‹ Les doigts de fée (volume 2)Chapitre 48 sur 70 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

Corinne, entrant par la porte à gauche, puis Le Duc, Hélène, à droite.

Corinne {entrant la première). Oui, monsieur, volume 3, folio 14 du répertoire. J'aurai maintenant trouvé cela en une minute.

Hélène. Qu'est-ce donc?

Corinne. Monsieur le duc de Penn-Mar.

Hélène {le regardant et le reconnaissant). O ciel! . .

Corinne. Qui demandait pour les acquitter des mémoires . . .

Le Duc. Que l'on tarde bien à me donner. {A part.) Décidément, elle n'est pas ici. {S avançant vers Hélène.) Ainsi veuillez, madame , . {La regardant.) Qu'ai-jô vu !.. . mon inconnue ! . ,ce n'est pas possible ! . . Vousi madame Hermance . . .

Hélène. Moi-même, monsieur le duc ! . . . dés olée ■ju'on vous ait fait attendre . . . Hâtez-vous, Ooriune.

Corinne {feuilletant un grand livre). M'y voici, madame, je vais relever60 sur notre registre les différente articles.

Le Duc. Ah ! je ne suis pas pressé !

Corinne. Monsieur le duc trouvera peut-être le mé moire plus considérable qu'il ne le croyait.

Le Duc {avec impatience). C'est bien! (Se retour* nant vers Hélène.) Depuis la journée que nous avons passée ensemble, madame . . .

Hélène. Oui ! ... en revenant de Lyon ... où j'avais été commander des étoffes . . .

Le Duc. Que de peines ! de démarches inutiles . . . pour vous retrouver ! . . . Mais tous les instants de ce jour, si rapidement écoulés, sont restés présents à mon souvenir et rien n'a pu les en effacer.

Corinne (assise devant la table à gauche et transcrivant du grand livre sur un papier détaché). "Note de mademoiselle Diana, artiste de l'Opéra."

Le Duc. C'est bien ! vous ferez porter chez moi . . Je paye tout aveuglément. (Corinne sort.)

Hélène (au duc). C'est un tort, monsieur, voilà comme on est trompé, et si vous voulez prendre la peine de lire . . .

Le Duc. Ah ! c'est abuser de vos avantages ! . . . c'est battre un homme à terre. Mais non, ce sera à mes actions et non à mes serments que je laisserai le soin de vous persuader. Mettez-moi à telle épreuve que vous voudrez . . . parlez . . . commandez . . .

Hélène (se levant). J'ai grande envie d'essayer.

Le Duc. J'attends vos ordres.

Hélène (après un instant d'hésitation). Monsieur le duc, vous êtes membre d'une commission ... au sujet d'un chemin de fer projeté en Bretagne ?

Le Duc. Ce soir même nous aurons séance, si, comme en l'assure, notre cinquième collègue est nommé.

Hélène. Vous le connaissez ?

Le Duc. Non, madame, pas encore ; mais que puis-je pour vous ?

Hélène. Deux projets . . vous allez me trom er bien

savante, monsieur le duc . . . deux projets vous sont pré sentes . . . tous deux également bons et avantageux ainsi votre galanterie ne coûtera rien à votre conscience • « . Je suis, monsieur, pour le chemin de la rive gauche.

Le Duc. Alors, madame, vu que ma conscience n'esl pas intéressée, mon opinion est faite,

Hélène (vivement). Vous me donneriez votre voix?

Le Duc (avec galanterie). Je n'en ai qu'une pal malheur !

Hélène. Ah ! monsieur le duc, comment reconnaître. . .

Le Duc. En me permettant, au sortir de la commission, de venir vous annoncer le résultat de la séance, (Hélène s'incline et fait la révérence au duc qui la salue et sort.)

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