EPILOGUE
La découverte du Nouveau Monde n'avait guère enrichi les frères Pinzon. En récompense de leurs services, Colomb leur avait, sans doute, montré l'ingratitude dont il était coutumier. Ce qui est certain, c'est qu'ils ne firent point partie des expéditions postérieures. Ayant été à la peine, ils ne furent pas à l'honneur, c'est-à-dire qu'ayant aidé à découvrir San Salvador, Conception, Cuba et Saint-Domingue, ils ne furent point admis à fouler le sol vierge de la Dominique, de Marie-Galante et de Porto-Rico, non plus que, dans la suite, à parcourir les nombreuses îles de l'archipel tropical, auquel se bornèrent les ambitions de l'amiralissime des flottes espagnoles.
On sait aussi que les Pinzon, rentrés à Palos,
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y continuaient, comme avant la campagne, le commerce des agrès et des munitions pour lea navires de \ Andalousie. Vainement, Vincent \ anez
s'adressait à toutes les bourses afin de mettre son plan à exécution. Il avait, ainsi que tous les compagnons de Colomb, admiré les splendeurs des îles où Ton avait atterri, mais il Bavait que le continent, au-dessous, présentait des rida — bien autrement considérables. Le grand Ûeuve l'attirait comme l'aimant attire le fer. Il en parlait sans cesse et finissait par passer pour un monomane, à l'égal de Christophe Colomb, avant son expédition, avec cette différence qu'il ne rencontra ni un Jean II, ni un Perez de Marchena, ni un Gonzalès de Mendoza, encore moins un Ferdinand et une Isabelle, qui lui permissent de retrouver le rhumb qui conduisait au pays des merveilles.
Cependant, au bout de sept ans de démarches et de supplications, il réussit à fréter un navire avec lequel il se lança en plein Océan, non sur la route frayée que suivaient les flottes espagnoles et portugaises pour gagner la zone qu'elles exploitaient, mais en tenant, selon son principe, la barre au sud-ouest. Et, en vérité, il rencontra