‹ Les doctrines romaines sur le libéralisme envisagées dans leurs rapports avec le dogme chrétienChapitre 9 sur 69 · OPPORTUNITE ET OBJET PRECIS · texte numérisé non relu

OPPORTUNITE ET OBJET PRECIS

V* — L.e vrai sujet du litige.

Par cet exposé, dont personne ne saurait contester l'exactitude, on peut facilement se rendre compte du véritable sujet des débats qui s'agitent présentement parmi les catholiques. On ne dispute ni sur l'utilité plus ou moins grande des progrès matériels ou scientifiques ; ni sur les formes politiques plus ou moins favorables à l'indépendance des citoyens, ni sur les privilèges de l'aristocratie, ni sur les libertés industrielles ou commerciales. Ces questions, sur lesquelles il est parfaitement loisible à tout catholique de soutenir l'opinion qui lui paraît la plus probable, n'entrent pour rien dans nos discussions présentes. Nous ne croyons même pas nous tromper en affirmant que, dans la pensée des principaux combattants, la question de l'infaillibilité pontificale n'a en ce moment qu'une importance secondaire. Le problème capital du siècle présent est celui des rapports de l'Eglise avec les sociétés modernes. Ces sociétés sont-elles, oui ou non, indépendantes

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dans l'ordre moral de toute autorité surnaturelle? Voilà la question.

A cette question, l'Eglise et les sociétés modernes font deux réponses également catégoriques. Les sociétés modernes disent : oui; tandis que l'Eglise dit : non ; c'est entre ces deux solutions que les publicistes catholiques sont appelés à opter.

Les uns affirment hautement, comme un principe, la complète sécularisation, l'indépendance absolue des sociétés civiles ; ce sont les catholiques nominaux de la gauche , les libéraux catholiques; libéraux d'abord, et ensuite catholiques, autant qu'il est possible de l'être sans cesser d'être libéral.

Les autres nient en principe cette indépendance des Sociétés civiles à l'égard de Jésus- Christ et de son Eglise, bien qu'ils l'acceptent comme un fait anormal, bien moins nuisible encore à l'Eglise qu'à la Société. Ceux-là sont les catholiques purs, les catholiques avant tout.

Enfin, les catholiques du tiers parti s'efibrcent de résoudre le problème sans affirmer et sans nier ; de parler aux libéraux leur langage comme s'ils acceptaient leur principe, mais de nuancer

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pourtant leurs affirmations libérales de manière à ne pas contredire trop ouvertement les doctrines romaines. Il est à peine nécessaire de faire remarquer combien cette position est fausse, et combien, malgré tous leurs efforts pour maintenir, entre la droite et la gauche, un équilibre impossible, les catholiques libéraux sont exposés à contrister les catholiques sans contenter les libéraux.

VI — Eie moyen de conciliation.

Faut-il donc renoncer à tout espoir de conciliation? Oui, évidemment, s'il s'agit de doctrines. Les libéraux de la gauche, qui ont une doctrine à eux, ne nous offrent donc aucun espoir tant qu'ils se montrent résolus à la maintenir. Le oui et le non ne peuvent s'accorder ensemble. On n'est plus catholique, du moment que, pour obéir à l'autorité de l'Eglise, on impose à l'Eglise l'obligation de suivre nos propres idées.

Bien différente est la disposition de ces catholiques qui, tout en ajoutant à ce titre, si beau tout

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seul, répithète de libéraux, prétendent bien demeurer avant tout catholiques. Souvent nous les avons entendus protester que leur doctrine ne difiere pas au fond de celle que les Souverains Pontifes ont soutenue dans leurs bulles ; et qu'en adoptant une tactique contradictoire, en apparence, avec cette doctrine, ils ont uniquement pour but de mieux sauvegarder les intérêts de l'Eglise.

Evidemment, au fond des dissentiments qui nous séparent de ces hommes estimables à tous égards, il y a un déplorable malentendu. Quand des deux côtés on aime l'Eglise, quand on croit à la parole de Jésus-Christ ; quand on compte sur ses promesses beaucoup plus que sur les pouvoirs de ce monde; quand on est résolu d'obéir, quoi qu il en coûte, à Tautorité qu'il a établie pour interpréter sa volonté, on ne saurait être perpétuellement divisé.

Mais comment hâter la fin de ces funestes divisions? Gomment faciliter au tîoncile la plus belle de ses œuvres, et disposer les esprits à recevoir ses décisions ? Ne serait-il pas possible de ramener ces questions, qui ont le triste privilège de diviser les enfants de l'unité, à un point tellement

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