‹ Les doigts de fée; comédie en cinq actes (volume 2)Chapitre 10 sur 68 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Hei.î:ne, Tristan, entrant par la droite sur la pointe du pied et regardant par le fond,

Tristan. Enfin tu es seule î Hélène {se retournant) , Toi ! Tristan ! . . • Tristan. Jatlendais avec impatience que mon pi^r6 ^'éloignât.

HÉLÈNE (56 levant). Pourquoi donc?

Tristan. Il y a, depuis hier, de grandes nouvelles,

HÉLÈNE. En vérité !

Tristan. Tu étais dans .on atelier de couture, irapos» sible de t'aborder, de te raconter la visite de madame la marquise de Menneville, dans une toilette étourdissante di^ pieds d'envergure au moins! je suis désolé que tu ne laies pas vue.

HÉLÈNE. Après? pourquoi venait-elle ?

Tristan. Pour imi)ortante affaire! un mariage qu'elle avait en tête pour ma cousine Berthe.

HÉLÈNE (à part). Ah! Richard a bien fait de s'en aller.

Tristan. Mais ce qui m'a étonné, c'est l'expression de contrariété et presque de colère avec laquelle mon père a accueilli cette- proposition d'alliance. Il s'est remis cependant, et touché, autant que possible, do l'honneur qu'on daignait nous faire, il a répondu que Bertiie, bien qu'elle fût sa nièce, ne dépendait pas de lui, mais de monsieur de Ploërmel, tuteur nommé par la famille. Sur ce, madame la marquise, avec un sourire charmant, nous a fait une révérence adorable comme dans un quadrille de Lanciers, et a disparu dans un flot de mousseline.

HÉLÈNE. Hé bien ! alors, où est le mal ? et à quoi bon s'effrayer ? . . .

Tristan. Attends donc ! J'avais laissé grand'mère causant ce matin dans un coin^du salon avec Berthe, et je rencontrai dans une allée du parc mon père qui s'avançait en rêvant. Lui reprochant alors la manière froide et sèche dont il avait hier reçu la belle marquise, je lui en demandai la cause ... Il m'a répondu gravement que lui et ma grand'mère avaient d'autres intentions sur Berthe.

HÉLÈNE {avec émotion). Il serait possible ! ... et ces intentions ? . . .

' Tristan. Eh bien ! . . . ces intentions . . . {Regarda7ii vers la gauche et apercevant Berthe qui s'avance en rêvant,) .C'est Berthe !

HÉLÈNE. Elle vient pour essayer sa robe. Va-t'en.

Tristan. Non, non ! ... il faut avant tout que j'aie avec elle une explication . . *

Hélène. Y penses-tu ?

TuiSTANe Pourquoi pas?

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