CHAPITRE XV
Le P. André Vêlez, septième provincial. — Le P. Garcias de Tolède- , huitième provincial. — Séparation des provinces du Chili et de Quito (1586).
Le sixième dimanche après l'octave de la Sainte-Trinité de Tannée 1573, les religieux de la province de Saint-Jean- Baptiste du Pérou se réunirent en chapitre pour donner un successeur au P. Alphonse de Cerda. dont le temps de provincialat était expiré. Leur choix tomba sur le P. André Vêlez, qui fut ainsi le septième provincial de la province du Pérou.
A son arrivée d'Espagne au Pérou, le P. André Vêlez fut envoyé au couvent de Chuquizaca, dont il devint prieur en lo69. Son temps terminé, il fut assigné au couvent du Saint-Rosaire par le visiteur vicaire général, P. Diego de Osorio, et quelque temps après élu provincial dans le neuvième chapitre général tenu à Lima en l'année 1573.
En ce chapitre, le nouveau provincial et les définiteurs, pensant qu'une plus grande uniformité dans la célébration des saints offices ne pourrait qu'ajouter à leur beauté, décrétèrent que les religieux devraient à l'avenir, dans tous les offices et cérémonies , se conformer strictement au cérémonial de l'Ordre, sans y rien ajouter ni rien retrancher. Ils ordonnèrent en outre à tous les supérieurs des maisons, grandes ou petites, de veiller à ce que chaque
année on célébrât, dans la communauté assemblée au chapitre ou en tout autre lieu, une ou plusieurs messes, sans consécration, dans lesquelles on suivrait ponctuellement toutes les rubriques, de manière à les enseigner aux religieux et éviter ainsi toute divergence dans la célébration des saints mystères.
Les membres du chapitre s'occupèrent aussi de tous les moyens à prendre pour répandre dans le public la dévotion du très-saint Hosaire; et à cette occasion ils approuvèrent la coutume qui s'était introduite dans la province (sans qu'on sût au juste en quel temps et comment) de porter pendu au cou le chapelet, qui jusque-là avait toujours été attaché à la ceinture.
Les religieux terminèrent le chapitre en nommant le P. Alphonse de Cerda, ex-provincial, déiîniteur pour le chapitre général futur, et ordonnèrent au nouveau provincial de se rendre en Europe pour traiter certaines questions nécessitant sa présence. En cette circonstance, les membres du chapitre s'autorisèrent d'un décret du chapitre général tenu à Rome en 1571, concédant aux provinciaux du Pérou le droit de passer en Europe quand cela leur paraissait nécessaire, pourvu qu'ils eussent l'assentiment des déliniteurs du chapitre provincial, ou, à leur défaut, celui des dix Pères les plus graves de la province.
Au nombre des défunts que le chapitre recommanda aux prières de la province, nous citerons le P. Christophe de Castro, l'un des plus infatigables missionnaires de l'Ordre parmi les peuples indiens.
Ce digne religieux fut pendant longtemps curé de la doctrine de Chincha, dont le curaca ou cacique avait la réputation d'être extrêmement riche et d'avoir enfoui ses trésors pour les soustraire à la rapacité des conquérants.
Un jour, ce cacique vint trouver le missionnaire et lui dit : « Père, vos compatriotes sont toujours en quête de
notre or, et ils ne le désirent que pour le dépenser en plaisirs et folies de tout genre; c'est pourquoi nous ne tenons nullement à leur donner celui que nous avons amassé avec tant de peines et de fatigues. Mais pour vous, qui ne cherchez l'or que pour la gloire de Dieu, pour bâtir des églises et des couvents, si vous en voulez, je vous en donnerai de quoi charger un navire. »
Le religieux lui répondit : « Merci, mon fils, je n'ai nullement besoin de votre or; car, ayant fait vœu de pauvreté, je ne puis rien posséder, et je sais d'ailleurs me contenter d'une petite cabane et d'un mauvais habit. Gardez donc toutes vos richesses, afin que vos enfants puissent en jouir après vous. »
Le cacique insista, le priant d'en accepter au moins pour faire face aux nécessités de la vie; mais jamais il ne put persuader le bon religieux. Cependant celui-ci , pour ne pas trop mortifier le cacique, lui dit que s'il lui faisait fabriquer un calice d'or pour son église , il l'accepterait avec plaisir. Le calice fut fait et envoyé à l'église bientôt après. Tel était donc l'esprit de pauvreté de ce religieux et l'édification qu'il donnait aux Indiens, que ces derniers venaient déposer volontairement à ses pieds ces mêmes richesses qu'ils refusaient opiniâtrement aux conquérants \
Le P. Christophe de Castro mourut à Chincha en odeur de sainteté.
Le chapitre terminé, le provincial André Vêlez fit la visite de la province, et peu après partit pour l'Espagne, d'où il ne revint jamais.
11 fut à peine deux ans provincial , car il quitta le Pérou dans les commencements de 1575.
Le successeur du P. André Vêlez fut le P. Garcias de Tolède, nommé dans le chapitre tenu à Lima en 1577.
1 Melendez, tome I, p. 454.
Le P. Garcias de Tolède, huitième provincial de la province de Saint-Jean-Baptiste, né à Oroposa, petite ville de la Nouvelle-Castille, appartenait à l'illustre famille dont il portait le nom.
Il était encore jeune, lorsqu'en 1535" don Antoine de Mendoza, envoyé au Mexique avec le titre de vice-roi, le prit en sa compagnie comme un jeune seigneur pouvant taire honneur à sa cour et qu'il voulait former aux affaires. Mais ni les faveurs du vice-roi ni les richesses du pays ne touchèrent plus le jeune Garcias dès qu'il sentit que Dieu l'appelait à une vie plus parfaite. La ferveur tout angélique des premiers missionnaires venus dans le nouveau monde, et les fréquentes conversions dont il était témoin, lui paraissaient quelque chose de plus précieux que la conquête des provinces et des royaumes. Après avoir éprouvé son coeur et sa vocation , il alla demander l'habit des Frères Prêcheurs au couvent de Saint- Dominique de Mexico '.
Après avoir fait profession, il travailla sans relâche à se former à la vie apostolique par des études suivies et les exercices de la prière et de la pénitence. On lui permettait d'en faire de temps en temps les premiers essais dans la compagnie des vieux missionnaires, auxquels il demandait comme une grâce d'être quelquefois associé. La province du Mexique se flattait d'avoir un jour dans le jeune Garcias de Tolède un missionnaire de premier mérite ; mais la Providence, dont les secrets sont parfois impénétrables, en disposa autrement.
Sur la demande de sa famille, il fut envoyé en Espagne, où nous voyons qu'il devint directeur de sainte Thérèse. Dans les chroniques des Carmes réformés se trouvent plusieurs lettres de cette séraphique vierge au P. Garcias de
1 Augustin Davila, tom. II, p. j44.
Tolède. Nous citerons un extrait de l'une d'elles comme une preuve des relations spirituelles établies entre ces deux grandes âmes.
« Votre Révérence fera en tout comme elle jugera à « propos ; mais qu'elle considère ce qu'elle doit à une « personne qui lui a ainsi confié son âme. Je recomman- « derai la vôtre à Notre -Seigneur tout le temps de ma « vie... Par ce que contient ce papier, vous verrez combien « il est bon de se donner entièrement à Celui qui se donne « à nous sans mesure. Qu'il soit béni à jamais ! j'espère « en sa miséricorde , que nous nous verrons , vous et moi , « dans le céleste séjour, où nous reconnaîtrons plus clairece ment les grâces qu'il nous a faites pour le louer éternel- « lement. »
Les fréquentes conversations du P. Garcias avec la grande servante de Dieu ne firent que rendre plus vif son désir de se consacrer au service des Indiens; et lorsque la Providence lui en offrit l'occasion , il l'accepta avec le plus grand bonheur.
En 1569, don François de Tolède, ayant été nommé viceroi du Pérou, voulut emmener avec lui un religieux saint et savant dont il pût consulter les lumières dans les affaires importantes, et naturellement il pensa à son cousin, que tout le monde regardait comme un des hommes les plus éclairés et les plus prudents de son siècle. Le P. Garcias voyant en cette invitation une preuve manifeste de la volonté de Dieu, qui lui offrait ainsi le moyen de se donner au salut des Indiens, accepta avec empressement, et quelque temps après il arriva à Lima en compagnie de son parent le vice-roi.
Le pieux missionnaire commença à exercer son ministère dans la capitale ; mais bientôt une occasion favorable lui fit porter plus loin son zèle et son ardeur pour le salut des âmes.
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Le vice-roi, après avoir terminé à Lima une affaire des plus pressantes , partit pour visiter toutes les provinces du royaume afin d'y régler la police et d'y faire exécuter les lois; et il voulut que le 1'. Gardas l'accompagnât pour être son conseil de confiance dans tout ce qui pouvait intéresser l'Etat et surtout la religion.
Ces visites occupèrent plusieurs années , et ce fut pendant ce temps que le P. Garcias, aidé de quelques autres Dominicains, eut la consolation de convertir une peuplade d'intidèles, au milieu desquels il fonda une ville à laquelle il donna le nom d'Oroposa, en honneur ou en souvenir du lieu où il était né.
Le Seigneur accordait donc les plus heureux succès au ministère du P. Garcias; mais il les attribuait moins à ses propres travaux qu'aux ferventes prières de sainte Thérèse, qui lui avait promis de ne point le perdre de vue au milieu de ses missions.
Parmi les avantages que les Péruviens retirèrent de la visite du vice-roi, on doit compter en première ligne les ordonnances qu'il rédigea après avoir pris une connaissance parfaite du pays. Ces ordonnances furent approuvées et applaudies par le grand conseil des Indes, et elles furent pendant longtemps considérées comme le fondement du droit civil et les règles de la société péruvienne. Le P. Garcias prit une grande part à la rédaction de ces ordonnances, et ainsi il a droit, dit Melendez, à la reconnaissance éternelle des Péruviens.
Il y avait déjà huit années que le P. Garcias de Tolède était au Pérou, lorsqu'il fut nommé à l'unanimité provincial dans le chapitre tenu à Lima en 1577.
Malgré son grand âge et ses infirmités , le P. Garcias entreprit la visite de sa province, et pendant ce voyage il y fonda de nouveaux couvents et il en répara plusieurs des anciens.
Jamais il ne se prévalut de son crédit auprès de son cousin le vice-roi que pour le bien des pauvres Indiens et le maintien de l'esprit de régularité dans les communautés.
Pour éviter aux religieux toute tentation de cupidité , il lit lire dans le chapitre où il fut élu provincial un bref du pape Pie V défendant aux religieux auxquels on permettait de retourner en Espagne de recevoir pour leur voyage au delà du nécessaire , lequel devrait être fixé par le provincial en toute charité, mais aussi conformément à l'esprit de pauvreté.
Une de ses premières attentions comme provincial fut d'occuper les religieux selon leur vocation et leurs talents. Il retira de cette mesure le double avantage de multiplier les bons sujets et de pouvoir plus abondamment fournir des secours spirituels aux Indiens. Le seul couvent de Lima donnait à la fois de brillants professeurs en tout genre à l'université, et d'excellents apôtres dont la parole éloquente se faisait entendre dans toutes les parties de la grande colonie.
L'université de Lima avait été fondée, comme nous l'avons dit plus haut, dans le couvent du Très-Saint-Rosaire de Lima, et occupait toutes les vastes salles comprises dans le premier cloître. C'était là que se réunissaient les maîtres et les élèves. Mais, à mesure que le nombre des uns et des autres augmentait, le bruit occasionné par les disputes scolastiques et autres croissait aussi , et à un moment il devint intolérable pour des religieux dont la vocation avant tout doit être la prière, l'étude et la retraite. Le P. Garcias résolut de remédier à ce grand inconvénient, et il lui suffit de parler au vice- roi pour obtenir de lui les fonds nécessaires à la construction d'un édifice propre à recevoir l'université.
Le P. Garcias finissait son provincialat (1581) au
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moment même où le vice-roi, son cousin, se préparait a retourner en Espagne. 11 résolut de l'accompagner.
Ses nombreuses infirmités et son grand âge lui donnaient le droit de choisir un lieu de retraite pour ne plus s'occuper que de la prière et de la pensée de la mort. Il se retira donc dans le petit couvent de Talavera, où il mourut quelques années après en odeur de sainteté.
L'année où le P. Garcias de Tolède quitta le Pérou, on y vit arriver le T.-R. P. Dominique de la Parra, fils du couvent de Salamanque, envoyé par le Rme P. Pierre Constable, général de l'Ordre, comme Visiteur et Vicaire général de la province de Saint-Jean-Baptiste.
Le premier soin de ce visiteur fut de réunir un chapitre provincial pour donner un successeur au P. Garcias, et il arriva que lui-même fut élu le 1er juillet 1581.
Le chapitre terminé, le nouveau provincial s'empressa de faire la visite des couvents, et aussitôt après il partit pour l'Europe, laissant à sa place, pour gouverner la province, le H. P. Louis de la Quadra, prieur du couvent de Lima.
A peine le P. Dominique de la Parra était-il parti qu'on reçut du pape Grégoire XIII un bref annulant son élection, et enjoignant au P. Thomas de Morales l'ordre de prendre le gouvernement de la province jusqu'au jour où on pourrait régulièrement procéder à l'élection canonique d'un provincial nouveau. La raison pour laquelle le Saint-Père cassa l'élection du P. Dominique de la Parra fut sans doute parce qu'il fut soupçonné et même accusé d'avoir usé de l'influence que lui donnait son titre de Visiteur pour se faire nommer provincial.
Le P. Louis de la Quadra remit donc tout de suite les rênes du gouvernement au P. Thomas de Morales. Celui-ci aussitôt convoqua le chapitre, et on procéda à l'élection d'un nouveau provincial, lequel fut le P. Salvador de Iîibera. C'était le 29 décembre 1584.
Le P. Salvador de Ribera, né à Lima, prit l'habit de l'Ordre en lo67, dans le couvent du Saint-Rosaire. Après sa profession il fut emmené en Espagne par le P. Diego de Osorio, visiteur, pour y achever ses études. II enseigna la philosophie pendant quelques années au couvent de Saint- Paul de Séville, puis il retourna à Lima, où il devint professeur à l'université, et enfin prieur du couvent du Saint- Rosaire. Il mourut évêque de Quito.
Le P. Salvador de Ribera gouvernait la province à peine depuis trois mois, lorsque le peuple se souleva contre lui par suite de son refus énergique de livrer un malheureux auquel le couvent avait donné un asile. Les juges de l'audience royale, prenant en cette circonstance le parti du peuple, saisirent le P. Salvador et l'expédièrent en Espagne pour rendre compte de sa conduite à Sa Majesté Catholique.
Tel était l'état des affaires lorsque arriva un nouveau bref du pape Grégoire XIII, nommant par autorité apostolique comme provincial l'ex- provincial absous, le P. Dominique de la Parra, et en même temps annulant le chapitre provincial du 29 décembre 1584.
Le P. Dominique de la Parra, rentré ainsi au pouvoir, mais se trouvant dans l'impossibilité de retourner pour le moment au Pérou, expédia des lettres par lesquelles il renommait de nouveau, pour le remplacer momentanément pendant son absence dans le gouvernement de la province , le P. Louis de la Quadra.
Ce dernier religieux , alors prieur du couvent de Quito , s'empressa de revenir à Lima pour remplir la charge confiée à ses soins; mais à peine avait-il mis le pied au Pérou, qu'une lettre du 18 janvier lo86 lui apporta la triste nouvelle de la mort du P. Dominique de la Parra.
Par suite de cette mort expirèrent les pouvoirs conliés au P. Louis de la Quadra, et le gouvernement de la pro-
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rince passa de droit et de fait au prieur du couvent désigné pour la réunion du prochain chapitre provincial, c'est-à-dire au P. Dominique de Valderrama, prieur élu de Cuzco.
Le chapitre se tint le 25 juillet L586, et il nomma comme provincial le P. Dominique de Valderrama.
Nous voici arrivés à l'année 1586, en laquelle les deux provinces du Chili et de Quito furent séparées de celle de Saint-Jean-Baptiste du Pérou et constituées en provinces indépendantes : la première sous le vocable de saint Laurent martyr, et la seconde sous celui de sainte Catherine martyre.
La demande de cette séparation avait déjà été faite dès l'année 1561 par le T.-R. P. François de Saint-Michel, quatrième provincial , et plusieurs fois renouvelée à Rome pas les procureurs des provinces; mais ce ne fut que vingt-cinq ans plus tard que la question fut entièrement résolue.
Dès l'année 1571, la province de Saint- Antonin de la Nouvelle-Grenade avait été rendue indépendante de celle du Pérou ; en sorte qu'en moins de cinquante années d'existence, la province de Saint-Jean-Baptiste du Pérou eut l'honneur d'enfanter trois autres provinces dont nous parlerons dans la suite '.
Nous arrêterons là notre aperçu sur l'histoire de cette province, puisque selon notre plan nous ne devons nous occuper que de la fondation et des commencements de chacune des provinces.
La province de Saint-Jean-Baptiste fut sans contredit
1 Voir, à la lin du volume , l'état do la province du Pérou au moment de la séparation (note 3).
la plus glorieuse de toutes celles du nouveau monde et la plus féconde en saints et en illustrations de tout genre.
Les fondateurs furent tous des hommes du plus haut mérite, dont le nom se trouve mêlé à tout ce qui se fit de grand et de bien dans le Pérou.
Ce fut à cette province qu'échut l'insigne honneur de donner à l'Eglise et au monde, en 1586, cette jeune et charmante sainte qui, sous le nom de sainte Rose de Lima, est devenue la patronne des deux Amériques *.
C'est de cette même province que sont sortis les bienheureux Martin de Porrez, Jean Massias, que l'Eglise a placés sur nos autels; le vénérable Vincent Vernedo, dont la cause fut portée à Rome, et tant d'autres saints religieux dont les noms sont restés gravés dans le cœur des peuples américains jusqu'à nos jours.
Dans les neuf chapitres précédents, nous nous sommes occupés de la fondation de la province de Saint -Jean- Baptiste du Pérou, et nous en avons suivi le développement pendant un demi-siècle , c'est-à-dire jusqu'au jour où cette province, parvenue à son apogée, a dû se démembrer pour donner naissance à trois nouvelles provinces: celle de Saint- Antonin de la Nouvelle-Grenade, celle de Sainte-Catherine de Quito, et enfin celle de Saint-Laurent du Chili.
Pour nous conformer à notre programme , nous devrions
1 Nous ne parlerons pas en ce livre de cette grande et aimable sainte, dont nous aimerions cependant à rappeler, ne fût-ce qu'à grands traits , les admirables vertus et les faveurs spéciales dont elle fut honorée par son Époux céleste.
Mais ce serait sortir de notre plan, dès lors que nous ne voulons nous occuper que de la fondation des diverses provinces de l'Ordre en Amérique , et des hommes qui y ont le plus contribué par leurs vertus et leurs travaux.
D'ailleurs , la vie de sainte Rose de Lima a été écrite plusieurs fois déjà, et en dernier lieu avec un charme particulier par M. le vicomte Théodore de Bussierre, dans un livre admirable auquel nous devons plusieurs bons renseignements sur le Pérou.
donc nous en tenir là. Cependant nous demandons la permission au lecteur de sortir un moment de notre cadre, pour lui présenter quelques renseignements biographiques sur nos deux bienheureux Martin de Porrez et Jean Massias, qui, bien qu'ils ne puissent point être placés au nombre des fondateurs, n'en sont pas moins les deux plus grandes gloires de la province; et en même temps pour lui faire connaître le monastère de la Magdalena, ce fameux couvent d'observance dont la fondation (160G) fut de quelques années postérieure à l'époque où nous avons cru devoir arrêter notre petit aperçu historique sur la province de Saint -Jean -Baptiste du Pérou.
Dans les deux chapitres suivants, nous parlerons donc de nos deux bienheureux et du couvent de la Magdalena.