‹ Les dominicains, leur raison d'êtreChapitre 8 sur 35 · QuÉTiF-EcHARD. Scrîpt. Ord. Prœdlc. Edit · texte numérisé non relu

QuÉTiF-EcHARD. Scrîpt. Ord. Prœdlc. Edit

d'Aristote, et toute la Somme de saint Thomas, et en même temps d'être Cardinal, Nonce, et Maître général de son Ordre.

Entre saint Thomas et les interprètes actuels de sa pensée dans l'Ordre, nous ne voyons donc pas qu'il y ait jamais eu de solution de continuité. Les Dominicains d'aujourd'hui, comme ceux d'autrefois, et par eux^ restent les héritiers directs de la pensée de leur Maître, nonobstant certaines divergences de détails, qni n'entament pas le fond de la doctrine. J'en conclus que, du point de vue théologique et philosophique, leur rôle social n'est pas terminé. Bien au contraire, après les admirables encycliques de Léon XIII et de Pie X, proclamant saint Thomas patron de toutes les écoles et Universités catholiqpies du monde, il apparaît clairement que la Doctrine du grand docteur n'a pas diminué d'importance, et que, plus que jamais, pour l'interpréter authentiquement et l'approprier aux exigences scientifiques modernes, les fils de Saint-Dominique ont leur raison d'être, qui est au demeurant une raison de famille (1).

La Théologie et la Philosophie, pas plus que l'Ecriture Sainte et les sciences annexes, n'ont épuisé la sève intellectuelle de l'Ordre. Ce qui est vrai, c'est que les dominicains se sont surtout occupés de Théologie et de Philosophie. En plus des 179 commentateurs de saint Thomas, dont je parlais à l'instant, Echard a compté dans l'Ordre, et il est cependant bien incomplet, 152 commentaires du Maître des Sentences, 202 ouvrages de Théologie morale; 291 de Philoso phie; 156 de polémique contre les Protestants (2).

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