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DIEGO DE DÉZA ET LES HISTOIRES DE FERNAND COLOMB

Si nous n'arrêtons pas en cet endroit ce que nous avions à dire des rapports de Colomb et de Déza, c'est que notre dessein est de prévenir une objection et de la résoudre. Il semble étonnant de voir les Histoires attribuées à Fernand Colomb garder un profond silence sur Déza, dont le rôle est cependant si clair, d'après les affirmations mêmes de l'Amiral ou plutôt, il est encore plus étonnant de les voir substituer à Déza un personnage qui joue son rôle, sans qu'on lui connaisse d'ailleurs aucun titre. Nous abordons d'autant plus volontiers ce petit problème, qu'il nous permettra de fournir une contribution nouvelle aux arguments déjà nombreux et péremptoires par lesquels M. Harrisse a battu en brèche l'œuvre désormais suspecte des Histoires,

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Quand on parle des protecteurs de Christophe Colomb, une confusion est à éviter : il ne faut pas confondre les personnes qui ont témoigné d'une façon privée leur intérêt ou même rendu des services à l'inventeur des Indes, avec celles dont l'intervention spéciale près des Rois Catholiques a déterminé l'acceptation des projets de Colomb. Que l'entreprenant Génois, entre son arrivée en Espagne et son premier départ pour les Indes, ait trouvé çà et là des sympathies, des encouragements et des amis, cela est vraisemblable, encore que les données positives que nous possédons ne permettent pas de pousser la chose trop loin. Qu'après la découverte et le succès de Tentreprise, Colomb , étant en relations constantes avec la cour et l'administration, ait trouvé dans le monde qu'il ' touchait désormais de si près des personnagei^ amis ou bienveillants, le contraire serait fort surprenant, le succès évoquant d'ordinaire des admirateurs et des fidèles.

Mais nous ne pensons pas que l'on puisse confondre les amis du lendemain de la découverte avec ceux de la veille, et même, parmi ces derniers, ceux qui ont encouragé ou aidé accidentellement le futur Amiral, avec ceux qui se sont constitués ses patrons près des prin-

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ces et les ont inclinés à entreprendre la découverte. Cette confusion, Colomb ne l'a jamais faite, puisque, en écrivant aux Rois Catholiques, il affirme que deux moines seuls ont été constants dans leur concours lors de la diète de Grenade. Reprocher à Colomb, comme ToiiL fait plusieurs historiens, d'avoir méconnu les services reçus ou l'existence de ses amis, c'e^t baser une critique injuste sur une simple équivoque (1). Aussi, quand nous avons parlé et quand nous parlons encore, dans cette étude, des protecteurs de Colomb, nous entendons ce mot dans le sens restreint que nous venons de signaler.

Or, même en entendant de cette façon le titre de protecteur, divers noms ont été mêlés à ceux de Diego de Déza comme patrons véritables de Colomb auprès des Rois : ce sont le cardinal Mendoza, le camérier Juan Cabrero et Louis de Santangel.

Nous avons vu plus haut à quoi se réduit l'intervention du cardinal de Mendoza (2j. C'est lui, en effet, semble-t-il, qui présenta Colomb

(1) M. Harrisse ne nous semble pas avoir évité cet écueil. Christophe Colomb, t. II, 372-382 ; Christophe Colomb devant l'histoire, Paris, 1892, 46-47.

aux Roisovanl la diète de Santa Fé; mais rien n'autorise à lui attribuer un rôle effectif dans le succès de Tentreprise, d'autant mieux que les paroles restrictives de Colomb s'y opposent formellement.

Quant à Juan Cabrero, rien n'est plus curieux que rhistoire d'ailleurs très simple de ses titres. Reconnaissons d'abord que s'il a été rangé parmi les protecteurs de Colomb au temps de la découverte, c'est sans qu'il y eût ni mérite ni faute ôr, sa part. Colomb avait connu Cabrero dans ses relations avec la cour, et il est manifeste que, pendant les dernières années de la vie de l'Amiral, le caméiier fut un de ses bons amis dans l'entourage des Rois. Dans les négociations que Colomb entreprit à la cour après son quatrième voyage, il dut servir les intérêts de l'Amiral, qui recommande à plusieurs reprises à son fils Diego de s'appuyer sur lui. C'est la lettre de Colomb du 21 décembre 1504 qui a créé une équivoque. Nous y lisons en effet : « Il faut s'efforcer de savoir si la Reine, qui est maintenant devant Dieu, a fait mention de moi dans son testament. Il faut presser le seigneur évêque de Palencia, celui qui fut cause que Leurs Altesses possédassent les Indes et que je sois demeuré

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en Castille, alors que j'étûs déjà en route pour l'étranger; et aussi le seigneur camérier de son Altesse i> (1).

C'est cette dernière phrase, quelque peu elliptique, qui forme le titre de Cabrero. Le sens du texte original est très clair et ne comporte pas de discussion. 11 signifie : il faut presser Tévêque de Palencia et aussi le camérier (2). Quant à la parenthèse ouverte relativement à Dézj, Cabrero y est entièrement étranger. Mais on a voulu y voir, en faisant un gros- Ci) « Es de trabajar de saber si la Reina, que Dios tiene, dejô dicho algo en su testamento de mi, y es de dar priesa al Sr. Obispo de Palencia, el que fué causa que Sus Altezas hobiésen las Indias, y que yo quedase en Castilla, que ya estaba yo de camino para fuera : y ansi al Sr. Gamarero de Su Alteza » (Navarrete, Colecciôn^ I, .346).

(2) L'expression al Sr. Gamarero montre clairement que ce dernier membre de la phrase est le régime de dar priesa. Pour obtenir le sens erroné qu'on donne à ce passage, il faudrait : y ansi el Sr. Gamarero . Dans une autre lettre de Colomb (1er déc. 1504), les deux mêmes noms sont rapprochés; une parenthèse est ouverte après celui de Déza, pour exprimer la confiance que Colomb met en lui; puis suit celui de Cabrero, dans la même condition que précédemment : Al senor Obispo de Palencia es de dar pane desto con de la tanta confianza que en su merced tengo,y ansi al Sr. Gamarero (Navarrete, Golec, \, p. 339).

sier contresens, que Cabrero était associé à l'évêque de Palencia dans ses droits de protecteur de Colomb au moment de l'entreprise de la découverte.

C'est le neveu de Cabrero qui, consciemment ou non, semble avoir été le promoteur de cette fausse interprétation. Dans un mémoire du 21 mars 1517, Martin Cabrero dit de son oncle « qu'il fut la cause principale que Ton entreprit l'expédition des Indes, que sans lui on n'aurait pas eu les Indes, ou que tout au moins la Castille ne les aurait pas possédées y> (1). C'est identiquement les deux points de la lettre de Colomb disant de Déza qu'il a été cause de la découverte des Indes et qu'il a empêché Colomb de porter ses projets à Fétraiiger.

Las Casas, qui n'y met pas de malice quand il s'agit de critique historique, s'est trouvé on présence de l'affirmation de Martin Cabrero, dont il connaissait sans doute le mémoire, et il a interprété à la manière de ce dernier la lettre de Colomb, qu'il connaissait aussi, en enre-

(i) « Que fué causa principal de que se emprendiese la empresa de las Indias y se conquistasen, y si por 61 no fuera, no hobiera Indias, à los menos para provecho de Caslilla » (Harrisse, Christ. Colomb, I, p. 376, note 4).

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o^istrant bénévolement le nom de Cabrero après celui de Diego de Déza (l), ce qui a contribué à confirmer cette usurpation de titres. Mais Juan Cabrero, qui a dû servir Colomb pendant les dernières années de sa vie, n'a aucun droit à un patronage réel avant la découverte. Cela résulte clairement de Tori-gine suspecte de ses titres et de l'exclusion donnée en cette affaire par Colomb lui-même, qui affirme que deux religieux seuls l'ont constamment favorisé. Nous ne croyons pas même qu'il soit positivement établi que Cabrero fût à la cour avant 1492.

Après avoir accolé le nom de Cabrero à celui de Déza, le bon évêque de Chiapa ne s'arrête pas en si bon chemin ; il ajoute avec bonhomie : <r Ces deux personnages durent aider beaucoup en cette affaire ; et cependant ils ne suffirent pas, parce qu'un autre, comme on va le voir, fit plus encore : ce fut Louis de Santangel, comptable de la cour et chevalier aragonais 7> (2).

(1) Hist. de las IndiaSy t. I, 228, 41, 188.

(i2) e Debian cierto de ayudar en ello mucho, aunque no bastaron, porque otro, à lo que parecera, hizô mas, y este lue un Luis de Santangel, escribano de raciones, caballero aragonés. etc « {Hist. de las Indias, I, p. 228).

D'où Las Casas tient-il ce renseignement? Des Pseudo-Histoires de Fernand Colomb, dont il reproduit le récit fantaisiste.

C'est au chapitre xui que les Histoires mettent en scène Louis de Santangel. Ce chapitre porte en titre : Corne i Be Catolici mandarono dietro alV Ammiraglio , et gli concessero quel, che gli dimandava. C'est là que nous voyons jouer par Louis de Santangel le rôle qui, d'après les paroles mêmes de Colomb, appartient à Diego de Déza. L'auteur des Histoires, d'après sa méthode, développe et dramatise le sujet qu'il traite ; mais on chercherait vainement dans le récit des événements qui préparent l'acceptation des Rois le nom de Déza ou de tout autre protecteur. C'est Louis de Santangel qui a tout fait.

Nous ne nous arrêterions pas longtemps à la difficulté fort secondaire que peut apporter aux droits historiques de Déza raffirmation d'un ouvrage écrit un demi-siècle après les événements de la découverte et qui fourmille d'erreurs, voire même de mensonges, si le crédit des Histoires n'avait été très grand jusqu'à ces derniers temps, et si nous ne trouvions Toccasion, sans sortir de notre sujet, d'ajouter un nouvel argument à ceux déjà nombreux et

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peremptoires qui rejettent parmi les apocryphes le factum attribué à Fernand Colomb.

C'est à M. Harrisse que revient le mérite d'avoir relégué à sa place le livre des Histoires; et, dans l'œuvre sanitaire à laquelle s'est livré le savant américaniste, cette part, toute négative qu'elle paraît, ne sera pas la moins importante pour l'histoire authentique de Colomb et de la découverte. <i Frappé, écrit M. Harrisse, des contradictions et des erreurs dont les Historié fourmillent, nous fûmes amené à douter de l'authenticité de ce livre si vanté )) (1). Ces doutes furent successivement exprimés dans deux écrits (2). Dans le dernier surtout, M. Harrisse établit avec évidence que les Histoires doivent être consultées avec une grande circonspection et qu'en beaucoup de points leur témoignage est erroné. M. Harrisse avait même cru pouvoir révoquer en doute l'existence de l'original espagnol sur lequel aurait été faite la traduction italienne d'UUoa, publiée à Venise en 1571, et que seule nous

(1) Christophe Colomb, I, p. 108.

(2) D. Fernando Colon historiador de su padre. Ensayo critico. Sevilla, 1871. — Fernand Colomb, sa vie, ses œuvres. Paris, 1872.

possédons (1). Le savant critique faisait cependant ses réserves sur ce dernier point, à cause des résultats qui pourraient sortir d'un examen attentif de l'Histoire des Indes de Las Casas encore inédite. Ce résultat ne se fit pas longtemps attendre. Don A. M. Fabié, qui avait été chargé de préparer une introduction pour la publication de ['Histoire de Las Casas, finit par composer une vie du célèbre missionnaire (2). Il mit en évidence dans cet ouvrage Texistence d*un texte espagnol des Histoires, en se basant sur Las Casas, qui le cite fréqueuiment et l'a sous les yeux (3). M. Harrisse a reconnu le fait et l'a largement étudié dans le chapitre spécial qu'il consacre à ce sujet sous le titre de Historié, dans son Christophe Colomb, <( Nous reconnaissons en conséquence, dit-il, qu'avant 1551, voire même avant 1559, il y avait une Histoire relatant les

(1) Historié del Fernando Colombo, nelle quali s ha particolare e vera relatione délia vita e de fatti delVammiraglio D. Christoforo Colombo, suo padre, e dello scoprimento cKegli fece delVIndie occidentali, etc.. nuevamente di lingua spagnuola tradotte nelVitaliana dal sig* Alfonso Ulloa. Venetia, 1571.

(2) Vida y Escritos de Fray Bartolomé de Las Casas. Madrid, 1879, 2 vol.

(3) Ihid., t. I, p. 360-372.

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principaux faits de la vie de Christophe Colomb ; que cette Histoire était, dès cette époque, attribuée à Fernand, son fils, et que les Historié la reproduisent dans ses parties essentielles » (1).

Toutefois les Histoires ont été composées plus tôt que ne le pense M. Harrisse, non seulement avant 1561, mais bien avant 1559. Le prologue de ['Histoire des Indes de Las Casas est, en effet, de 1552, comme l'auteur le dit luimême (2), et non de 1559, comme le croit M. Harrisse. Or c'est dans les débuts de son ouvrage que Las Casas se sert des Histoires de Fernand: il les connaît donc dès 1552. Il s'ensuit que la composition des Histoires doit être placée après 1537, puisqu'elles discutent les Annales de Giustiniani, imprimées à cette date et avant 1552, où Las Casas les a entre les mains.

Nous n'avons pas à signaler ici les arguments par lesquels M. Harrisse a détruit en grande partie l'autorité usurpée des Historié, L'auteur reconnaît que, même après la forte critique qu'il a fait subir à cet ouvrage, il res-

(t) Christophe Colomb^ I, p. 115.

r2) mst. de las Indias, I, p. 29.

tera encore quelque chose à dire. « Pour que l'enquête fût complète, il faudrait prendre les Historié page par page, et en faire ressortir tous les anachronismes et les contradictions. MaU heureusement, nous ne pouvons en ce moment entreprendre un travail aussi complexe d (1). Ce que nous voulons, de notre côté, c'est apporter une nouvelle contribution à cette enquête; elle est d'ailleurs le corollaire naturel de cette étude.

Nous posons donc la question suivante : Fernand aurait-il pu taire le nom de Déza, s'il était l'auteur des Histoires: A cela nous répondons? Non.

Fernand a dû connaître le rôle joué par Déza lors de Tacceptation des projets de Colomb par la cour de CastiUe; en tout cas, il a connu indubitablement les services signalés rendus par Déza à l'Amiral pendant les dernière.années de sa vie. Or, sur l'un et l'autre point, les Histoires sont d'un mutisme absolu, alor> qu'elles auraient dû parler.

Nous avons vu plus haut que Fernand Colomb, en compagnie de son oncle Barthélémy, avait laissé son père à Séville, le 5 décem-

(1) Fernand Colomb, p. 68.

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bre 1404, pour se rendre à la cour, près de son frère aîné Diego, et Taider à régler les affaires de TAmiral. Fernand était dans sa dix-septième année. Colomb, dans ses lettres, recommande à Diego de bien tenir compte de lui : il a un bon naturel et n'a plus les goûts d\in enfant (1). Il lui rendra des services. Il est jeune, mais sa raison est déjà mûre (2). Fernand a donc connu parfaitement tout ce qui s'est passé concernant son père pendant les dernières années de sa vie. Colomb, en effet, vint rejoindre ses fils dès le mois de mai suivant, et ne se sépara plus d'eux jusqu'à sa mort.

Arrivé à la cour près de son frère, Fernand ne manqua pas de lire les lettres que son père adressait à son frère aîné. Une des premières qui lui passèrent sous les yeux, fut celle du 21 décembre, celle-là même où TAmiral dit à son fils de presser Diego de Déza pour qu'il s'informe si la Reine a fait mention de lui dans

(1) a De tu hermano haz mucha cuenta : el liene buen natural, y ya déjà las mocedades » (Navarre te, Colec, I, lettre du 1" déc. 1504).

(2) « Por mayor cumplimiento envio alla à tu hermana que bien que el sea nifio en dias, no es ansl en el entendimiento » (Navarrete, I, Mémoire de Colomb pour Diego),

son testament; que c'est Déza qui a été cause que Leurs Altesses possèdent les Indes, et que c'est lui qui l'a retenu en Castille quand déjà il partait pour aller à l'étranger. Cette révélation était assez grave pour que Fernand ne l'oubliât pas, au cas oii il l'eût ignorée jusqu'alors. Quand l'amiral écrit quelques jours après, le 29 décembre, il joint à son envoi une lettre pour Déza et recommande que son frère et ses deux fils en prennent connaissance (1). C'est Déza qui est en 1404 et 1405 l'intermédiaire constant entre le Roi et les fils de Colomb. Au mois de mai, l'Amiral arrive lui-même à la cour. Toutes ses espérance.comme nous l'avons vu, sont toujours placéesur Diego de Déza. Comment Fernand aurail il ignoré la place tenue par ce personnaij dans les négociations qui remplissaient à ce moment la vie de son père? Mais Déza, Feinand le connaissait depuis plusieurs années Nommé page d'Isabelle le 18 février 1498 (2 il avait été pendant quatre années consécutives au service de la Reine, en contact quoti-

(1) « Yole di unâ carta para le Sr. Obispo de Palencia vedla y veala tu tio y hermano y Carvajal » (NavarreU Coleciôn, I, p. 348).

(2) Harrisse, Fernand Colomb, p. 5.

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dien par conséquent avec le confesseur d'Isabelle, qui, lui aussi, était attaché à la cour et n'a pas laissé ignorer au fils de Colomb l'affection qu'il avait portée à son père et les services qu'il lui avait rendus. Nous savons par Las Casas que Déza aimait à rappeler ces souvenirs; et il n'en aurait rien dit à Fernand pendant les années où ils furent ensemble à la cour^ ou plus tard, quand l'un et l'autre se retrouvèrent à Séville? Quand, revenu des Indes, où il avait accompagné son père pendant son quatrième voyage, Fernand trouve Déza mêlé à tous les intérêts de son père comme chancelier de Castille, comment, jeune homme âgé de 18 ans, réfléchi et précoce, comme on nQu& le montre, comment aurait-il ignoré tout cela? Or, non seulement les Histoires ne connaissent pas le rôle de Déza au moment de la découverte, mais elles lui substituent arbitrairement un personnage qui n'y a aucun titre. Que si, à la rigueur, on veut que celte part de la vie de TAmiral ait échappé à la connaissance de son fils, comment peut-il en être de même en ce qui regarde les dernières années de la vie de Colomb, remplie par les événements dont ont été témoins ses entants? Si quelque chose doit être présent à la mémoire de Fernand, ce sont

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