‹ Les dompteurs de la merChapitre 43 sur 46 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

son plateau du Dolphin, qui le mena au cap Saint-Augustin, qu'il nomma le cap de la Consolation, et d'où il n'eut pas de mal, en longeant la côte, à retrouver l'estuaire du Maragnon.

Il remonta le fleuve, plus avant que ne l'avait l'ait Jehan Cousin et s'établit en un endroit où les habitants portaient des bijoux en or massif, qui excitèrent sa convoitise. Où ces indigènes se procuraient-ils ce précieux métal? Il les questionna, par signes, et les gens lui montrèrent le Xord, en incliquant qu'il devait y avoir de ce côté beaucoup d'or.

Vincent fut charmé de cet avis; mais, son naturel injuste et rapace reprenant le dessus, il pensa qu'avant de se mettre à la recherche de ces trésors aléatoires, il ferait bien de s'emparer de cet or que le hasard plaçait sur son chemin. Il en offrit, selon l'usage, des grelots et de la verroterie; contre son attente, les hommes et les femmes de ce pays singulier tenaient à leurs bijoux, comme à leurs plumes ou à leurs armes, et ils ne voulurent à aucun prix s'en dessaisir. Alors Pinzon eut recours aux menaces, et comme celles-ci n'amenèrent aucun résultat, il se souvint d'Angola, et déchargea son arme

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sur un cher, qu'il manqua. Aussitôt, toute la bande se précipita vers La forêt- vierge, qui commençait à quelques pas du rivage, et jamais plus on ne revit les naturels et leurs bijoux.

Par contre, réveil était donné, et, chaque (! que le navire s'approchait de la rive, une nuée de flèches, biendirigées, s'abattait sur l'équip; Bientôt celui-ci fut décimé. Alors, le mécontentement se mit à bord; les matelots se mutinèrent, et Pinzon, menacé d'être débarqué, sans armes, au premier îlot qu'on trouverait, dut quitter le fleuve inhospitalier, sur lequel il avait fondé de si belles espérances, laissant la place aux Dieppois qui, nous l'avons dit, n'avaient point cessé, depuis Jehan Cousin, de trafiquer avec ce riche pays.

Ils ne s'inquiétaient pas, ceux-là, de l'or que portaient les indigènes au cou, aux bras et aux jambes, et, partant, ils n'avaient point à jouer de l'espingole. Le bois de teinture, ou « brésillet », suffisait à leur appétit, et ils se montraient si contents de la bonne réserve trouvée, qu'ils donnèrent le nom de Brésil au pays qui le produisait. Quand le Portugais Alvarez Cabrai se présenta, en 1500, dans

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