‹ Les documents secrets des archives du Ministere des affaires etrangeres de RussieChapitre 21 sur 58 · Le roi de Monténégro à Nicolas II. (N · texte numérisé non relu

Le roi de Monténégro à Nicolas II. (N

Au moment où cédant à la pression de l'Autriche, les Puissances allaient attribuer Scutari à l'Albanie, le roi de Monténégro écrivit au Tsar le 1^121 février 1913 :

[V. M. a suivi avec la plus vive sympathie les efforts militaires de mon peuple.] Elle a toujours été bienveillante envers mes sujets qui sont ses obligés pour une grande quantité de munitions. Le grand cœur slave de V. M. a

forcément été ravi des exploits de nos soldats. Mais je crains qu'ils ne soient pas loin de perdre la sympathie et la bienveillance de V. M., car le temps n'est plus éloigné où ils ne lui obéiront plus. La politiqvie de Y. M., trop circonspecte, semble en effet devoir prendre des décisions contraires aux intérêts les plus chers de mon pays afin d'éviter des complications sérieuses et possibles. Elle est sur le point de souscrire une convention pernicieuse pour nous au sujet des limites de l'Albanie à laquelle Scutari sera unie. Scutari, pays slave comme Cetinie, Scutari notre vieille capitale pendant trois siècles, Scutari qui n'a jamais été albanaise, par l'influence de l'Autriche nous échappe. Pendant trois mois, nous l'avons bloquée rigoureusement, sa chute est imminente... Si la Conférence des ambassadeurs à Londres l'attribue à un autre qu'à nous, et la diplomatie russe sous la pression des circonstances y souscrit, l'Europe sera étonnée par l'énergie de notre défense. Mon pays est prêt aux derniers sacrifices et préfère périr que d'abandonner cette ville... [Dans cette situation, je ne ferai pas appel à des souvenirs chers à mon cœur et je ne rappelle pas les mots historiques prononcés autrefois à Peterhof par votre défunt père, afin de vous faciliter la

neutralité dans le drame qui attend mon pays. Nous saurons mourir dignement en invoquant le nom de Dieu.]

Page 1