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«sette loi.
Aussi jamais, jusqu'à ce jour, les sociétés humaines ne s'étaient-elles rendues coupables d'une pareille révolte contre la plus fondamentale de toutes les lois de l'ordre moral. Elles ont pu se tromper sur la nature précise de la sanction
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qu'elles devaient donner à leurs lois ; mais toutes ont compris que cette sanction ne pouvait être placée uniquement dans les limites de la vie présente ; toutes ont appelé la religion, avec ses récompenses et ses châtiments étemels, pour établir, entre le devoir et Tintérêt, l'accord que les conditions de cette terre ne sauraient rendre permanent. Aussi le plus sublime des anciens philosophes ne craignait-il pas de dire que « l'on ne peut ébranler la religion sans ébranler le fondement même de toute société (1). > Plutarque ajoutait « qu'il est plus facile de bâtir une ville dans les airs que de constituer une société sans la croyance au pouvoir divin (2). > Enfin il n'y a pas jusqu'aux chefs de l'antichristianisme moderne, qui n'avouent cette vérité. Rousseau ne dit-il pas « que jamais État ne fut fondé que la religion ne lui servît de base (3) ; » et Voltaire, que « partout où il y a une société, la Religion est absolument nécessaire (4) ? > Que fait donc la société moderne, quand elle
(1) Platon. Des Lois, liv. X.
(2) Plutarque contre Cœlotes.
(3) Rousseau. Contrat social, liv. IV, chap. x.
(4) De la Tolérance, chap. xx.
prétend se constituer en dehors de toute religion? On le voit : elle jette un audacieux défi aux traditions constantes et universelles du genre humain, aux lois de la Providence, à la nature même des choses.
Pour échapper aux désastres qu'une semblable folie devait attirer sur elle, il n'y avait qu'un moyen : il fallait changer toutes les conditions de l'existence terrestre de l'homme, donner à tous les habitants de la terre les moyens d'y trouver le bonheur dans Taccomplissement du devoir, et de se passer de l'espérance d'une vie meilleure ; supprimer toutes les épreuves qui rendent parfois si amère la vie même la plus irréprochable ; en chasser la faim, la misère, la maladie, les injustices, toutes les passions tyranniques ; faire en un jour, et pour chaque homme, plus de miracles que notre siècle, si peu favorable au surnaturel, n'en veut accorder à la puissance divine, dans tout le cours des siècles. Tant que le naturalisme n'aura pas opéré cette complète transformation de la nature, l'opposition radicale entre les forces qui meuvent la société subsistera ; le désordre y sera permanent, le despotisme y sera inévitable, et la vraie liberté impossible.