Flouren s. Coun de phytiologie
^luence des milieux. Je vois bien que cette influence peut développer, tuer ou modifier les germes vivants. Mais qu'elle produise un seul de ces germes, qui donc oserait le dire ? Qu'on nous montre un seul germe, un seul organisme produit par cette influence, et nous nous inclinerons. Il est vrai, on n'a garde de le faire, et l'on a raison. Mais alors, pourquoi parler de ce que vous ignorez? Pourquoi ériger en loi ce qui serait le renversement de toutes les lois de la vie? Pourquoi asseoir la réalité sur le néant d'un rêve? Pourquoi chercher la vie dans les entrailles de la mort? Vous insistez et vous croyez résoudre le problème en faisant appel aux conditions primordiales de notre globe. Si la vie ne sort plus du sein de la matière, c'est que les conditions sont changées. Jadis un grand nombre d'atomes étaient féconds. Depuis lors, le malheur des temps et des circonstances les a condamnés à une lamentable stérilité. — Et la preuve ? Où sont les preuves ? Si les conditions sont changées, pourquoi dites-vous que la matière peut engendrer des infusoires et d'autres organismes vivants ? Et si elles ne sont pas changées, pourquoi les invoquez-vous à l'appui devotre thèse? D'ailleurs la question n'est pas de savoir si ces conditions ont changé. La question est de savoir si, dans une hypothèse quelconque, elles ont pu produire des espèces vivantes et organisées. Or, nous avons démontré que, dans aucun cas, ni le mouvement ne peut naître de l'inertie, ni l'ordre du
hasard, ni la sensibilité de Tinsensibilité, ni rintelligence de V inintelligence, ni la conscience de VinconsciencCj ni la liberté de la fatalité, ni la lumière des ténèbres, ni la vie de la mort. Dire le contraire, ce serait affirmer que le néant peut engendrer l'être ; ce serait ériger la formule de Tabsurde en loi suprême de la pensée. Ce serait faire, en un mot, de la déraison systématique la base absolue de la science.
Toutes ces hypothèses, inventées en désespoir de cause, sont donc autant d'assertions gratuites et puériles, qui ne reposent sur rien ; autant d'assertions anti-scientiûques, qui sont démenties par les faits ; autant d'assertions illogiques et absurdes, qui sont en contradiction avec les lois de la raison et les axiomes de la science.
Mais les concessions mêmes que nous venons de faire à nos contradicteurs, la science s'y refuse, et elle prétend faire valoir tous ses droits. Elle proclame bien haut, par l'organe de ses représentants les plus illustres et de ses plus fameuses assemblées, que les infusoires ne naissent pas spontanément ; que nulle génération spontanée n'a pu produire l'espèce humaine ; que la génération par sexes est la loi universelle et constante des êtres organisés et vivants ; que cette loi domine les espèces les plus infimes, tout aussi bien que les espèces les plus élevées ; que l'influence des milieux peut bien agir sur l'exercice et les résultats de cette loi ; mais que nulle influence, que nulle condition
extérieure ne peut renverser ou anéantir la loi ellemême.
Ainsi donc, au berceau de tous les organismes que pénètre le souffle de la vie, comme à l'origine de tous les mouvements qui emportent les mondes et les atomes à travers l'espace sans bornes, nous trouvons l'action immédiate, directe, personnelle, d'une Vie et d'un Moteur supérieurs à toutes les forces et à tous les éléments de la nature. Au point de départ de ces chaînes puissantes du Mouvement et de la Vie, nous rencontrons, nous touchons, nous tenons en quelque sorte la main de Dieu, et subjugué par les clartés d'une irrésistible évidence, l'esprit de l'homme s'abat et se confond dans un sentiment inexprimable de reconnaissance et d'adoration, devant la vision à la fois formidable et paternelle de la Puissance, de l'Intelligence et de la Bonté infinies.