Mortier P. Les Maîtres généraux, Paris, Picard
ment ecclésiastique. A partir de la fin du XIII® siècle, nous voyons s'élever "de tontes parts des maisons d'études ordinaires destinées à l'enseignement des arts, des sciences naturellei^ de la Théologie; puis, pins clairsemées, mais non moins bien organisées, des maisons d'études spéciales — Studia solemnia — pour un enseignement plus élevé, nous dirions aujourd'hui, un enseignement d'école normale. En outre, l'Ordre mit la main à rétablissement de maisons d'études générales — Studia generalia — dans les principaux centres universitaires tels (jue Paris, Bologne, Oxford, Montpellier, etc. On y distribuait le haut enseignement théologique, et les religieux étudiants qui s'y rendaient, assez tard d'ordinaire, même après avoir déjà enseigné à Paris ou ailleurs, y recevaient les grades de la maîtrise en théologie. Enfin, ceux des Frères qui se sentaient du goût pour les langues grecque, hébraïque et arabe, ou qui étaient appelés dans les missions, et que leur ministère mettait en contact avec les Grecs et les Musulmans, avaient l'avantage de pouvoir suivre cet attrait, et se préparer à ce ministère de dévouement. Des écoles spéciales furent fondées dans ce but, particulièrement en Terre-Sainte (1).
Il n'y a donc pas de doute à avoir sur le rôle doctrinal de l'Ordre à son origine. Reste à savoir comment, alors et depuis, il s'est acquitté de sa sublime fonction; s'il a été au service de la société chrétienne un bon organe, assez fort pour s'assimiler tous les éléments et les aliments intellectuels à sa disposition, en îait de personnel et de science; assez souple pour les adapter à toutes les cir-