‹ Les doctrines romaines sur le libéralisme envisagées dans leurs rapports avec le dogme chrétienChapitre 22 sur 69 · VI. ^ Conséquence de cette position de la question · texte numérisé non relu

VI. ^ Conséquence de cette position de la question

Le moment n'est pas encore venu de prouver la vérité de ce dogme, mais la seule position de la

question devrait suffire déjà pour ouvrir les yeux des catholiques qui croient, en cela, pouvoir suivre un parti opposé à celui que leur indique le vicaire de Jésus-Christ. Nous n'admettons pas sans doute que, même sur les questions de conduite , surtout lorsqu'il s'agit des intérêts généraux de l'Eglise, il soit permis à un catholique de refuser son obéissance à celui que Jésus- Christ a investi de sa suprême autorité ; mais supposé qu'à ce sujet l'illusion fût possible, elle ne l'est certainement pas sur les questions de dogme ; or rien n'est plus certain, et il est difficile de s'expliquer comment des catholiques éclairés ont pu s'y méprendre.

Dans le grand combat que l'Église soutient depuis un siècle, sur le terrain social, le dogme est en cause, autant qu'il l'était dans les grandes luttes contre le paganisme des empereurs romains et contre l'arianisme des Césars de Byzance.

C'est toujours la même guerre, et c'est aussi le même ennemi. L'orgueil de la raison humaine, qui ne veut en aucune manière se soumettre au Dieu vivant, refuse d'abord de reconnaître son existence et son unité. Vaincu dans cette première lutte, il cherche à sauvegarder son indé-

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pendance, en niant la divinité de celui à qui Dieu, son Père, a donné l'empire de toutes choses ; et voilà qu'aujourd'hui il prétend recouvrer tous les avantages perdus dans ses deux premières luttes, en dépouillant au moins cet Homme-Dieu de sa royauté sociale, appui nécessaire de son autorité sur les âmes, et condition indispensable de son règne universel sur l'humanité •

Dans ces trois luttes, l'AntichristiMiisme a fait valoir, pour effrayer et séduire les serviteurs de Jésus-Christ, les mêmes promesses et les mêmes menaces. On leur a dit qu'en soutenant avec une fermeté trop absolue les droits de Dieu, ils s'interdisaient l'empire delà société humaine; qu'ils retireraient, au contraire , toute sorte d'avantages de sages concessions faites à l'esprit du temps. Aujourd'hui encore, on tient aux chrétiens le même langage, avec la différeôôe que la récompense des concessions qu'on nous demande n'est plus tant la faveur des Césars que celle de l'opinion, seule puissance souveraine au sein des sociétés modernes. Mais quoi qu'on fasse, on ne réussira pas mieux à nous effrayer qu'à nous corrompre ; les faveurs et les anathèmes de l'opinion trouveront tous les vrais chrétiens aussi inébranlables

que les promesses et les menaces des Césars; et nous défendrons la souveraineté sociale de l'Homme-Dieu avec autant de fermeté qu'en montrèrent les chrétiens des premiers siècles dans la confession de sa divinité.

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