ACTE II, SCÈNE I
HÉLÈNE
Un rival... lequel?
RICHARD
Monsieur Tristan!
HÉLÈNE, faisant un mouvement en arriére*
Tristan!...
RICHARD, montrant l'écheveau.
Le fil est cassé!...
HÉLÈNE
N'importe 1... (Elle reprend l'écheveau, avec émotion.) VOUS CrOje2
qu'il aime Berthe.
RICHARD
Je ne dis pas cela... (se levant.) Mais, mon Dieu, Mademoiselle, comme vous avez pâli...
HÉLÈNE, troublée.
Moi! non... je ne sais...
RICHARD, se levant et balbutiant.
Vous voilà aussi troublée que moi tout à l'heure.
HÉLÈNE
Moi... je... je... ne... sais... vraiment...
RICHARD
Vous... vous bégayez... presque comme moi!... (Avec joia, « part.) Et elle aussi ! (Haut.) Allons, Mademoiselle, ne rougissez pas! vous m'avez dérobé mon secret... laissez-moi pénétrer le vôtre -
HÉLÈNE, se levant.
Monsieur Richard, pas un mot de plus, je vous en prie, car vous touchez à une douleur plus profonde que vous ne le croyez.
RICHARD
Et pourquoi? quel obstacle pourrait empêcher cette union ,
(Jn obstacle invincible, (Montrant son cœur.) car il est là 1
RICHARD
Comment?
HÉLÈNE
cieux à qui je dois tout, ma tante, mon oncle rêvent pour Tristan un grand mariage: ils veulent, pour soutenir, pour relever l'éclat de noire maison, qu'il épouse une femme riche; et leur enlever cette espérance, serait une ingratitude dont je ne
Serai jamais ni Coupable, ni complice. (Mouvement de Richard.)
Aussi, je vous en prie, monsieur Richard... ne parlons jamais
de lui! et jurez-moi sur l'honneur que personne ne saura jamais ce que je vous ai confié.
RICHARD
Je vous le jure, Mademoiselle.
HÉLÈNE
Merci!
RICHARD, apercevant le comte qui entre. LeCOllllC ! (il se tient un moment au fond à droite, puis va a la cheminée à gauche.)
HÉLÈNE
Mon oncle ! (Elle se remet à l'ouvrage.)