VI. — Preuve* tirée» de PAnden Teatament
Mais Dieu attache tant de prix à la gloire de son Fils, qu'il n'a pas voulu se contenter de poser les fondements de la souveraineté dont il l'investit par rapport aux sociétés humaines. Il lui a plu d'en construire, en quelque sorte, l'édifice de ses propres mains, et d'en révéler toutes les splendeurs de sa propre bouche.
Longtemps avant d'envoyer au monde ce Fils bien-aimé, il nous l'annonce, et nous trace, en quelque sorte, le signalement auquel nous devrons le reconnaître. Or, entre tous les traits dont se compose ce portrait anticipé du Messie, entre toutes les prérogatives qui lui sont attribuées dès avant sa naissance , une des plus saillantes, sans contredit, est sa royauté sociale.
Écoutez comment, par la bouche de David, l'Homme-Dieu formule lui-même la mission qu'il cîoit recevoir de son Père. « Jéhova m'a dit : Tu '^ es mon Fils; c'est moi qui dans mon jour éternel ^ t'ai engendré. Demande-moi, et je te donnerai ^ les nations pour héritage, et les confins de la
Doctrines i^uaines. 4
« terre pour patrimoine. Tu les gouverneras avec « un sceptre fort comme le fer, et elles seront, en- « tre tes mains, comme le vase d'ai^ile que le « potier brise à son gré. » On le voit ; ce ne sont pas les hommes seulement, ce sont les nations, que Dieu soumet au pouvoir de son Fils ; et, pou r qu'il n'y ait sur la portée de cette donation aucun doute , le Psalmiste tire lui-même la conclusion que nous avons en vue. Il s'adresse à ceux qui personnifient, en quelque sorte, l'existence collective des sociétés, et il leur dit : « Maintenant, ô « rois, comprenez; instruisez-vous, ô juges de la 4c terre : soumettez-vous à la loi que Dieu vous « impose, » ou, suivant une autre version : « Em- « brassez le Fils que Dieu vous envoie, si vous « voulez échapper à sa colère, et ne pas vous éga- « rer hors de la voie de la justice (1). »
Dans un autre psaume, David dépeint les bienfaits et la puissance du divin Roi dont il vient de nous rapporter l'intronisation. Il nous le montre donnant la paix à son peuple, distribuant la justice à tous ses sujets, mais prodigue surtout de ses grâces à l'égard des affligés et des indigents.
(I) Ps. II.
Gomment à ces traits ne pas reconnaître le Roi Sauveur? Quel autre que lui, d'ailleurs, a une royauté < aussi durable que le soleil? » Quel autre € étend son empire sur toutes les générale tions (1) ? » Eh bien ! ce Roi si grand et si bon, si humble et si puissant « étendra sa domination « de l'Océan jusqu'à l'Océan, et des rives du fleuve € jusqu'aux confins de la terre. . . Tous les rois de « la terre l'adoreront, et toutes les nations seront « soumises à son empire (2) . »
David n'est pas Tunique prophète à qui Dieu ait révélé le royauté future de son Verbe incarné. Il n'est pas un seul des voyants d'Israël qui n'ait été appelé à en contempler et à nous en redire les gloires. Isaïe nous la montre sous la figure «d'une « montagne qui s'élève au-dessus de toutes les « collines (c'est-à-dire de toutes les principautés) « de la terre. Et toutes les nations accourent à < elle ; et des peuples nombreux viennent et di- « sent : Allons, montons à la montagne du Sei- « gneur et à la maison du Dieu de Jacob. 11 nous « enseignera ses voies, et nous marcherons dans « ses sentiers ; car la loi sortira de Sion et la pa-
(1) Ps. LXXI, 5.
(2) Ps. LXXI, 8, 11.
« rôle du Seigneur, de Jérusalem. Il jugera les na- « tions ; et les peuples, captivés par sa parole, « changeront leurs glaives en socs de charrue, et « de leurs lances ils feront des faulx ; les nations « renonceront à tirer le glaive contre les nations, « et elles ne s'exerceront plus à Fart de la « guerre (1). »
On ne saurait désirer rien de plus clair que cette prophétie. La royauté du Sauveur y est dépeinte sous tous ses aspects : c'est une royauté terrestre, puisqu'elle s'élève de la terre et domine les grandeurs de la terre : c'est une royauté sociale, puisqu'elle s'exerce sur les peuples et leur donne les lois ; c'est une royauté spirituelle, puisqu'elle a pour organe la parole de Dieu; et pourtant elle donne aux sociétés temporelles la condition la plus précieuse de leur prospérité, la paix et l'union.
Le fils d'Amos n'a omis qu'une chose : c'est de nous dire la durée sans limites de cette royauté, qui, commencée dans le temps, doit se consommer dans l'éternité. Mais ce trait final va nous être fourni par Daniel, dans cette célèbre vision où il
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nous dépeint, sous l'image de quatre animaux, les quatre grandes monarchies qui devaient servir d'avant-coureurs à la monarchie du Fils de Dieu. Après nous avoir fait assister à la défaite et à la destruction du quatrième de ces animaux, le plus terrible de tous, qui symbolisait la monarchie romaine, « Je vis s'avancer, dit-il, sur les « nuées, le Fils de l'homme; et il vint en la pré- « sence de l' Ancien des jours, qui lui donna la « puissance, l'honneur et la royauté. Tous les peu- « pies, toutes les tribus et toutes les langues lui « obéiront... Il partagera avec le peuple des saints « du Très-Haut cette royauté et cette puissance. Il « n'y aura pas, sous le ciel, de royaume dont la «grandeur ne lui appartienne. Son règne est un « règne éternel ; et tous les rois lui devront ser- « vice et obéissance. y>