ACTE II, SCÈNE X
RICHARD , Las.
Bra... a... vo !..
TRISTAN
N'ost-clle pas noble comme Berthe?..
RICHARD, bas.
Bra... a... avo !..
TRISTAN
NVst-elle pas belle comme Berlhe..?
Mille fois plus !
RICHARD
Pas... as... mille fois!
TRISTAN
Que lui marique-t-il?.. elle n'est pas riche? Ah! Dieu merci... ce mot-là n'a jamais compté pour vous... et c'est Thonneur de lu noblesse de ne pas demander à quelqu'un ce qu'il a... mais ce qu'il est...
LA COMTESSE
Tristan... n'oublie pas...
TRISTAN, allant à la comtesse.
Pas encore ! pas encore !.. grand'mère... laissez-moi dire ce que l'ai dans le cœur !.. car je le sens, c\st toute ma vie qui se décide en ce moment. Vous m'aimez conuîie une Lesneven doit aimer... avec grandeur! pour que je sois digne de mon nom !.. Eh bien!., c'est à votre réponse à décider!., je vousl'ai dit!.. Je suis également propre peut-être au bien et au mal... Si vous me refusez Hélène, je suis perdu... tout ce que j'ai de généreux... de supérieur... peut-être... s'en va, se flétrit. ..(Avec passion.) Mais si vous me l'accordez...
HÉLÈNE
Tristan! de grâce!..
TRISTAN, avec tendresse.
Oh ! tais-toi aussi !.. tais-toi !.. ou plutôt nerépondsquequan?
tu m'auras entendu... compris... (Lui prenant la main avec tendresse.
Oh ! chère compagne de mon enfance, tu ne sais duiic pas... i\ik jeune homme, au milieu des plaisirs de Paris et tics folles de mon âge... ta seule image suffisait pour m'arrèter au milieu dt mes égarements.
Tristan!.. Tristan!.,
TRISTAN
Tu ne sais donc pas qxie quand je suis ici, près de toi... te tenant la main... le seul son de ta voix, la seule lumière de ton regard... me transforme, me métamorphose... Oui !.. ce que je viens de dire est vrai !.. ma vie dépend de toi... Veux-tu que je sois quelque chose?., je le serai... veux-tu que je relève notre nom?., je le relèverai! veux-tu mon âme... vcux-tu ma vie, chère Hélène, veux- tu être à moi?..
LE COMTE
Est-ce tout, enfin..?
LA COMTESSE, avec colère.
Laissez parler Hélène... car il paraît que nous ne sommes plus rien dans cette maison.
LE COMTE, avec dépit.
Voyons, Hélène... répondez!., puisque vous êtes Tarbitre de la famille.
BERTHE, bas à Hélène.
Dis oui! dis oui !
HÉLÈNE
Je vais répondre, mon oncle! (a Tristan.) Cher Tristan... l'émotion que m'ont causée tes paroles... je ne peux te le dire... tu ne le sauras jamais...
TRISTAN
Mais...
Mais je ne puis accepter!..
TRISTAN
Eh! pourquoi? grand Dieu!
HÉLÈNE
Pourquoi? Tu m'arraches un secret pénible... mais je dois ce retour à ta confiance 1
TRISTAN
Ce secret, quel est-il..?
HÉLÈNE, avec émotion.
C'est... c'est que... j'aime quelqu'un...
TRISTAN , tombant dans un fauteuil à droite.
Ciel!
R I C H A R D , bas à Hélène.
Comment? Qu'osez-vous dire?
HÉLÈNE, ba» *
Silence, de grâce!