DE LA PROVIDENCE
La première questiOD qui se présente après celle de la création et du caractère général des créatures est la question de la Providence. Deus non creavit et abiit, dit saint Augustin ; Dieu n*a point fait le monde pour s'en retirer ensuite et Tabandonner à ses propres forces ou plutôt à son néant : il continue d'agir sur toutes les créatures, il veille constamment sur son ouvrage, et c'est cette action incessante de Dieu sur le monde que nous appelons du doux nom de Providence.
Comme Tordre religieux, qui fait l'objet de ce livre, n'est en définitive qu'une admirable et éclatante manifestation de la Providence divine, tout ce que nous dirons sur chacun des articles du symbole chrétien se rapportera nécessairement à ce grand dogme et lui servira de commentaire. Nou^ nous contenterons donc ici d'exposer les principes généraux et d'esquisser rapidement les traits les plus essentiels de l'enseignement catholique à ce sujet.
Que la foi à la Providence ait toujours existé dans
l'Église de Jésus-Christ, nul, je crois, ne le conteste, et il serait fort inutile de s'arrêter à le prouver longuement. Les chrétiens ont toujours cru que Dieu prenait soin de toutes choses et que rien ne se dérobait à sa volonté oU à sa sollicitude. « Le dogme de la Providence, dît Klèe, forma de tout temps un article capital dans la (Croyance chrétienne, qui dut le proclamer et le maintenir contre le paganisme, et particulièrement contre rAristotélisme, l'Épicuréisme et le Stoïcisme, et aussi contre le Gnostî-^ cisme et le Manichéisnie. Tous les Pères établissent ce dogtoe important, sur lequel Théodoret a itaême écrit un traité spécial {Lib. de Provid.) contre Diagoras de BTelos (1). »
La Providence comprend deux points : la conservoHm du monde, et son gouvernement. Je dirai un mot de Tun et de l'autre.