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CHAPITRE XVIII

En 1261, la Norvège prépare la réunion à la couronne dos Etats Scandinaves d'outre-mer. — La Dîme romaine est établie au Vinland en 1279 ; il la pa}*ait encore en 1307. — La peste. — Les pirates. — La reine Marguerite de Waldemar porte le dernier coup à l'existence des pays d'outre-mer. — En 1389, les derniers colons abandonnent la partie, et, bien réduits par des calamités de toutes sortes, reviennent en Europe.

Rome, cependant, ne perdait pas de vue les colonies américaines, et, pour s'y mieux ancrer, après la mort d'Erik Upsi, qui avait été suivie d'un temps d'arrêt où la cohésion établie par cet habile organisateur menaçait de péricliter, la papauté se servit de la Norvège, à laquelle elle s'efforça de montrer tous les avantages qu'elle pouvait tirer de ces riches colonies en se les annexant définitivement.

Le vieux roi Hakon IV, tout à la dévotion du Souverain-Pontife, qui lui avait envoyé un car-

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ri inal-légat chargé de parachever en son royaume l'œuvre d'assimilation chrétienne, s'empressa de répondre au désir du perspicace Rainaldo de Segni, connu dans l'Histoire sous Le nom d'Alexandre IV. Pour mieux entrer dans vues, ce fut un prince de l'Église, l'évoque Olaf, qu'il chargea, en Tannée 1261, de préparer la réunion à sa couronne des états Scandinaves d'Outre-Mer.

Ce prélat s'acquitta consciencieusement de sa mission. Il profita de sa qualité pour faire, du même coup, une propagande active en faveur de l'expédition d'Egypte que le roi de France Louis IX préparait de longue main, bien qu'à peine échappé de Damiette. Il fit des prosélytes, servit le programme politique du roi de Norvège, et, aussi, rapporta de son voyage des indications propres à favoriser l'établissement de la Dîme dans ces lointaines provinces.

Ce renseignement ne fut point perdu. Par lettre, expédiée de Viterbe et portant la date du 4 décembre 1276, le pape Jean XXI chargeait, en effet, l'archevêque Jon d'organiser le service des revenus transatlantiques. Mais ce prélat, déjà vieux, ne se souciait guère de s'expatrier,

et en des conditions pareilles. Il pria donc le Saint-Père de lui épargner un si long et périlleux voyage et se contenta d'envoyer à sa place « une sage et discrète personne » recueillir les dîmes et les commutations de vœux, tant dans Févêché de Gardar que dans les terres et îles voisines.

Trois ans après, cette « sage et discrète personne » revint avec un chargement de bois précieux, de fourrures et de fanons de baleine. C'était la cotisation des Groenlandais et des Vinlandais réunis. Elle se continua, de dix ans en dix ans, jusqu'en 1307, époque à laquelle les dîmes du Vinland cessent brusquement de figurer sur le produit des collectes pontificales, tandis qu'en 1 118 le Groenland payait encore annuellement au Saint-Siège, à titre de Dîme et de Denier de Saint-Pierre 2,600 livres de dents de morse.

Que s'est-il passé durant cette période? Des combats sanglants ont eu lieu avec les Skrellings, qui, refoulés du Sud, remontent vers le Nord. Les colons vinlandais en ont cruellement souffert; leurs rangs se sont éclaircis; leurs établissements sont ruinés, saccagés, détruits pour

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longtemps. Toutefois, après le dépari de cea parasites, le commerce reprend. Américains Européens du Nord se livrent â un véritable

chassé-croisé. Leurs navires sillonnent l'Océan. Jamais ère commerciale ne s'annonça si pi père.

C'est alors que soudain un môme fléau s'abal sur les deux continents, de 1317 à 1351. En Europe, la peste noire décime les populations; en Amérique, elle les anéantit presque entièrement.

Puis surgissent des nuées de pirates, qui, chassés à outrance de Norvège et d'Islande, détruisent la colonie du Groenland, déjà languissante derrière son mur de glace, qui, de siècle en siècle, s'amasse autour de cette terre, aujourd'hui délaissée, l'enserre, la refroidit et tend à l'isoler du reste du monde. De là, ces écumeurs de mer s'élancent, par la route classique de Terre-Neuve et du Markland, vers les établissements du Vinland et de ses annexes, et, sans vergogne comme sans utilité, ils les pillent, pour l'amour du pillage.

Enfin, il était réservé à la mère patrie, à la Norvège elle-même, de porter le coup suprême à ses enfants d'outre-mer. La dynastie des Folkungs venait de s'effondrer, et la reine Margue-

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