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long pour que personne ne se souvienne l'avoir vue productive il est immédiatement prélevée la dîme des novales f° 330 verso, si bien que toute terre cultivée est soumise à la redevance envers l'Eglise.
Au nom de son universalité, la dîime porte également sur les troupeaux. Le Berry a toujours été un pays d'élevage du mouton aussi la dîme sur les troupeaux de ces bêtes doit-elle être une grande ressource et à deux reprises le prévôt insiste sur le mode de levée de cette forme de la dîme soit à Beaulieu, f° 335 recto, soit à Bengy, f° 346 verso, c’est d’ailleurs les seules dîmes sur lesquelles nous avons quelques détails, celles sur les grains sont simplement énumérées sans qu’il soit possible de savoir les procédés employés et l’exacte proportion du prélèvement, sauf à Bengy où il s'élève non pas au dixième mais au douzième de la récolte de vin et des grains.
Par contre, pour la dîme des moutons ou petite dîme, les détails abondent. À Beaulieu les termes des deniers de l’affermage sont la Saint-Jean et la Sainte-Madeleine : 25 juin, 22 juillet. En effet, la dîme ne porte pas sur le troupeau lui-même mais sur ses fruits en l’espèce la laine et les agneaux, elle se lève soit en argent si le troupeau ne compte pas dix bêtes, soit en nature au-dessus de ce nombre. Enfin selon une coutume que notre théorie des corps certains a reprise, si le propriétaire des agneaux à marqué les bêtes relevant de la dîme et que celles-ci meurent, il ne doit plus rien ; par contre si ces bêtes meurent sans avoir été marquées il en est toujours redevable au décimateur. Contrairement à la coutume généralement admise selon laquelle les dîimes des bêtes sont perçues par l’église du domicile du cultivateur et se conformant en cela à la coutume de Bourges, chapitre 87, la dîime est levée sur toutes les bêtes qui traversent ce jour la paroisse pour être conduites dans un autre lieu, à moins qu’elles n'aient déjà subi la dime cette année là. La dîme des agneaux est levée aux environs de Pâques, avant la fête de Léry qui se situe dans les premiers jours de mai.
À Bengy selon la coutume, le propriétaire amène ses agneaux par trois au décimateur qui choisit un parmi ces trois et recommence avec les autres jusqu’à ce que le nombre dû soit atteint. Là comme à Beaulieu, tous les troupeaux qui se trouvent sur le territoire de la dîime le jour où elle est levée doivent la subir. . Par contre, les agneaux nés des brebis sur lesquelles la dîme a
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été levée l'année précédente ne doivent pas la subir, mais ils la supportent l’année suivante.
Si la dîme est levée sur tous les produits de la terre et des animaux, est-elle payable par tous ? Le prévôt l’affirme, et c’est la grande différence qu’on peut voir entre cette dîime très voisine d’une redevance à cause de la terre et le cens. Celui-ci suppose
à son origine, une remise de terre, un accord quelconque, la dîme est payable par tous ceux qui sont sur les terres du chapitre. Le prévôt prend soin de préciser que le chapelain de Bengy lui-même doit la dîme sur tous les animaux qu'il possède si ce n'est ceux qui demeurent dans sa propre maison, f° 346 recto, et si les hommes libres les « francs » sont exemptés de la coutume, ils ne le sont pas de la dîme, seraient-ils juges ou prévôts — une seule exception est admise et c’est en faveur des lépreux que leur malheur met sous la protection particulière de l’Eglise, f° 345 recto. Il est pre qu'il n’y ait pas d’exemption pour l'impôt dû à Dieu.
Les dîmes, comme les autres redevances, ont subi certains démembrements juridiques et économiques qui, primitivement, ont dû correspondre à divers services rendus dans leur perception puis qui sont devenus héréditaires et se sont détachés peu à peu de leur caractère de fonction. Ces démembrements ont constitué alors une forme du revenu, un droit indépendant de ceux du décimateur. Ils sont vendus ou donnés avec ou sans la dîme comme un droit réel transmissible dans les mêmes formes que les immeubles (‘). Les chanoines de Saint-Etienne ont largement pratiqué ces démembrements sur leurs dîmes. Le seigneur de Brienne à joui sans contre-partie apparente d’un service quelconque du « garisio » qui lui permettait de prélever le 1/7° de toutes les redevances, dîme comprise, qui entrent dans la grange de Beaulieu et dans celles des pays voisins, dans la dîime des novales il n'avait que la treizième partie. Ce garisio est revenu aux mains du chapitre, ayant été racheté au moyen des deniers du bénéfice de l'archevêque Pierre (”). Mais il n’en est pas moins resté très nettement séparé de la dîme elle-même, et comme il est de coutume la distribution des deniers provenant du garisio se fait à un terme particulier de celui de la répartition de la dîme, au « die anniversarie ». Après avoir assisté au service stipulé par
(1) P. Viarp. — Histoire de la dîme, p. 70 et suivantes. (2) Sans doute Pierre de La Châtre élu archevêque de Bourges en 114.