ACTE II, SCENE VI
HÉLÈNE
Moi, Madame !..
LA COMTESSE
Je sais ce que je, dis : vous avez trop de tact et d'esprit pour n'avoir pas deviné et compris nos espérances, à votreonelc et à moi, pour Berthe et pour Tristan, et pourtant, je m'en suis aperçue depuis longtemps, vous semblez prendre à tâche, en toute occasion, de renverser tous nos projets.
Il F. LÉ NE.
Moi!
LA COMTESSE
D'attirer Tristan avons par une coquetterie..*
THI STAN.
Graud'mère !
HÉLÈNE
Moi! moi !..
LA COMTESSE
Oh! mon Dieu ! tout cela est fort innocent en apparence, votre mise est toujours plus simple que toutes les autres... mais cette simplicité elle-même, qui est une recherche... cet air de vous mettre en arrière pour (pion vous mette en avant... celte affectation de fuir Tristan pour qu'il vous suive... et vous trouve seule... comme dans ce moment...
TRISTAN, avec force et l'interrompant.
Ma mère!., (se calmant.) Je ne peux pas laisser outrager Hélène devant moi!., fût-ce par ma mère elle-même!
HÉLÈNE
Tais-toi! tais-toi! une pareille scène met le comble à toutes mes souffrances!
LA COMTESSE, se levant.
Toutes vos souffrances? Voilà un mot qui a droit de m'élonner dans votre bouche, Hélène! je croyais... jusqu'à présent, avoir mis fin à toutes vos souffrances, et non pas 1rs avoir causées...
HÉLÈNE
Mais... ma tante... je n'ai pas dit...
Mais, puisque vous l'oubliez... je vous dirai à mon tour que si quelqu un a droit de se plaindre, ce n'est pas vous, c'est moi! moi qui, pour prix de mes bienfaits, me vois enlever, par
vous, ce que j'ai de plus cher, le respect de mon petit-fils, sa tendresse!..
TRISTAN
Mais, grand'mère...
LA COMTESSE
Oui, vous avez raison, Hélène... celle qui jette un tel trouble dans la maison qui l'a accueillie... celle qui blesse si cruellement le cœur de ceux qui ont tout fait pour elle... oh! celle-là est bien à plaindre... et je conçois que vous parli» z de vos souffrances ! Adieu ! (a Tristan.) Votre bras, Tristan ! Venez... venez!..
(Elle sort avec Trislan.)