LEIF EH1KS0N
femmes », que sa volonté était qu'ils fussent baptisés et qu'ils eussent foi, jusqu'au dernier, dans un seul Dieu, « le seul vrai, le fils de Marie, mort pour nos péchés ».
Comme on peut le penser, cette proposition ne fut du goût ni des jarls, c'est-à-dire des nobles, ni des prêtres, ni du peuple. Des murmures éclatèrent de toutes parts dans l'assemblée, qui, par la bouche du plus illustre de ses membres, fit connaître au roi son mécontentement et sa résolution bien arrêtée de l'abandonner et de le remplacer par un autre chef s'il ne renonçait à ses projets.
Hakon dut courber la tête devant cette menace; mais, sourdement, il lutta contre ce qu'il appelait un acte insolent de rébellion. Dans les sacrifices qu'il présidait, il faisait le signe de la croix, tout en consacrant aux dieux de la Walhalla les cornes à boire et les coupes sacrées; il fêtait les guerriers morts au champ d'honneur et buvait aux Walkyrïes, leurs messagères; mais il observait le dimanche et jeûnait le vendredi ; enfin, il favorisait de tout son pouvoir les églises et les couvents qui s'élevaient sur divers points de son royaume, au mécontentement général.
36 il - D0MP1 il RS DE i.\ MER.
\u moment de sa mort, comme ceux qui l'entouraienl lui demandaient ses instructions, il répondit :
— si j'avais vécu plus longtemps, j'aurais quitté h mu royaume et mon pays, et je me serais retiré sur une terre chrétienne pour expier mes péchés et affermir ma foi; mais, puisque mon destin est de mourir ici, disposez de mon cor] votre gié. J'ai vécu payen, enterrez-moi payen.
Olaf Tryggvason ne se montra point de si facile composition. Appelé par l'assemblée populaire à régner sur la Norvège, il n'accepta le pouvoir qu'à la condition de l'exercer en souverain absolu. Pour commencer, il traversa son royaume, accompagné de ses prêtres, promettant largesses et récompenses à ceux qui consentiraient à se faire baptiser, exploitant la superstition du vulgaire par de faux miracles et de prétendues visions, et menaçant les rebelles d'un châtiment terrible. Il s'était, lui, pour plus de sanctification, fait baptiser trois fois, d'abord par un moine-ermite dans l'île deScilly, puis solennellement à Londres et à Rouen par des évêques, et il n'entendait pas que son peuple se mît en travers de son apostolat.