‹ Les Domaines du Chapitre de Bourges au Début du XIIIe SiècleChapitre 24 sur 38 · LUE · texte numérisé non relu

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et pour les autres domaines, Sury, Bengy, le prévôt l’a exclu de ses rapports comme n'intéressant pas le chapitre, mais le doyen seulement. À côté de cette ressource un peu particulière, le doyen jouit de différents droits et coutumes. Outre le fourrage fourni à ses chevaux et des chandelles qui lui sont remises quand il se déplace, il reçoit comme les prévôts, en différentes occasions, les « logres » auxquels il est fait mention à diverses reprises et qu'on peut assimiler, d’après le rapport qui existe entre les sommes dûes à ce titre et le principal, à un genre de commissions ou d’épingles. Dans la plupart des cas, ces logres reviennent aux prévôts, mais le doyen en jouit quelquefois pour une part percevable en nature ou en argent. C’est ainsi que dans l’amodiation de la grange de Beaulieu il reçoit 20 sols de Nevers, f° 332 recto, comme dans l’acensement des prés de Bengy ie lui échoit en

dehors de son droit d'usage un revenu de 10 sols, {° 343 verso,

qu'on lui doit également dans l’acensement du four de Bengy,

f° 346 verso, et dans la dîime de Bengy, f° 347 verso. Tout ceci ne constitue pas une somme très importante, sa part est assez faible à côté de celle des prévôts, mais le doyen a d’autres revenus, comme la jouissance de la justice sur certains domaines qui ne sont pas mentionnés dans l’extente. En fait, le doyen ne s'occupe de l’administration des domaines, conformément à son rôle, que pour les actes les plus importants, les décisions où il agit comme représéntant du chapitre ; il remplit principalement un rôle honorifique.

Le rôle des prévôts est tout différent. Encore faut-il distinguer entre les prévôts du chapitre et les prévôts des différents pays où se situent les terres du chapitre. D’après le cartulaire de Beaulieu, en Limousin, le prévôt dans une abbaye est le premier dignitaire après l’abbé, il remplit ses fonctions en son absence, il est chargé spécialement de la discipline et de l’administration matérielle, c’est à peu de chose près le rôle rempli par les prévôts du chapitre. Elus pour un an parmi les chanoines de Saint-Etienne, ces prévôts clercs paraissent, après le doyen, les personnages les plus importants de la communauté. C’est sur eux que repose toute l'organisation matérielle, ils rassemblent les revenus au jour dit et en font la répartition, ils acensent les moulins, les prés, les granges et les fours, ils doivent être présents en toute occasion, chevauchant par monts et par vaux pour voir leurs tenanciers, surveiller les vignes, faire appliquer convenablement les coutumes. Leur rôle est ambulant, il est parfaitement détaillé dans le

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cartulaire, l’auteur a été prévôt lui-même et connaît toutes les obligations attachées à la fonction. Dès le folio 332 verso, leurs attributions sont ainsi définies : « debent partiri prebendas in capitulo, debent enim colligare summam frumenti, sigali, avene.… et distribuere canonicis ».

Les prévôts du chapitre sont appelés en divers endroits à la même époque, ainsi ils doivent être à Beaulieu pour l’acensement de la grange entre la Pentecôte et la Saint-Pierre et Paul, f° 331

. verso; pendant la même période ils doivent se rendre à Sury

pour acenser également la grange, f° 339 verso. Enfin à Bengy la même opération se fait à cette date, aussi les prévôts ne fontils pas tout par eux-mêmes, ils peuvent se faire remplacer, et il leur arrive souvent d'envoyer quelqu'un à leur place, sinon pour l’acensement des granges qui est une affaire particulièrement sérieuse, au moins pour les opérations de moindre importance, tel que la perception de cens ou la surveillance des vendanges, f° 332 verso, c'est à ces représentants qu'il est fait allusion au f° 343 verso. Ils jouissent des mêmes droits que les prévôts et peuvent mettre leurs chevaux à Bengy dans les prés réservés à l'usage du doyen et du chapitre. Sont-ils pris parmi les chanoines, ou simplement choisis par les prévôts sous leur responsabilité ? le cartulaire n’en dit rien, toutefois, la deuxième hypothèse semble la plus plausible, ils sont représentés en effet comme obéissant aux prévôts et étant au premier chef, leurs envoyés, les prévôts restent responsables de la perception des cens et des .coutumes. |

Dans les attributions des prévôts ou de leurs représentants est également compris l’entretien des cuves et des tonnes, et la surveillance des vendanges réservée en général à leurs envoyés, f° 339 verso. La vente du vin du chapitre leur est aussi réservée, ils le font eux-mêmes et pour cela doivent se rendre à Sury et à Beaulieu pour la Noël, avant que les chaleurs ne risquent de gâter le vin, f° 334 verso. Si le doyen représente le chapitre pour les actes essentiels, les prévôts remplissent aussi ce rôle quand il s’agit d'engagements moins importants; c’est entre les mains d’Etienne de Gallardon, prévôt du chapitre qu'Hernaudus Pagant et sa femme Agnès ont donné leur foi au sujet de l’achat d’une

portion de chemin.

Le rôle des prévôts chanoines est donc celui d’administrateurs ambulants qui passent les marchés, reçoivent les revenus, veillent à la bonne application des coutumes du chapitre. Pour

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ces déplacements continuels, ils jouissent de compensations importantes particulièrement sous la forme de « logres » qui représentent la partie essentielle de leur bénéfice.

Parmi ces revenus accessoires, on peut compter les 5 sols de Nevers qui sont compris dans l’amodiation de la grange de Beaulieu, f° 331 verso; ils ont aussi certains avantages en nature, répartition faite des grains pour les prébendes, les prévôts gardent pour eux le seigle et le froment qui peuvent rester et l’avoine pour leurs chevaux, f° 332 verso, ceux-ci sont nourris, soit qu’on leur fournisse le foin nouveau, soit qu'ils puissent être conduits dans les prés réservés à cet usage comme à Bengy, f° 343 verso. La coutume réserve aux prévôts le droit de cueillir les grappes qui leur plaisent dans les vignes de Bengy, qu'elles soient vertes ou mûres.

A côté de ces avantages Hvae on peut noter que certains

revenus leur sont uibue en compensation de leurs frais, ainsi les huit setiers de blé et d'orge rendus à Bengy pour la Saint- Michel, f° 342 verso, ou les méteils des moulins de Sury, f° 338 recto.

Dans le même but, les prévôts ont également leur procuration, c’est-à-dire que lorsqu'ils sont obligés de. se rendre dans un village pour lever un cens ou pour n'importe quelle autre opération de gestion du domaine, ils ont le droit d’être hébergés et nourris. Ce droit de procuration était l’un des plus pesants à l'époque féodale, le roi, les évêques, les grands seigneurs avaient coutume de se rendre ainsi avec toute leur suite chez leurs différents vassaux ou tenanciers qui étaient tenus de les recevoir et de prendre l’entretien de toute la troupe à leur charge (°).

Le chapitre fait une application restreinte de cette coutume et dans un sens un peu différent, c’est une indemnité de déplacement qu'il accorde à ses prévôts et qui est le plus souvent payable en argent. Ainsi à Sury, pour la perception du cens de la Saint- Etienne, le prévôt du chapitre ou son envoyé a droit à 10 deniers de Sancerre pour sa procuration, f° 340 verso.

Enfin les prévôts ont les « logres » dans lesquels on peut voir une sorte de commission prélevée dans les revenus du chapitre. Le doyen en à parfois une part, mais tandis que pour Jui ils sont de peu d’importances, ils constituent pour les prévôts une source intéressante de revenus. Ces « logres » sont compris dans presque toutes les opérations passées au nom du chapitre ; voici d’abord

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(1) BRUSSEL, page 536, chapitre XXXVIII,

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20 sols parisis à ce titre dans la vente du vin de Sury et de Beaulieu, f° 334 verso, au même folio, 10 sols parisis soit le 1/10° de la somme totale, reviennent aux prévôts pour l’acensement de la petite dîme de Beaulieu, dans l’acensement de la prévôté, les logres se montent à 40 sols parisis, f° 335 verso. Toujours pour cette raison, les prévôts touchent une somme plus ou moins importante dans l’acensement de la dîime de Sury, des prés de Bengy; du four, dé la petite dîme de Bengy. Si les fonctions de prévôt demandaient un *travail réel et des déplacements continuels, ce n’est donc pas sans compensation. Les avantages sont nombreux et justifient la nécessité pour le prévôt de résilier sa charge tous les ans, afin d'éviter la tentation de desservir le chapitre à son profit personnel, le contrôle annuel qui intervient à la suite du changement des prévôts pare à cet inconvénient possible.

. Ÿ avait-il affermage ? rien ne permet de l’affirmer, dans ce rapport très détaillé des revenus du chapitre, l’affermage de ces prévôtés aurait été sûrement mentionné. Les prévôts du chapitre sont comme le doyen, désignés par le chapitre. Le système de l’affermage des prévôtés est très répandu au xm° siècle, ce n’est que par exception qu'un peu plus tard, en 1261, la prévôté de Paris est érigée en office et remise à Etienne Boileau, par Saint-Louis et non plus achetée par le plus offrant. Mais les prévôts chanoines se distinguent des prévôts royaux par leur rôle surtout d’inspecteurs et de haute direction, ils ne rendent pas non plus la justice. Par contre existe à côté d’eux une autre catégorie d'agents domaniaux portant également le titre de prévôts et qui choisis parmi les laïcs, se rapprochent beaucoup plus des officiers du roi. Ils n’ont ni le même recrutement, ni le même rôle, ni l’importance, ni les mêmes revenus que les prévôts du Chapitre. Ce sont des personnages fixes ceux-là. Le ressort de leurs fonctions correspond aux diverses granges du chapitre c'est-à-dire à Beaulieu, à Sury, à Bengy. Dans chaque domaine il n’y a qu’un seul prévôt, ce prévôt n’est d’ailleurs pas compris parmi les chanoines, c’est un laïc, le rapporteur prend toujours soin de le préciser en citant le prévôt laïc de tel ou tel bourg qu'il oppose aux prévôts du chapitre. Ces prévôts laïcs afferment leurs fonctions annuellement « preposituram Belli Loci debent acensare capitulum vel prepositi ad Pascham quia ad Pascham incipit et ad Pascham desinit » pour une somme qui peut atteindre 29 livres parisis payées par moitié à Pâques et à Noël ainsi qu'il

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