‹ Les doctrines romaines sur le libéralisme envisagées dans leurs rapports avec le dogme chrétienChapitre 55 sur 69 · VI. — Symbole &m C^ttartume monarehiqiie formais · texte numérisé non relu

VI. — Symbole &m C^ttartume monarehiqiie formais

par L.ouls XIV.

Au commencement du xviii® siècle, cette théorie semblait avoir obtenu un complet triomphe. L'Assemblée du clergé de France de 1682 l'avait revêtue d'une sorte de consécration religieuse, en déclarant dans la première de ses quatre piropositions, que les rois et les princes n'étaient, en aucune manière, dans l'ordre temporel, ni directement ni indirectement, soumis à la puissance spirituelle. Aussi, bientôt Louis XIV n'hésita pas, en présence même de la mort, à écrire

dans son testament politique, adressé au dauphin, les paroles suivantes qui sont le symbole complet du césarisme : « Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu'on les respectât comme ses lieutenants, se réservant à lui seul d'examiner leur conduite. Sa volonté est que quiconque est né sujet obéisse sans discernement. Tout ce qui se trouve dans l'étendue de nos Etats, de quelque nature qu'il soit, nous appartient au même titre. Les deniers qui sont dans notre cassette, ceux qui demeurent entre les mains des trésoriers et ceux que nous laissons dans le commerce de nos peuples doivent êti;e par nous également ménagés. Vous devez donc être persuadés que les rois sont seigneurs absolus, et ont naturellement la disposition pleine et libre de tous les biens, qui sont possédés aussi bien parles gens d'Église que parles séculiers, pour en user en tout temps comme de sages économes. .. Gomme la vie de ses sujets est son propre bien, le prince doit avoir bien plus de soin de la conserver. . . Le roi représente la nation entière et chaque particulier ne représente qu'un individu à l'égard du roi. Par conséquent toute puissance, toute autorité, résident dans les mains du roi; et il ne peut y en avoir d'autres que

celles qu'il établit. La nation ne fait pas corps en France, elle réside tout entière dans la personne du roi. >

Rien ne manquait donc au triomphe du césarisme ; et la monarchie, à Tapothéose de laquelle il travaillait depuis six siècles, affranchie de toute entrave, délivrée de toute subordination à l'égard de la puissance spirituelle, pouvait de nouveau, comme l'orgueilleux despote de Babylone, prendre pour symbole de sa puissance une grande statue devant laquelle les peuples étaient appelés à se prosterner. Mais attendez un peu, et vous verrez la statue renversée et jonchant la terre de ses débris. La monarchie chrétienne, qui a si mal compris sa destinée, sera violemment dépouillée du pouvoir qu'elle avait reçu uniquement pour faire régner le Roi Sauveur; et les peuples, dont elle était la gardienne, mais dont elle avait essayé de faire sa propriété, seront, par leur criminelle révolte , les vengeurs de sa criminelle ambition.

vu. — L.a liévolation» en détralsant la monarchie» a aggravé le Joug du Céttartaaaa.

Mais voici où l'esprit mauvais a signalée sa rase infernale. En renversant le pouvoir qui tour à tour défendait et opprimait l'Église, il a su conserver tout ce que ce pouvoir avait d'oppressif, et supprimer ce qu'il avait d^ tutéiaire. En détruisant la monarchie, il a réussi à conserverie césarisme et à lui donner des forces nouvelles. A la royauté sera substitué l'État ; au pouvoir d'un seul le pouvoir de plusieurs ; mais ce pouvoir, loin de s'adoucir en se partageant, n'en deviendra que plus despotique, et il ne tendra qu'avec plus de violence à supprimer dans le corps social toute vie propre, toute action spontanée, toute influence indépendante ; que dis-je? toute autonomie individuelle.

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