‹ Les dompteurs de la merChapitre 13 sur 46 · I.\ MORT QUI PARLE. / S · texte numérisé non relu

I.\ MORT QUI PARLE. / S

mais celui-ci, plongé dans les délices de Brattehilde, refusa de prendre part aune seconde expédition.

Cependant, au printemps de Tannée 1002, un navire que son maître avait baptisé le Vin la ml, mit à la voile pour cette bienheureuse colonie. Il était commandé par Thorvalcl, auquel s'étaient joints de hardis pionniers, avides de conquêtes, et plusieurs anciens compagnons de Leif, entre autres Anlaf, qui avait soif de brise tiède et de vin nouveau.

On retrouva facilement Leifs-Budir, qui s'était accru sous l'impulsion de ceux qui s'y étaient établis. Ils avaient étendu le cercle de leurs explorations et défriché les terrains fertiles qui avoisinaient les baraquements. Quant au vin, il avait été, la saison précédente, si abondant et si délicieux, que l'Allemand Tyrker en était mort, consumé comme une torche vivante. Heureusement il avait formé de bons élèves, ce qui permit à Thorvald et à ses compagnons d'apprécier, en connaissance de cause, les mérites et les vertus charmeresses du précieux nectar.

L'été et l'hiver qui suivirent se passèrent en libations; mais, au printemps de 1.003, Thorvald,

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retenu par une fièvre maligne, Û1 opérer une reconnaissance au sud du Vinland. Ses hommes virent une belle contrée, couverte de forêts qui

n'étaient séparées du rivage que par une étroite bordure de sable blanc. La mer, émaillée d'il

qui ressemblaient à des bouquets fleuris, formait une rade immense, sur laquelle le navire glissait, rapide et gracieux comme le cygne, dont il avait la forme. Au delà, vers l'Occident, s'étendait une île (probablement Long Island). Les Normands y firent une descente, et, y trouvant de tout en abondance, ils chargèrent le Vinland de bois, de peaux et d'épices qui grossirent le stock des marchandises accumulées à Leifs- Budir.

L'été suivant, Thorvald, revenu à la santé, prit la direction d'un nouve.au voyage de découverte. Cette fois on fit route vers le nord, avec l'intention, quand on toucherait au cap entrevu par Leif, lors de son arrivée dans la contrée, de pointer à l'ouest pour reconnaître de ce côté la terre ferme.

L'expédition s'annonçait sous les meilleurs auspices, lorsque, à la hauteur de ce môle, une violente bourasque s'éleva. Le Vinland, fin cou-

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