‹ Les Domaines du Chapitre de Bourges au Début du XIIIe SiècleChapitre 7 sur 38 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les prévôts, dans la description des redevances dues au chapitre, ont suivi une simple division géographique. Les terres du chapitre sont groupées en quatre domaines assez éloignés les uns des autres et qui ont leur organisation et leurs coutumes propres. Au centre de chacun d’eux se trouve la grange seigneuriale située -dans le bourg le plus important, il ne faut pas se tromper sur la signification exacte de ce mot «grange». La grange du seigneur féodal est beaucoup plus en vérité un ensemble de bâtiments d'exploitation rurale qu’une simple resserre à grains et à fourrage. Bâtie parfois sur les terres nouvellement défrichées et qui viennent d’être données à cens, la grange seigneuriale est le centre du nouveau village et possède tout un monde de. domestiques et d’exploitants : bergers, laboureurs, charretiers, forgerons, greneriers, celleriers... elle comprend magasins, écuries, logements, tout autour s'étendent jardins, vergers, prés, vignes qui en dépendent (). La grange ainsi entendue est le centre d'une sorte de La domaniale qui a son organisation particulière. ?

Les granges du chapitre ne semblent pas toutefois . avoir été placées sur des terres nouvellement mises en culture, mais au contraire dans des villages déjà d’une certaine importance (°). C'est à ces bâtiments que sont portés les grains dûs aux chanoines.

eA la grange principale s'ajoutent d’autres dépendances destinées à recevoir les redevances provenant des terres les plus importantes situées sur le domaine. Ainsi à la grange de Beaulieu sont aecotées cinq autres granges concernant Ace, Courcelles, Maimbré, les Terrages et Santranges et qui permettent de centraliser en un même point sans toutefois les confondre les revenus de toutes les terres qui constituent le domaine de Beaulieu.

n(l SÉE. — 2e classes rurales, Paris 1901, p. 344.

(2) La première hypothèse à dû pourtant se réaliser en Berry. ainsi qu'en témoigne le nom de certains hameaux ou domaines actuels comme Grand Grangeneuve aux environs de Brion entre Levroux et Vatan.

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La grange de Sury-en-Vaux, de moindre importance ne comporte pas de ces «appendicta » mais ils existent pour le troisième domaine, celui de Bengy, où ils sont au nombre de quatre. Cette | organisation ne s'applique pas aux terres possédées outre Cher qui, disposées d’une manière beaucoup plus irrégulière, ne se trouvent pas groupées autour d’un village central et de sa grange ; elles se dispersent de Barillon à Chery dans la grande plaine au sépare Vatan d'Issoudun.

Aucun de ces domaines n’est très proche de Bourges, le plus voisin, Bengy, en est encore distant de 30 kilomètres. Si Beaulieu et Sury se groupent sur la Loire à l’abri des collines du Sancerrois, Bengy est dans la plaine qui entoure Bourges à l’emplacement de l’actuel camp d’Avord, à son opposé Vœu et Paudy sont également éloignés de la capitale du Berry. Du fait de leur situation les domaines ont des ressources différentes. La vigne est abondante à Beaulieu et à Sury, déjà plus rare à Bengy, elle est inexistante dans les grandes plaines à blé qui constituent le domaine d’Outre-Cher où par contre les redevances en grain sont plus importantes. Cette dispersion des biens du chapitre aux. extrémités de la province qui rend difficile la surveillance des prévôts, et accumule les coutumes différentes peut s'expliquer par l’origine de ces domaines. Comme la plupart des biens ecclésiastiques, ils ont été constitués avant tout par des dons, sans doute ils ont été complétés et enrichis par des achats, mais les donations pieuses constituées par le seigneur repentant en rémission de ses péchés sont à la base des domaines du chapitre. En reconnaissance de ces libéralités, une messe sera dite chaque année au jour anniversaire de la mort du donateur qui coïncidera le plus souvent avec la distribution aux chanoines des revenus de ses libéralités.

C’est aux Comtes de Sancerre que le chapitre doit les droits qu'il possède à Beaulieu. Remise lui en a été faite l’année 1176 par Etienne de Sancerre qui lui a abandonné une liste imposante de redevances de toutes sortes «Arbannum, preposituram, forisfactum monete, furtum, murtrum, homicidum, cheminum, gladium extractum, equitatum meum quadrigationes, procurationem meam, falsam mensuram, duellum pugellum, judicium candentis ferri vel aque frigide, bbolus quos vigiles Sacri-Cæsaris de singulis domibus parrochie Belli Loci et de Centrengiis singulis annis accipiebant et alias si quas nominare pretermittimus consuetu-

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dines» (‘). Le comte de Sancerre jouit encore de la moitié de tous les revenus de l’Etang. De semblables libéralités ont aussi constitué le domaine d’Outre-Cher. À la mort de RaoulIll d’Issoudun en 1211 une partie de ses biens a échu au chapitre qui perçoit un assez grand nombre de ces revenus «ad anniversarium suum», de moitié d’ailleurs avec les héritiers dudit Raoul, sa sœur Mahaut mariée à Guillaume de Chauvigny, la seigneurie d'Issoudun tombant ainsi en quenouille (°). Par ailleurs les chanoïines possédaient antérieurement dans cette région d’autres terres leur venant celles-ci des seigneurs de Vatan qui les avaient libéralement dotés de terres à Vœu avec les hommes qui y étaient attachés pour les cultiver (*). Si le cartulaire ne donne aucune indication sur la manière dont ont été constitués les domaines de Sury et de Bengy, il est très vraisemblable que ceux-ci doivent leur formation aux donations de quelques seigneurs du Berry, et c’est ce qui peut expliquer la dispersion des propriétés des chanoines.

Le prévôt a employé pour l’étude des trois premiers domaines — Beaulieu, Sury, Bengy — un procédé identique : examen de la valeur de la grange, revenus qui doivent être partagés entre les chanoines au titre des prébendes, puis étude des diverses redevances qui s’échelonnent le long de l’année et obligations qui en proviennent pour les prévôts du chapitre. Cette division des rapports ne peut guère être qualifiée de plan, elle reste assez peu précise. Si l’on distingue partout la valeur de la grange et l’étude séparée de chacune des redevances, à l’intérieur de ces parties règne une certaine confusion. Après avoir traité un sujet, le prévôt revient sur celui qu'il a examiné précédemment et il ne respecte pas non plus toujours l’ordre chronologique, ou du moins après avoir parlé de cens rendus à une fête quelconque et être passé à un autre terme, il aborde de nouveau les revenus qui sont dûs à fa fête précédente. Les droits qui ne sont pas dûs à date fixe comme ceux de mainmorte et ceux concernant le vagabondage des animaux sont examinés en fin du rapport. Ce plan rudimentaire ne s'applique pas aux domaines d’Outre-Cher où la grange n'existe pas. Le prévôt se contente donc d'énumérer

@) THAUMAS DE LA THAUMASSIÈRE. — Coutumes anciennes et nouvelles du Berry, Chap. 76, p. 139.

(2) Bulletin de la Société Académique du Centre, 1900. (3) Bulletin de la Société Académique du Centre, 1907.

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les redevances qui seront réparties entre les chanoines, et de donner de longues explications sur les coutumes de mainmorte.

Si le prévôt avait cherché à faire œuvre de juriste, et à faire apparaître les principaux caractères ‘des coutumes berrichonnes, ses rapports n'auraient pas l'intérêt qu'ils présentent. Le système imaginé aurait pu correspondre plus ou moins fidèlement à la réalité des choses; en se contentant de rapporter ce qu'il a pu observer sur l'exploitation des domaines, le prévôt a fait apparaître le véritable aspect de la vie rurale des tenanciers du chapitre.

Girard Vogrin s'attache d’abord dans la description qu'il fait des redevances et des coutumes de Beaulieu à indiquer le rapport de la grange de ce domaine où sont rassemblés les produits des dîmes, des cens et des coutumes sur les grains : ..…. avoine, seigle, fèves et froment, mais celui-ci en bien petite quantité. D’Atcé, de Santranges, de Maimbré, de Courcelles, des Terrages sont envoyées les redevances variables selon les bonnes ou les mauvaises années. Puis vient l’énumération des démembrements de la dîme: le garisio ou septième partie de la dîme expliqué soigneusement par le prévôt à l’aide de nombreux exemples, et le «trait» avec ses innombrables détails de droits où les plus petites choses sont prévues : grains mêlés aux débris de la paille, gerbe dont le lien ou l’osier dont elle était attachée se défait, grains qui sont tornbés des meules où étaient entassées les gerbes venant des champs, les épis trop secs ou qui ont pu tomber des chars pendant le transport. De même est noté avec précision la manière dont ces redevances sont perçues et mesurées. À côté des revenus en grains se trouvent les droits sur les moulins Menon, l’Etang, Chaveroche. ‘Toutes ces ressources servent aux prébendes après toutefois qu’on en ait déduit la part du chapitre de Saint-Ursin et de Saint-Satur, des deux prévôts et du chapelain de Châtillon, l’avoine qui peut rester est réservée aux chevaux des prévôts, de le froment et le seigle à leurs propres frais. :

Après avoir ainsi énumérés les rapports de la grange de Beaulieu : dîmes de grains, cens de froment, et coutumes d'avoine, part dans les moulins, toutes choses venant dans la répartition des prébendes, le narrateur énumère les diverses fonctions des prévôts, du chapitre. IT à fait lui mème ce travail et sait parfaitement quels devoirs et quels voyages comporte leur rôle de surveillance et d'administration. Pour une bonne part de leur temps, ils chevauchaient de domaine à domaine en ayant soin

d'être rendus aux jours de fête parce qu'alors « tunc veniunt omnes ad ecclesiam ». Ce sont ces fêtes religieuses célébrées avec tant d'éclat au moyen âge qui jalonnent les saisons et servent de termes pour les redevances et les charges des prévôts. « A la Nativité de la Bienheureuse Marie », c’est le soin des vignes qui leur incombe, ils surveillent l'entretien du matériel qui va servir aux vendanges; à la Saint-Germain, la coutume d’avoine à recevoir, difficile à percevoir parce qu’elle échoie avec d’autres nombreux droits d'église et que le collecteur du cens ne veut pas se fâcher avec ses voisins en exigeant d'eux le paiement intégral de ces droits.

: À la Saint-Jean-Baptiste, c'est l’acensement du four de Beaulieu et de l’'Etang qui requiert la présence des prévôts, et le lendemain de la Saint-Jean, le cens de l’Etang payable non seulement par ceux qui ont là une terre, un pré, une vigne, mais également par tous ceux qui veulent jouir de la nouvelle bourgeoisie de l'Etang, cens partagé de moitié avec le comte de Sancerre.

À la Saint-André, patron du Berry, l’envoyé du chapitre doit être à Beaulieu pour recevoir le cens, c’est également à la Saint- André que sont perçus les sols et les poules de redevance, et que le seigneur Reginaïd doit 100 sols et 200 chandelles, redevances qu’il renouvelle à Pâques et à la Saint-Jean-Baptiste, que Dœtus Bechet doit 28 deniers pour l'agrandissement de la fosse de son moulin, et le chemin qu'on lui a donné pour y conduire pour lui éviter de passer par le chemin d’autrui.

À Noël et même avant, les prévôts doivent avoir eu soin de vendre le vin du chapitre, en effet il est léger et de faible qualité « valde tenius et delibis qualitatis et sustancie », et la chaleur menace de le gâter, d’ailleurs si l’année 1228 il a pu être vendu 5 sols par muid, l’année 1229 le muid de vin de Sury ne s’est pas élevé à plus de 2 sols, les pluies trop abondantes ayant pourri les ceps qui n’ont donné qu'un vin aigre et rare. Enfin voici le Carême pendant lequel les prévôts doivent aller acenser la petite dîime de Beaulieu, cette petite dîime est celle des agneaux. Si les bêtes qui doivent revenir au décimateur sont marquées et qu'elles meurent, le propriétaire est délivré de toute obligation, par contre si ces agneaux ne sont pas marqués et qu'ils meurent, il doit tout de même au chapitre les agneaux de la dîme. La dîme qui porte sur les agneaux et les toisons se lève également sur les troupeaux qui viendraient à traverser le domaine le jour de la levée de la dîme si le conducteur ne peut jurer qu’ils ont déjà subi ce pré-

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lèvement cette année. Il ÿ a aussi la redîime qui revient au «chacepou» moyennant certaines obligations de sa part.

Dans l’énumération des fonctions des prévôts est mentionné ensuite à la date de Pâques l’acensement de la prévôté de Beaulieu qui comprend. pour chaque foyer une poule avec une obole et deux deniers pour l’aoûtage ainsi que pour l’année nouvelle, le chapitre a également le droit de «panage» dans ses bois pour laisser les porcs se nourrir de glands et de faînes, ce droit diffère suivant l’âge du porc.

Dans les revenus de la prévôté sont inclus les droits de justice

foncière : tant pour les citations devant le prévôt, tant pour défaut au jour dit, tant pour les attaques à main armée. Cette «justice» de Beauliéu est divisée en deux baillages : Acé ‘et la Chacepolerie, qu'il ne faut pas entendre là au sens général des bailliages royaux, circonscriptions fort importantes, mais qui correspond à une division territoriale assez réduite, sensiblement égale quant à l'importance de la charge à celle de sergent. Ceux qui tiennent ces bailliages ont droit à certaines parts dans les redevances, mais sont tenus à diverses obligations selon les ordres des prévôts. Enfin, l’énumération des droits perçus sur le domaine de Beaulieu et des devoirs qu'ils entraînent pour les prévôts, se termine par l’énonciation d’un privilège assez curieux, celui de recevoir à l’occasion de chaque mariage une épaule de pore, un pain et deux deniers, et cela en raison des droits de jeux et de mimes achetés par le chapitre.

Un deuxième cahier est consacré aux ressources HAE du domaine qui a pour centre Sury-en-Vaux et sa grange. Comme le premier, selon l’annotation qui le précède et qui peut être attribué à Etienne de Gallardon, il est l’œuvre du prévôt Girard Vogrin « Hec est descriptio reddituum et consuetudinum Seriaci in Vallibus facta a magistri Sue Vogrini tunc temporis preposito ».

Comme Beaulieu, Sury-en-Vaux a une grange où sont amassées toutes les redevances en grains dues au chapitre ; le prévôt commence par compter ce que rapporte l’acensement de cette grange, et les cens de froment, dîme, méteils des moulins non compris dans l’acensement et qui viennent en surplus ; une partie de ces redevances va au chapelain de Veauge, qui a, selon un accord passé avec le chapitre, une rente assignée sur à dime de Mercey d’un setier de froment et d’un setier d'avoine quel que soit le rapport de la dime, parce que la paroisse de Veauge

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est sous la protection de l’église de Bourges. De ces ressources et du cens reçus à Chavignol pour la Saint-Germain, deux parts sont faites, l’une réservée pour les prébendes, l’autre pour les frais et les dépenses des prévôts. Suit une longue énumération assez obscure des parts du chapitre dans divers moulins, Orléans, Chavignol, curieux morcellement de propriété le 1/6° de la moitié, ou même le 1/8 de la moitié appartenant au chapitre conjointement à différents seigneurs, cette 1/8 de part a été engagée à Etienne du Puits de Chavignol pour la réparation du moulin, le moulin de la Fontaine et le moulin de Crot sont divisés de même, tous les méteils qui viennent de ces moulins sont remis aux prévôts pour leurs dépenses.

Ceux qui ont acensé ces droits ont la moitié de la paille de la grange de Sury, mais ils doivent fournir aux envoyés du chapitre le foin nouveau pour la litière des chevaux et pour les

‘pièces et les maisons, et pour cela il est réservé un certain nombre

de pièces de terre; ils doivent également fournir le foin des

chevaux pour le pressoir et tous les ustensiles nécessaires à la

vendange.

Le prévôt reprenant le procédé employé pour Beaulieu va examiner les ressources qui échoient au chapitre aux diverses fêtes de l’année et les charges correspondantes des prévôts du chapitre. Le cycle commence également par le soin des vignes. À la veille de la Saint-Gilles, en septembre, les prévôts se rendent à Sury pour veiller à ce que les cercles nécessaires aux tonnes soient achetés le jour de la fête, ils contrôlent l’état des pressoirs et laissent quelqu'un d’entre eux pour veiller au vin du chapitre et à la vendange «aliquis corum debet remanere ad custodiendum

‘vinum capituli », c’est à la Saint-Germain qu’on peut savoir le

résultat de la récolte et son coût; un envoyé du chapitre se rend à Sury à cette date pour s’en informer, il va percevoir les nombreux cens qui échoient à la Saint-Germain : Grand cens, cens commun dont le quart va à titre viager à un certain Brerins.

À la Saint-Etienne, nouveau cens de quarante-quatre sols de Sancerre et les onze sols du seigneur Mariote de Foris qui doivent être apportés dans une bourse blanche et neuve ; à la Saint-Jean, c’est la collecte du cens à Sury et selon la coutume ceux qui ne rendent pas le cens au jour dit, ont cinq sols d'amende qui vont au préposé parce que lui-même est tenu sur sa bourse.

Avec le Carême et jusqu'aux Rameaux, le terme de la petite dîme de Sury arrive qui oscille autour de quarante sols.

À l’Annonciation, au lendemain de la Pentecôte, à la Saint- Germain, voici encore d’autres termes de différents cens ; notamment pour la Saint-Germain le prévôt énumère tous ceux qui doivent le cens en nature pour les diverses terres, maisons ou vignes qu'ils ont reçu en héritage. C’est cette énumération qui termine les pages réservées au domaine de Sury-en-Vaux. Après une page et demie laissées blanches se trouve l'inventaire du domaine de Bengyÿ qui ne débute pas par la présentation faite pour Beaulieu et Sury, simplement en haut de la page en gros caractères, mais de la même main que les annotations précédentes est écrit : « De ballia Bengiaci ». Malgré ce manque de précision, il ble bien que Girard Vogrin ait continué la description des redevances et des coutumes commencée avec Beaulieu et Sury, c’est en effet la même écriture, les mêmes caractères: et la même disposition. A

La description du bailliage de Bengy commence comme deux autres par l'énoncé de la valeur de la grange et de ses appendices, valeur variable selon les bonnes et les mauvaises années, en outre certaines terres appartenant au chapitre sont également acensées sans être comprises dans la grange de Bengy. Il y a également diverses dîimes qui tombent soit dans la répartition des prébendes, soit dans la part du doyen et des prévôts, soit encore pour une partie au doyen de Saint-Ursin.

Pour la première fois, le prévôt fait allusion à des corvées et à cette occasion il dénombre les possesseurs de bœufs et de charrues, souvent il est vrai les paysans forment un « consortium » pour cultiver leurs terres en se prêtant mutuellement leurs bêtes. Tout possesseur de bêtes doit charrier sa part de redevances à Bourges, proportionnellement au nombre et au genre de bêtes qu'il possède ;/s’il n’a qu’un âne, il ne fera qu'un demi-charroi parce qu'il est reconnu que l’âne ne fait que la moitié du travail d’un bœuf ou d’un cheval. Divers personnages, dont le collecteur du cens et le bailli sont exemptés de cette corvée qui est d’ailleurs rémunérée, une obole est donnée à tous ceux qui apportent le blé ou les grains.

Le chapitre possède également à Bengy divers prés placés en dés lieux différents, tels qu'il est difficile de les citer sans en omettre, Ces prés sont acensés avant Pâques, pour que l'herbe soit mieux soignée par celui qui l’achète. Le doyen se réserve dans ces prés un droit d'usage pour ses chevaux quand il vient à Bengy pour les fire de chapitre, et les prévôts, tous les

envoyés du chapitre jouissent de ce même privilège, pourvu qu ‘ils n’excèdent pas la mesure. Mais le chapitre n’est pas seul à jouir de ce droit sur les prés de Bengyÿ ou plus exactement de Charpaignes, le seigneur de Fontaines peut également y prendre le nécessaire pour ses chevaux de selle, six au plus, il jouit de ce privilège sur tous les champs, qu ils soient propriété du chapitre ou non. Enfin, un troisième personnage se superpose aux deux autres, c’est Robert de Charpaignes et ses héritiers «pretarii » de tous les prés de Charpaignes, aucune jouissance ne peut être levée sans son accord, et quand l'écuyer du Sire de Fontaines vient pour lever la coutume de son maître, le pretarius lui assigne le pré où il doit s’acquitter de sa mission : prés des paysans ou de Saint-Etienne. AE | ds É Aux mois d'août et de septembre, avant le début des ven: danges, il s’agit pour les prévôts d’acenser la dime du vin, la taille et les corvées à Bengy. Ceux qui acensent la dîime du vin ont la jouissance du banvin qui s’étend de la Saint- Martin d'hiver à la veille de Noël, c’est-à-dire un mois et demi environ. Durant cette époque, seul l’acenseur de la dîme de vin a le droit de veñdre le vin du chapitre dans la ville de Bengy, si quelqu'un est pris à vendre ne serait-ce qu'un demi-setier, soit dans une auberge, soit même chez lui, le prévôt confisque à son profit le vin et les pichets, le CHapitre” seigneur de la ville a l’amende, Le privilège du banvin s'applique à la seule récolte des vignes du chapitre de plus le prix en est réglementé, il ne peut dépasser celui qu'il a atteint des vendanges à la Saint-Martin d'hiver, après le ban, son prix n’est plus limité, la concurrence joue normalement, et personne n est forcé de l'acheter. Les prévôts du chapitre ont droit à un curieux usage dans les vignes, tant que les grappes sont sur les ceps, ils peuvent venir en cueillir pour les manger quand elles sont müres, et pour les mettre dans les sauces quand elles sont vertes.

Le narrateur passe alors aux corvées de Do ou « angaria » qui sont dues trois fois dans l’année, les charrues possédées dans la justice de Bengy sont au nombre d’une quarantaine. Toutes ces charrues ou plus exactement leurs possesseurs ne sont pas également corvéables, les uns doivent la dîme et la coutume ou corvée, les hommes francs ne doivent que la dîme, et même les lépreux ne doivent ni l’une ni l’autre.

Il faut encore compter dans les revenus de rune l’acensement des jachères qui a lieu en mars.

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