LE ROC DE DIGHTOX
Inscription retraçant les événements ci-dessu3 et confirmant la Saga
Nous avons dit que les morts et les pierres avaient parlé. Les morts : c'est Thorvald, au cap des Croix; c'est un autre guerrier retrouvé dans les mêmes conditions près de Thorfinn's-Budir. Les pierres, c'est, de-ci de-là, une inscription, un signe, une figure. Elles sont toutes d'un intérêt historique considérable; mais aucune n'est plus probante et plus complète que celle qui s'élève sur la rive droite de la rivière Cohannet, ou Taunton-River, territoire de Berkeley, comté de Bristol, état de Massachusetts, sous 41° 45' 30" de latitude nord , un peu au-dessus de Thorfinn's- Budir.
On l'appelle dans le pays le Roc de Dighton, parce que c'est de la ville de ce nom qu'on vient
habituellemenl la \ Isiter. CTest un bloc de gneiss, de quatre mètres de base sur un mètre soixantedix de hauteur, de formée peu près pyramidale,
faisant face au nord-ouest et présentant, du côté delà rivière, un plan incliné. On l'aperçoit de loin, car il est d'un grain tout particulier, pourpre
au sommet, rougeàtre au milieu, vert à la base. Et c'est sans doute à cause de ces particularités que Thorfinn et ses compagnons le choisirent pour y tracer leur histoire.
On y voit des caractères bizarres, auxquels se mêlent des personnages plus bizarres encore, le tout gravé à un tiers de pouce de profondeur. Sa découverte, qui eut lieu en 1680, émut le monde savant en Europe. Toutefois, sur les reproductions qui en furent publiées, nul ne découvait trace d'un langage hiéroglyphique connu. Ce ne pouvait être non plus un monument d'origine indigène, à cause de certains détails et surtout de chiffres romains très apparents. Enfin, soumis à l'examen d'archéologues danois, il finit par livrer son secret. Les caractères sont des runes Scandinaves qui, mêlées aux chiffres romains, forment cette inscription bien nette et bien précise :