‹ Les dominicains et la découverte de l'AmériqueChapitre 7 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ENSEIGNEMENT d'aLBERT LE GRAND SUR l'ÉTEN- DUE QUI SÉPARE LES COLONNES d'hERCULE DES INDES.

L'antiquité ne s'était pas tenue aux seules idées d'Aristote touchant la forme et Thabitabilité de la terre. Strabon, à ce point de vue, peut prendre le titre de chef d'école, encore que sa théorie ne dût pas avoir la même forlune que celle d'Aristote. Au lieu de voir, comme ce dernier, dans l'œcumène, ou monde connu des anciens, une étendue suffisante pour recouvrir la plus grande partie du globe terrestre dans le sens des longitudes, Strabon divise artificiellement et sans raison scientifique bien apparente la superficie terrestre par deux bandes océaniques perpendiculaires, correspondant, Tune à l'équateur, Tautre à un méridien, et formant en consé-

08 LES D0MIN1,CAINS

quence quatre sections terrestres, opposées et symétriques. L'œcumène, le monde des anciens, occupait un seul des deux segments de l'hémisphère boréal (1).

La conséquence de la théorie de Strabon était un changement profond dans la proportion établie par Aristole entre l'œcumène et la superficie totale de la terre : elle ouvrait un espace immense dans l'hémisphère nord entre les Colonnes dHercule et les Indes, là même où le chef du Lycée n'avait vu qu'un océan dont les rivages étaient assez rapprochés; elle substituait enfin une vaste région habitable à la surface mobile des eaux.

La conception de Strobon ouvrait le champ aux fictions de la poésie et aux hypothèses d'une science encore peu sûre d'elle-même. On discuta dès loi^s l'existeuce des antipodes et leur habitabilité. On retrouve plus ou moins nettement l'influence de Strobon dans le Songe de Scipion de Cicéron et dans le commentaire que Macrobe en a fait. Nous ne croyons pos cependant que l'action de Strabon fat bien profonde chez les anciens. Un encyclopédiste de la valeur de Pline iijnore l'œuvre du célèbre

(1) Vivien de Sainl-Martin, p. 109.

El J>A DÉCOUVERTE DE l'aMÉRIQUE 69

géographe, et le premier Sénèque en est toujours à la conception d'Arislote : Posl omnia Oceamis, post Oceanum nihiL

Cependant ce système de la division de la terre en quatre segments se retrouve d'une façon précise chez Guillaume de Couches au xu® siècle et chez Gautier de Saint- Victor dans la seconde moitié du même siècle (1). Mais cette théorie n'eut pas de suites : le mouvement aristotéhcien l'emporta et la fit disparaître.

Aussi est-ce bien à tort que l'on a voulu voir dans Roger Bacon un défenseur des antipodes, affirmant l'existence d'un continent interocéanique analogue à l'Amérique. Cette opinion repose sur une fausse intelligence des paroles de Bacon. Souvent, hélas ! à la base des admirations et des dénigrements du moyen âge, il y a l'ignorance du latin. Bacon n'a pas d'autres idées sur la question qui nous occupe que celles d'Aristote. Répondant aux anciens, qui avaient affirmé que la terre habitée n'occupait que le quart de la superficie du globe, pendant que les eaux recouvraient les trois autres quarts, il répond, pour réfuter cette opinion.

(1) Jourdain, de VInfluence d\4.ristote et de ses interprètes sur la découverte du Xouveau Monde. Paris, 1861, p;8.

que « le prétendu quart habité s'étend en grande partie au dessous de la terre par opposition à nous, parce que la mer qui sépare ses extrémités de l'autre côté est petite : c'est pourquoi cet espace {habilaiio) entre l'orient et Toccident n'égale pas la moitié du cercle équinoxial, ni la moitié de la circonférence terrestre. Quelle est cette étendue véritable? On ne Ta pas aiesurée de notre temps, et nous ne trouvons rien de sûr à ce sujet dans les livres des anciens. A cela rie;n d'étonnant, puisque nous ne connaissons pas la moitié même des régions que nous habitons. Il est donc manifeste que des extrémités de l'occident à celles de l'orient, de notre côté, l'étendue est plus de la moitié de la terre d (l).

(1) « Jam patet quod mullum de quarta illa sub noslra erit habitalione, propter hoc quod principia orienlis et occidentis sunt prope, quia mare parvum ea séparât ex altéra parte terrse, et ideo habitatio inter orientem et occidentem non erit medietas œquinoctialis circuli, nec medietas rotunditatis terne. Quantum autem hoc sit, non est temporibus noslris mensuratum, nec invenimus in libris antiquorum, ut oportet, certificatum ; nec mirum, quoniam plus medietatis lerrae, inqua sumus, nobis ignotum. Manifestum est igitur quod a fine occidentis usque ad flnem Jndise supra terram erit longe plus quam medietas terrae » {Opus majus: Londini, 1733, p. 124). C'est ce texte que P. d'Ailly a transcrit littéralement dans son Imago mundi.

ET LA DÉCOUVERTE DE l' AMÉRIQUE 71

On le voit, ce sont les idées d'Aristote, avec ce qu*elles conserveront d'erroné jusqu'au temps de la découverte de TAiriérique. Mais parce que Bacon a qualifié l'étendue de l'océan Atlantique du titre vague de habitatio, alors même que ce mot ne peut pas avoir d'autre sens que celui de ce lieu ï> ou d' « espace d, puisque suivant lui il n'y a qu'une petite mer entre les extrémités du monde connu, on a traduit par « habitation », ou «. continent d, malgré le contresens qu'on infligeait au texte même et aux idées de Bacon. On a transformé finalement cette faute de grammaire en « intuition scientifique », et Ton a déclaré que (c le Docteur admirable, comme Tavaient si bien surnommé ses contemporains, eut en effet la gloire d'affirmer hardiment que, d'après les lois de la nature, une grande terre inconnue devait exister en Occident d (l). Tout cela pour un solécisme 1

Dans son commentaire du Ciel et du Monde, Albert le Grand semble avoir partagé l'opinion d'Aristote sur la proximité de l'Europe et des Indes. Cependant il ne devait pas s'en tenir là; et il est du plus haut intérêt de connaître

(1) Gafïarel, Ilist. de la dècouv. de l'Amer. y I, p. 188.

les vues personnelles qu'il expose dans son traité de la Nature des lieux. Cet écrit est, dans le sens le plus large du mol, un traité de géographie. Division de la terre en divers climats, relalation entre les climats et leurs productions, distribution des mers et des continents à la surface du globe, énumération des grandes cités et des pays connus : telles sont les principales questions examinées par Albert.

C'est dans cet ouvrage que le grand naturaliste nous donne son véritable sentiment sur les antipodes. Quand il commente Aristote, non seulement Albert ne substitue pas sa pensée à celle d'Aristote, mais il va même, comme il le dit expressément, jusqu'à taire ses opinions personnelles, quand elles pourraient différer de celles du Maître (1). Aussi sa méthode comme commentateur est-elle véritable-

(1) «Expletum est totum opus naturarum, in quo sic moderamen lenui, quod dicta Peripateticorum, prout molius potui, exposui : nec aliquis in eo potest deprehendere quid ego ipse sentiam in philosophi;j nalurali : sed quicumque dubitat, comparet hœc quro in nostris libris dicta sunt dictis Peripateticorum, et tune reprehendal. vel conscntiat, me dicens scientiic ipsorum fuisse interprctem et expositorem : si autem non legens et comparans reprehenderit, tune constat ex odio eum reprehenderc, vel ex ignorantia : et ego talium hominum parum

ET LA DÉCOUVERTE DE L'aMÉRIQUE /O

ment objective, et les critiques que Ton a faites contre lui et saint Thomas d'Aquin, touchant l'interprétation personnelle qu'ils ont pu donner de la doctrine d'Aristote, reposent d'ordinaire sur des a priori peu justifiés.

Cela est particulièrement manifeste dans le cas présent. Dans son commentaire du Ciel et du Monde, Albert expose simplement l'affirmation d'Aristote louchant le peu de distance qui séparerait les Colonnes d'Hercule des Indes orientales. Saint Thomas l'imite, mais en émettant un doute, à cause de Tinsuffisance de la preuve alléguée. En reprenant la question pour son propre compte, Albert s'éloigne très franchement des idées d'Aristote, et il nous expose des vues fort remarquables par leur justesse et la prudence scientifique dont elles sont empreintes.

Le chapitre xii du de Nalura locorum porte

euro reprehensiones » {Opéra, t. XII, de Animalibus, p. 582)

« Physica tantum suscepimus dicenda, plus secundum Peripateticorum sententiam prosequentes ea quc-e intendimus, quam etiam ex noslra scientia aliquid velimus . inducere : si quid enim forte proprjse opinionis haberemus, in theologicis magis quam in physica, Deo volente, a nobis proferelur » {Opéra, t. IX, de Somno et Vigiha, p. 195).

en litre : De la nature et de la disposition de r hémisphère inférieur (1). C'est là qu'Albert nous expose ses vues : « Maintenant, dil-il en commençant, nous avons à nous occuper de l'autre moitié de la terre, celle qui se trouve dans l'hémisphère inférieur. Les philosophes ont, sur ce sujet, des opinions fort diverses, et même contradictoires. D'ordinaire ils enseignent que personne n'a pu passer de nos régions dans l'autre hémisphère. Mais cela tient à ce que tous ceux qui ont fait des observations sur les différents lieux de la terre et sur les astres, ont opéré dans l'hémisphère supérieur. Cela est surtout manifeste dans leurs écrits sur les éclipses lunaires.

« Une éclipse de lune a lieu en effet pour toute la terre de la même manière et au même moment. Les philosophes qui se sont trouvés sur des longitudes diverses, ont noté l'instant de l'éclipsé, et nous ne croyons pas que la différence extrême entre les observations des uns et des autres dépasse jamais douze heures. Gomme à chaque heure correspond un mouvement de 15* du ciel, il s'ensuit qu'en douze heures le ciel aura accompli une

(1) Opéra, t. IX, p. 552.

ET LA DÉCOUVERTE DE l'aMÉRIQUE 75

révolution de ISO*'. C'est juste la moitié de la sphère céleste à laquelle correspond une moitié de la terre. La conséquence est donc que les divers observateurs des éclipses de lune ne peuvent êlre séparés les uns des autres par plus de la moitié de la terre. Par exemple, si pour un habitant de TOrient une éclipse de lune a lieu à la première heure de la nuit, pour un habitant de TOccident il y aura douze heures de différence. De là les philosophes ont conclu qu'il n'y a d'habitants que sur une moitié de la terre.

« La presque totalité des mathématiciens est de Tavis des philosophes, et soutient que l'hémisphère inférieur n'est pas habité. Il est clair, disent-ils, que la masse de l'eau est plus considérable que celle de la terre. Il faut donc qu'une partie de la terre soit entièrement submergée, de même que nous voyons Tair entourer la terre et Teau. Or, comme la terre n'est pas recouverte par l'eau dans notre hémisphère, il semble qu'il faille accorder qu'elle l'est dans l'hémisphère opposé d.

Cette conclusion, Albert ne l'admet pas.

Il expose d'abord les trois raisons présentées par l'antiquité pour étayer la négation des antipodes.

70 LES DOMiMCcViNS

Les uns disent que pour les antipodes le mouvement du ciel est interverti, puisqu'ils ont leur orient où nous avons notre occident; or, comme le ciel préside par son mouvement à toute génération, il ne peut remplir efficacement ce rôle pour l'hémisphère inférieur. Aussi Pythagore avait-il mis en cet endroit le séjour des damnés.

D'autres affirment que le volume des eaux est quatre fois celui de la terre, ce qui implique que plus delà moitié de cette dernière soit couverte par les mers.

Enfin, Hésiode déclare ce lieu inutile, parce que personne n'aurait pu y aller. Or, comme nous descendons d'un seul homme, si l'humanité avait été créée là-bas, elle n'aurait pu venir où nous sommes. Mais de fait nous savons que les hommes ont été établis dans notre hémisphère, là où ils se trouvent présentement : ils ne sont donc pas en un autre lieu.

A la suite de ces objections, qui nous montrent comment l'esprit humain, en l'absence des procédés rigoureux de l'observation et de l'expérience, cherchait à étreindre les problèmes scientifiques avec des raisons de convenance ou des inductions sans portée, Albert rapporte l'opinion d'Albumasar et de ses adep-

KT LA DÉCOUVERTE DE L'aMÉRIQUE 77

les, et c'est avec elle qu'il entre dans l'exposition de ses propres idées. La terre est habitable dans l'héniisphère inférieur comme dans le nôtre. Le soleil doit dessécher les parties terrestres voisines de Téquateur, sur lesquelles ses rayons tombent perpendiculairement. Les parties plus éloignées doivent être plus riches en eau.

Passant à l'examen des trois objections susmentionnées, Albert répond à la première en faisant observer que la droite et la gauche, l'orient et l'occident, sont des termes relatifs ; que l'ordre des mouvements célestes est pour l'autre hémisphère une réalité identique à ce qui se passe dans le nôtre, et que, conséquemment, l'objection de Pythagore est absolument nulle (1).

Pour ce qui est de la seconde, il est on ne peut plus incertain que la masse des eaux soit plus considérable que celle de la terre. Il y a d'ailleurs de nombreuses causes qui peuvent modifier la masse aqueuse, à cause de la facilité que cet élément a de se transformer. Cette observation d'Albert est très plausible ; mais

(1) « Etideo ralio Pythagorre nuUa est omnino » (Op, cit., p. 554).

on voit qu'il n'imaginait pas la proportion dans laquelle se trouvent la masse d'eau stable et celle qui est transformée par Tévaporation et les autres causes naturelles.

« Quant à Tobjeclion, dit-il, tirée du fait qu'aucun des habitants de l'hémisphère inférieur n'est venu jusqu'à nous, on ne peut pas en induire qu'il n'y a pas d'habitants, mais simplement que l'étendue de l'océan qui entoure ces terres ne permet pas de la franchir par la navigation. Si toutefois on a franchi cet espace, c'a dû être sous la zone torride, puisqu'il semble que là les rivages doivent être plus rapprochés )) (1).

Rien n'est plus sensé que ce jugement touchant la dilTiculté d'atteindre les terres de l'autre hémisphère. Pour ce qui est de l'affirmation que les côtes les plus rapprochées entre ce monde inconnu et l'ancien sont sous la zone

(1) « Quod autem ad nos non pervenit aliquis de habitatoribus inferioris hemisp!)cerii,non est ex hoc, ut indu- CLint, quianuUus ibi habitat: sedpotius quantitas oceani interjacentis undique circa terram per circuitum, quod propter nimiam distaniiam locorum suorum transnavigari non potest. Si autem in aliqua parle transnavigatum est, hoc est sub torrida : quia ibi secundum naturara littora ejus sunt magis stricta »•.

ET LA L)ÉCOUVERTE DE l'aMÊRIQUE 79

torride, il y a là comme un acte de divination. Toutefois ces sortes de choses ne doivent pas être jugées par leur valeur absolue, mais par la valeur des arguments qui leur ont servi d'appui. La double base de l'induction d'Albert ^ est certainement dans la. connaissance du renflement de la partie occidentale du nord de l'Afrique et dans l'observation présentée plus haut, à savoir que, l'intensité solaire sur la zone lorride étant à son maximum, cette partie doit être la plus desséchée, et la partie solide de la croûte terrestre mise plus à nu que sous les régions polaires, d'où le rapprochement des continents vers la région équatoriale. A ce dernier point de vue, on voit qu'il restait encore beaucoup à apprendre à Albumasar et à Albert le Grand sur les mouvements de l'écorce terrestre, sur les irrégularités de son émergence, et sur l'équihbre établi entre ces immenses vases communicants qui ont nom les mers et les océans.

« Quant à ceux, poursuit Albert, qui s'imaginent que les hommes ne peuvent pas habiter l'autre hémisphère, parce qu'ils tomberaient de terre, il ne faut pas en tenir compte. C'est une ignorance vulgaire de dire que ceux qui ont les pieds opposés aux nôtres doivent

tomber. Le bas ne doit pas s'entendre par rapport à nous, mais d'une façon absolue, parce que cela est en bas qui est tiirigé, en quelque point que ce soit, vers le centre de la terre » (1).

Finalement Albert conclut : <c Si donc n^U3 voulons suivre les hommes qui ont été profondément versés dans la philosophie, nous dirons que l'hémisphère inférieur est distribué comme l'hémisphère supérieur : il doit y avoir des régions inhabitables, soit à cause du froid, soit à cause de la chaleur. Quant aux régions habitables, elles se divisent par climats, comme chez nous ; et il doit en être ainsi suivant Tordre naturel des choses 2> (2).

(1) « Nec sunt audiendi qui fingunt ibi homines habitare non posse, eo quod caderent a terra si ibi habitarent : dicere enim eos cadere qui pedes habent ad nos, vulgaris imperitia est : cum inferius mundi non sit acceptum quoad nos, sed simpliciter, ita quod simpliciter inferius est, et ubique vocatur versus terrse centrum » (p. 554).

(2) « Si igitur dictis viris qui valde probati fuerunl in philosophia, consentiamus, tune dicemus inferius hemisphîerium omnino dividi, sicut superius divisuin est, et habere regiones inhabitabiles propter frigus, et inhabitabiles propter calorem, et rcgionem habitabilemdislingui per climata, sicut nostra distincta est : et hoc quidem secundum contingentiam naturalis dispositionis » (p. 554).

. LA DÉCOUVERTE DE l'aMÉRIQTJE ^ !

C'est par analogie qu'Albert pensait que la !ie torride était inhabitable dansThémisphèro férieur. Les anciens la voyaient dépourvue habitants dans le nôtre, et les déserts bru- Mts de l'Afrique avaient longtemps arrêté ieurs tentatives d'exploration. Les mythes les plus étranges s'étaient formés sur l'habitabilité de ces régions désolées, et beaucoup oyaient qu'on ne pouvait les franchir. Albert ne partage pas ce dernier préjugé. (( Je crois, dit-il, qu'il est difficile de traverser ces espaces, mais cela n'est pas impossible. La •difficulté vient de ce que ce sont de vastes déserts de sable, stériles et brûlés par le soleiL C'est à cause de cela qu'il y a si peu de communication entre les hommes qui sont tout à fait au sud de ces régions et nous qui sommes au nord » (1).

Tel est en abrégé, mais avec sa physiono- ■tie précise, renseignement d'Albert le Grand

(1) « In omnibus credo iiis verius esse, quod difficilis f:it transitas et non impossibilis : et hoc propter vastam

arenosam, f remum, q.uas adustione solis sterilis est : ei ideo sine longiludinis viatione transiri non potestret hanc esse causam existimo, quare parva est comraunicalio hominum ultra œquinoxialem existentium in climalibus meridionalibus, cum his qui nobiscum habitant ia quarta acquilonari » (p. 545).

DQM, ET AM. — 6

et de saint Thomas d'Aquin. Depuis le moyei âge, où les idées relatives à la sphéricité de la terre et à l'habitabilité de ses diverses parties firent leur entrée dans la société chrétienne, jusqu'à Christophe Colomb, rien de plus sensé et de plus vrai ne devait être dit.

La démonstration de la sphéricité de la terre, qui était à la base de toutes les autres questions, était établie avec une ampleur et une précision de termes qui satisfaisaient aux exigences scientifiques les plus rigoureuses. Entin et surtout, les vues d'Albert le Grand sur les conditions de l'hémisphère inférieur atteignent une approximation de vérité qui étonne.

Page 1