'aucune hypothèse ne saurait, sans une déraison monstrueuse, u faire venir le mouvement do l'inertie, la sensibilité de l'insensibilité, la vie de la mort * .»
Vous nous parlez de l'action créatrice des milieux^ des conditions primordiales de notre globe; de la puissance génératrice de la matière, etc., etc. Hais, de grâce, sur quoi reposent ces hypothèses? Où sont les raisons de votre système ? J'entends bien vos phrases. Mais je cherche en vain vos preuves. La matière, dites-vous, avait jadis une vertu créatrice. Qu'en f avez-vous ? Quelle analyse vous a livré les propriétés génératrices de la matière ? L'atome a-tril cessé d'être l'atome ? Les lois essentielles de la matière ne sontelles plus des lois ? Si la matière a été primitivement féconde, pourquoi a-t-elle cessé de T'être ? Et si elle ne Test plus, ni jamais, ni nulle part, de quel droit afflrmez-vous qu'elle l'a été? Vous invoquez Vin-