‹ Les Domaines du Chapitre de Bourges au Début du XIIIe SiècleChapitre 13 sur 38 · LS MDE · texte numérisé non relu

LS MDE

Le prévôt prend donc dans un sens très large le mot d'acendent quand il s’agit de l’abandon annuel d’une des sources de revenus contre une somme en argent ou une redevance en nature, on ne retrouve plus dans cette opération les caractères essentiels du cens, l’on peut y voir une confusion du prévôt qui ne distingue pas les deux systèmes du cens et de l’affermage. Ce dernier est pourtant déjà parfaitement connu à l’époque, puisque les prévôtés royales dont celies de Paris ont été données à ferme au moins pendant une partie du règne de saint Louis. Le prévôt ne cherche pas à classer les procédés, et il emploie même indistinctement les mots : d’acensement et de vente qu'il cite MT na pour l’autre. C’est ainsi qu'au f° 345 verso, il est fait mention des coutumes qui doivent être acensées à Bengy à la Saint-Martin d'hiver, alors qu'au folio suivant il note que ces coutumes sont particulièrement avantageuses puisque les prévôts déclarent les avoir Me « vendues » pour 20 sols. \

Abstraction faite de ce que le narrateur appelle acensement et qui est plus exactement l’affermage des principales sources de revenus du chapitre, on retrouve assez facilement les éléments essentiels du cens dans le manuscrit. Il est d'abord évident que le cens est une redevance foncière dûe en raison de la terre et qui détermine, en employant une expression moderne, le domicile du censitaire, ainsi les paysans du domaine dé Beaulieu paient le cens de six deniers à la Saint-Jean au village de l’Etang, même s'ils n’ont là ni maison, ni vigne, ni pré, ni terre quelconque afin de jouir des privilèges accordés à cette nouvelle bourgeoisie, f° 333 verso. Ce fait est caractéristique du cArACIERE essentiellement foncier du cens.

On peut dire également de ce cens qu'il est annuel et percevable aux principales fêtes : Saint-Germain, Saint-André, Saint- Martin ou Saint-Jean et le plus souvent il est mentionné en argent, toutefois il existe des cas du cens de froment f° 331 verso, 1° 333 recto, ou même de cens payable à la fois en argent et en nature tels que le cens de la Saint-André à Beaulieu pour lequel il est dû 2 sols de Sancerre, 12 poulets et 20 setiers d’avoine. Primitivement, et étant donné la rareté des espèces monétaires, toutes les redevances devaient être payables en nature, puis peu à peu les cens étant vendus et transférés il a été plus commode de les évaluer en argent. Ils constituent la plus grosse ressource du chapitre et la plus normale, puisqu'il représente le prix de

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