i» «lésas-Christ seul peut affranchir l*lntellli;en<se
de cîette servitude.
Mais le christianisme n'accepte pas cette conclusion. Au moins dans toutes les grandes questions relatives à la destinée de l'homme, il l'affranchit de cet esclavage auquel la raison, laissée à elle-même, aurait dû se résigner; et sans lui donner une indépendance impossible, il lui assure Une complète liberté.
Pour le démontrer avec évidence, il nous suffit de définir les termes.
Qu'est-ce que la liberté dont il s'agit en ce moment? C'est le pouvoir de poursuivre sans entraves et sans nécessité le perfectionnement de notre nature.
Cette définition renferme les conditions consti-
utives de deux sortes de libertés : l'absence d'en-
•aves constitue la liberté opposée à la servitude,
îUe qui nous permet de faire ce que nous vou-
ns ; l'absence de nécessité constitue la liberté
DOCTRINES ROMAIN HS. 10
d'indifférence, celle qui nous permet de vouloir ou de ne vouloir pas, à notre gré ; et la réunion de ces deux conditions peut seule former la liberté complète, telle que l'homme peut la posséder icibas.
Eh bien, ce pouvoirde connaître, sans entraves comme sansnécessité, la vérité relative auxgrands intérêts de la destinée humaine, quelles sont les sociétés qui la garantissent à leurs membres?
Celles-là seules qui reconnaissent la royauté de Jésus- Christ. L'Église, dans ces sociétés, fait arriver à toutes les intelligences les enseignements si lumineux, si consolants, si éminemment progressifs de ce divin Sauveur. Ce qu'aucune philosophie n'a jamais essayé, elle Taccomplit sans peine ; elle met la sagesse la plus haute à la portée des plus humbles esprits; elle ne leur impose pas une irrésistible nécessité de voir cette divine lumière, car la foi est essentiellement libre ; mais elle leur en fournit tous les moyens; elle donne à chaque intelhgence des motifs proportionnés à sa capacité, pour se convaincre que la foi est raisonnable. Elle leur assure donc, toutes, les avantages de la lumière, sans leur imposer pour l'atteindre des conditions irréalisables •
L'Église ne promet pas, sans doute, à ses enfants de les rendre indépendants de la vérité, puisque la dépendance de la vérité est aussi nécessaire à la perfection de] rintelligence que la dépendance de la lumière est indispensable à la perfection de l'œil. C'est, au contraire, en les rendant dépendantes de la vérité et de la seule vérité, qu'elle les aflTranchit du joug de toute autorité purement humaine.