‹ Les doctrines positivistes en FranceChapitre 86 sur 107 · Deus in omni opérante operatur. » St. T^OMAS d'Aquin · texte numérisé non relu

Deus in omni opérante operatur. » St. T^OMAS d'Aquin

n'ost-cUc pas imprimée, en traits ineffaçables, dans le fond le plus intime de notre propre raison ? La voix de Dieu ne se fait-elle pas entendre dans le secret de notre conscience? La flamme du génie que nous voyons briller dans les œuvres humaines, n'est-elle pas allumée au foyer de la pensée divine ? Qu'est-ce que le drame de notre liberté et de notre vie morale, sinon un écho affaibli de la liberté et de la justice de Dieu ? Qu'est-ce que la conscience de notre personnalité, sinon une révélation perpétuelle et certaine de la personnalité de rÉtre absolu ? Dieu n'est-il pas présent dans toute lumibre de vérité qui nous éclaire, dans tout rayon de beauté qui nous ravit, dans tout éclair du sublime qui jette notre âme dans l'extase de l'infini ? Le développement harmonieux de la vie de la nature et de rhumanité, n'est-il pas le poSme grandiose de la divine Providence? Et nous-mêmes, ne sentons-nous pas le contact sacré de Dieu, la pression de sa main, le souffle de son inspiration et de sa vertu, toutes les fois qu*à travers nos ignorances et nos lâchetés, nous faisons effort vers la lumière, vers la vie, vers le bien ; toutes les fois que nous secouons les entraves de la matière, la paresse de notre esprit, le poids de notre mortalité, pour nous élever, d'un vol hardi et libre, au-dessus de la poussière du monde, au-dessus de l'atmosphère de nos passions dans les régions sereines de la charité, de la justice, du sacriflce, de la vertu? Qu'on essaie de concevoir une seule de ces grandes choses sans Dieu ! Si on l'essaie

en vain^ c'est donc qu'elles sont de Dieu et que Dieu est en elles ; c'est que tout, dans le monde physique, intellectuel et moral, est porté par sa puissance, réglé par son intelligence, vivifié par son amour ; c'est que Dieu se rencontre à la racine de tout êlre. au berceau de tout phénomène, à la base et au sommet de toute création ; c'est qu'invisible dans son essence, il est partout visible par son action ; c'est qu'en un mot, selon la parole de saint Paul, fions vivons, nous nous mouvonSy nous existons en lui \ et que lunivers tout entier est produit, soutenu, alimenté sans cesse par l'océan .de la Puissance, de la Sagesse et de la Bonté infinie.

Ah ! si nous savions unir notre vie si faible et si précaire à la vie de Dieu ! Si nous savions comprendre, au sein de nos agitations et de nos misères, que le regard d'un Père repose constamment sur nous ; que son cœur bat sur notre cœur, que sa justice pèse chacune de nos actions, que sa bonté compte chacune de nos larmes, que son amour mesure notre vie d'un jour, par de là les ruines de la mort, au rayon de son éternité ! Si nous savions comprendre que tout progrès dans la vérité et dans le bien est une participation plus abondante à la vie divine, et qu'un jour la possession de Dieu lui-même sera le rassasiement de tous nos désirs, le repos de tous nos labeurs, le déploiement de

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