VIII. «- La Ihèae et Phypothèse
Nous venons de tracer tout le plan de notre travail. Mais pour écarter les malentendus, qui dans aucune autre discussion ne sont plus fréquents ni plus funestes, nous tenons à ce qu'il soit bien compris que nous allons uniquement nous occuper du principe du libéralisme, et nullement des applications de ce principe, qu'il pourrait être loisible d'accepter, en fait, sans adhérer au principe lui-même.
Il n'est personne qui ne saisisse la distinction que nous venons d'indiquer. Le problème du libéralisme renferme deux questions qui ne peuvent être résolues ni avec la même autorité, ni avec la même certitude, et qu'il importe par conséquent de diviser : une question théorique et une question pratique ; une question de doctrine et de droit et une question de conduite et de fait, la thèse et l'hypothèse.
Que Jésus-Christ soit le roi des sociétés aussi bien que des individus et par conséquent que les sociétés doivent obéir à la loi de Jésus-Christ,
DE LA PRÉSENTE DISCUSSION xxv
conformer leurs propres lois à la sienne, défendre ses droits et ceux de son Eglise contre les attaques de l'impiété, comme elles défendent les droits de leurs magistrats et de leurs simples citoyens contre les attaques de l'injustice : voilà la thèse, qui est absolue et générale, et qui fait abstraction de telle ou telle société.
Mais que dans une société qui, de fait, est constituée en dehors de Tautorité de Jésus-Christ, dont les membres sont en grande partie étrangers à son Eglise, le pouvoir civil, qui n'a jamais le droit de violenter les consciences, doive tolérer, dans une mesure plus ou moins large, la négation de la vérité et se dispenser de prêter son appui à l'autorité de l'Eglise : voilà l'hypothèse, dont la vérité dépend de l'application des principes absolus à des circonstances variables, et au sujet de laquelle l'Eglise a adopté, plus d'une fois, les solutions les plus conciliantes.
Nous nous bornerons aujourd'hui à traiter la première de ces questions, qui est de beaucoup la plus importante ; et nous croirions avoir conquis un immense avantage si nous parvenions à obtenir l'assentiment de tous nos lecteurs à la doctrine, parfaitement certaine, que nous allons puiser