CHAPITRE III
LEIF ERIKSON.
Le fils d'Erik, Leif, retrouve Bjarn à, la cour de Norvège, et lui propose de rechercher les terres entrevues par lui.
L'an Mille s'approche. Quatorze ans se sont écoulés depuis l'expédition de Bjarn Heriulfson. Cependant la vision de la terre au doux climat, des plages baignées de lumière et des collines aux forêts pleines de mystère, a laissé des traces profondes parmi les habitants du Groenland.
Leif surtout, Leif, le second fils d'Erik-le- Rouge, devenu homme, plein d'ardeur, et curieux par nature, a l'esprit frappé de cette découverte. Il voudrait reprendre pour son compte l'aventure commencée; mais il est inexpérimenté dans l'art de la navigation, et les pilotes qu'on trouve au Groenland bornent leur science maritime aux incidents prévus du trafic entre leur pays et L'Islande.
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Pour faire Bon apprentissage, Leif Erikson gagna d'abord cette lie, alors dans toute sa prospérité; puis il se rendit en Norvège, la nière patrie, malgré tout, et qui, seule, produisait les bons navires et les bons matelots.
Là, son rang le fit admettre à La cour. L différends du passé s'étaient apaisés. En grande partie, la noblesse, assagie; disciplinée, formait cortège au pouvoir royal. Hakon, devançant Louis XIV, avait rempli sa résidence de Nadiros de seigneurs couverts de charges, d'emplois et de faveurs, mais dénués de toute autorité. Son successeur, Olaf Tryggvason, avait suivi le même système, et tout eût marché à souhait, si la question religieuse ne s'en fût mêlée.
Hakon s'était déjà laissé toucher par la morale chrétienne. Élevé dans la nouvelle religion, à la cour d'Athelstane, roi d'Angleterre, il avait ramené de ce pays quelques missionnaires, avec l'intention de les protéger pour la propagation de leur foi. Et, en effet, aussitôt revenu dans ses États, il avait convoqué une assemblée nationale, où, se levant, et, d'un verbe haut, il avait déclaré à tous, « riches ou pauvres, nobles, paysans ou serfs, jeunes ou vieux, hommes ou