‹ Les dominotiers de Dantan, jeuneChapitre 2 sur 7 · VI • ■ O · texte numérisé non relu

VI • ■ O

Le bon Dieu l’a nommé Deschamps !

Jeune, il a pris la clef des champs;

Et courant à tout bout de champs Accompagné de chiens couchants,

Il s’en est allé battre aux champs.

En Afrique, où prenant son champ 11 a brossé plus d’un méchant Béni Zoug-Zoug, filant... son champ.

Le bon Dieu l’a nommé Deschamps!

Dieu nous préserve de ses chants !

De ses barbouillages de champs !

Et des deux crocs se desséchant.

Oui de ses lèvres vont penchants Et balaieraient fort bien trois champs ! Le bon Dieu l’a nommé Deschamps!

Nous connaissons ses bons penchants; Et l’aimons surtout, empêchant Que des maladroits en pêchant S’offrent en appas alléchants Aux poissons, qui ceci sachant, Haïssent fort l’ami des champs !

Le bon Dieu l'a nommé Deschamps!

Son patron, dit-on, sur un gril Fut mis jadis en grand péril ;

Mais par un étrange contraste,

A tous nos joueurs, sort néfaste,

C’est saint Laurent toujours qui les met sur le gril.

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En Europe, ou bien en Afrique,

Dans l’Asie, ou dans l’Amérique,

Sur terre, en enfer, même aux cieux Si pleins d’objets miraculeux ,

Il ne serait rien, je ne sache , D’aussi grand que cette moustache, Par la cire étalée au loin ,

Si Dieu — merveille sans égale ! — N’eût senti qu’il était besoin De créer cette impériale !

Certain matin, chez une belle,

À ses vœux, quelque peu rebelle;

Il en fut une hélas! dit-on..!

On parlait de ce pauvre Edmond,

On vantait sa vue excellente.

Quoi? dit la Lucrèce méchante,

Il y voit mieux qu’un autre, soit..!

Mais il ne faut pas qu’il s’en vante, On le voit trop , si trop il voit !

xvir.

Ardent de tête, ardent de cœur,

Il se montre plein de chaleur,

Quoiqu’il médite, ou quoiqu’il fasse, Ses cheveux sont châtains... Pourtant, Que ce miracle est surprenant..!

Oui O! comme un véritable ours blanc, Il naquit au milieu des glaces.

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