‹ Les doctrines romaines sur le libéralisme envisagées dans leurs rapports avec le dogme chrétienChapitre 33 sur 69 · V. — I^a royauté «octale est Inséparalile do la qma · texte numérisé non relu

V. — I^a royauté «octale est Inséparalile do la qma

llté de SaijLveur.

On le comprendra mieux encore si on sa rappelle la mission que Dieu a donnée à son Fils, en l'envoyant sur la terre. S'il n'est pas le roi des sociétés, il lui est impossible de s'acquitter complètement de cette mission.

Qu'esWl venu faire sur la terre? Son nom le dit assez : il s'appelle Jésus; et cç nom lui a été

donné « parce qu'il doit sauver son peuple (c'està-dire l'humanité entière), du péché » et des suites du péché.

II ne peut donc, sans manquer à sa mission, et sans donner un démenti à son nom de Jésus, se priver d'aucun des pouvoirs qui lui sont nécessaires pour détruire le règne du péché, et rétablir l'empire de la loi de Dieu. Or, nous le demandons : la direction des sociétés civiles ne peutelle pas beaucoup pour favoriser le règne de la loi divine, ou pour mettre obstacle à ce règne? Si les pouvoirs qui gouvernent ces sociétés ne tiennent aucun compte de cette loi, les volontés individuelles seront-elles suffisamment aidées à l'accomplir? Les passions mauvaises n'aurontelles pas toute liberté pour la fouler aux pieds ; et l'indifiërence publique, les privilèges sociaux garantis à la révolte aussi bien qu'à la fidélité, ne leur donneront-ils pas à la fois un grand pouvoir et une grande audace pour entraver et décourager la fidélité ? Il ne peut y avoir à cela aucun doute. Donc soustraire les sociétés civiles à l'autorité spirituelle de l'Homme-Dieu, c'est limiter cette autorité, et supposer qu'il peut être permis à la créature d'opposer le plus grand pouvoir qui

ait été mis entre ses mains, au succès de l'œuvre la plus chère au cœur de Dieu.

Il n'était donc pas nécessaire que le Tout-Puissant exprimât à ce sujet sa volonté. Il suffisait qu'il envoyât son Fils dans le monde, pour que tous les hommes et toutes les sociétés fussent obligés de se soumettre à son autorité souveraine. Du moment que des signes indubitables nous autorisent à voir en lui notre Dieu, le plus vulgaire bon sens nous contraint à le reconnaître pour notre roi. La foi ne peut poser le principe sans que la logique tire la conséquence. Et la connexion entre la conséquence et le principe est tellement manifeste, que pour la saisir il n'est nullement nécessaire d'être éclairé des lumières de la foi. Un musulman et un idolâtre ne sauraient euxmêmes résister à cette évidence. Celui-ci, il est vrai, ne reconnaît pas un Dieu unique ; et celui-là ne veut pas admettre que ce Dieu ait un Fils semblable à lui ; mais ils seraient contraints l'un et l'autre d'admettre que, la vérité de ces deux dogmes supposée, la royauté sociale de l'Homme-Dieu en est la conséquence nécessaire.

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