‹ Les Dons du Saint-EspritChapitre 15 sur 47 · Réponse : — Le jugement de la foi se fait · texte numérisé non relu

Réponse : — Le jugement de la foi se fait

par mode d’adhésion et de croyance aux choses mêmes, à savoir aux vérités surnaturelles. Croire, en es c’est penser (cogitare) avec assentiment, __ comme les théologiens l’enseignent en général, d’après saint Augustin. À cause de l’inévidence ef de l’obscurité de la foi un certain va-et-vient de l'esprit subsiste, non certes quant à la certitude,

mais quant à la clarté ; le mot cogitatio désigne en .

effet ies fluctuations d’un intellect non encore parfaitement satisfait, la vision seule étant capable de le combler. Et en même temps, quant à la certitude où à l’assentiment la foi possède une fermeté qui lui vient non pas de la vision de l’objet, mais du témoignage extrinsèque de Dieu, accepté par la volonté avec pieuse affection.

Au contraire le jugement du don d tete se fait non par mode de croyance, mais par mode d'intelligence : il apporte un secours à la foi pour la partie où subsiste cette fluctuation de l’esprit dont nous venons de parler. Le don d'intelligence pénètre les termes qui composent les énoncés dog:-

matiques, de telle sorte que par ce don nous :

voyons que les choses spirituelles ne se comportent pas à la manière de tout ce que nous font connaître nos représentations sensibles, et que par suite nous devons avoir d'elles des sentiments qui dépassent beaucoup tout ce que nous pouvons voir et connaître ici-bas. Et ainsi par voie de rémotion

le don d'intelligence pénètre ces choses tellement

qu’il délivre notre esprit des fluctuations qui accompagnent la foi toute seule, et procure à notre âme une certitude particulière et un certain repos dans les mystères de la foi ; c’est pourquoi, parmi

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mise

RE CR er . Li js.

les fruits du Saint-Esprit, la « foi » correspond au don d'intelligence comme son effet et son fruit, selon l’enseignement de saint Thomas dans la I II, q. 8, a. 8. Ce n’est pas la vertu même de foi qui est le fruit de ce don, mais seulement ce repos et cette quiétude de l’esprit dans la foi.

Nous le répétons, le don d'intelligence ne juge pas comme juge la foi, mais il discerne les choses spirituelles et les sépare des sensibles ; il sépare les choses surnaturelles des naturelles, les vérités des erreurs; ce qu’il peut faire avec une certaine évidence extrinsèque et comme négative, ainsi que

nous l’avons expliqué.

Quant à savoir comment le don de sagesse peut juger des mêmes vérités que la foi, nous le dirons. plus loin; et il ne répugne pas en effet que la sagesse juge de la vérité des principes en les défendant, comme le fait aussi la théologie.

98. L’évidence des vérités surnaturelles procurée par le don d'intelligence ne supprime pas la foi, parce que, comme nous l’avons dit, le don d’intelligence ne nous donne pas en cette vie l’évidence de ces vérités intrinsèquement et positivement en connaissant ce qu’elles sont, il nous donne une évidence quasi négative et extrinsèque, et plutôt en connaissant ce qu’elles ne sont pas, comme saint Thomas l’enseigne dans la IT IT*, q. 8, a. 7. Ce don fait connaître avec évidence que les choses qui sont proposées au sujet de Dieu ne doivent pas être recues selon le mode des choses sensibles, ni selon les erreurs des hérétiques, et une telle évidence n’est pas incompatible avec la foi, dont l’inévidence et

l’obscurité concernent les objets de la foi en euxmêmes, et non des conditions extrinsèques et connues par mode de négation.

29, Objection : — Cette évidence extrinsèque et qui porte sur la crédibilité de l’objet peut exister sans le don d'intelligence, comme chez le pécheur ayant la foi, ou chez celui qui se convertit à la foi, et arrive par la raison et aussi par une certaine motion du Saint-Esprit à l’évidence de la crédibilité des objets de la foi. Par conséquent le don d’intelligence précéderait ainsi la foi elle-même, alors que le don d’intelligence ne se trouve que chez les justes.

30. Réponse : — T'’évidence de la crédibilité des choses de la foi, et cette évidence négative montrant que les choses âivines ne doivent pas être entendues selon le mode des choses sensibles ou des erreurs des hérétiques, peuvent avoir lieu de deux façons :

Par l’étude et l’industrie propre, Par l’instinct ‘intérieur et l’inspiration du Saint-Esprit.

Et l'inspiration du Saint-Esprit elle-même peut se produire de deux manières, comme saint Thomas l’enseigne, dans la IT IT*, q. 8, a. 5, ad 1 :

Soit communément et imparfaitement, et même chez les pécheurs, comme il est arrivé pour Caï. phe, qui put prophétiser, et pour Balaam, qui recut la lumière prophétique, malgré son iniquité ; soit d’une manière spéciale, comme cela a lieu chez les justes par l’estimation exacte de la fin ultime: ils ont alors de Dieu de tels sentiments qu'ils se

soumettent à lui, eux-mêmes et tout ce qui est à eux, et se déterminent à ne s'écarter de lui pour rien au monde, Et c’est seulement lorsqu'elle se produit de cette manière que l’illumination du Saint-Esprit se rapporte au don d'intelligence, paree que, selon l’enseignement du saint Docteur, l’illumination du Saint-Esprit ne répond pleinement à la notion de don que lorsqu'elle est accompagnée d’une volonté droite et juste.

31. Aïnsi done l'évidence extrinsèque, et qui porte sur la crédibilité de l’objet procurée par l’étude ou même par une illumination imparfaite du Saint-Esprit, une telle évidence précède la foi et peut demeurer dans les pécheurs. Mais l’évidence produite par une illumination spéciale dn Saint- Esprit, et qui est propre aux seuls justes, est inséparable de la droite estimation de la fin dernière; une telle évidence est propre au don d'intelligence, et elle suit la foi et la charité.

Et elle n’est pas dite spéciale parce qu’elle serait extraordinaire ou prophétique, ou propre à des esprits particulièrement brillants, maïs elle est dite spéciale, parce qu’elle est donnée en vertu d’une estimation teile de la fin nltime, qu’elle ne pourrait se trouver dans les pécheurs - elle est . propre aux justes, et c’est pourquoi elle se trouve même chez les simples et les illettrés, dès l’instant qu'ils sont en état de grâce,

88 ss DONS pu SAINT-ESPRIT L'acte du don d’Intelligence est distinct des actes de la Foi et des autres Dons.

32. Le don d'intelligence comporte deux états, selon qu’il se trouve dans la voie ou dans la patrie.

Qu'il existe en cette vie cela est prouvé par un

grand nombre de textes de l’Ecriture dont nous avons déjà cité plusieurs. 5 le Seigneur l’a rempli de l’esprit de sagesse et d’intelligence, dit l’Ecclésiastique (xv). David demandait le don d’intelligence pour cette vie par ces paroles : donne-moi l’intelligence et je connaîtrai tes commandements (ps. 118). Et le Seigneur lui dit : je te donnerai l’intelligence, et je t’instruirai dans la voie où tu t’avances (ps. 31). Il est donc certain que même en cette vie et pendant que nous cheminons dans la foi nous recevons de Dieu le don d'intelligence.

Il est certain de même que le don d'intelligence demeure dans la patrie avec la lumière de gloire et la vision béatifique, puisque le Christ a possédé tous les dons en cette vie comme nous devons le croire (cf. Isaïe, x1), et cependant il n’a pas connu l’obscurité de la foi, puisqu'il a joui de la-vision béatifique dès le premier instant de sa conception.

33. Difficulté. — Que le don d'intelligence se distingue de la foi, et de la lumière de gloire dans la patrie, n’est donc pas difficile à prouver, si l’on admet que persiste dans la patrie ce même don d'intelligence qui est donné dans la voie. Maïs on pourrait penser que ce n’est pas le même habitus ou le même don du Saint-Esprit qui

est ici et dans la patrie, pour cette raison que d’obseur ici-bas, devenant clair et évident dans la

patrie, il doit changer par cela même essentielle-

ment.

En effet en cette vie le don d’intelligence ne peut faire disparaître l’obscurité des mystères de la foi; il ne peut, comme nous l’avons déjà dit, nous en procurer une évidence positive et intrinsèque. Tan-.

dis que dans la patrie il s’accompagne d’une par-

faite et positive évidence des mystères eux-mêmes, si bien que saint Thomas enseigne, dans la I IT®, q. 8, a. 7, que « la parfaite vision de Dieu, par laquelle est vue l’essence divine, appartient au don d'intelligence consommé, tel qu’il sera dans la patrie ». Et cela parce que dans la patrie l’intelligence jouit d’une lucidité parfaite en toutes choses, et n’admet aucune sorte d’obscurité, en raison de cette souveraine félicité et de la dot faite à l’âme qui est la vision béatifique, et par laquelle l’irtellect est rendu tellement riche et opulent qu’il ne peut rien atteindre, désormais, sinon par une claire intuition. |

Or il est impossible qu’un habitus numériquement le même soit tantôt obscur, tantôt clair, et que cette mutation soit seulement accidentelle, et non pas substantielle et intrinsèque, parce que, d’être évident ou inévident se rapporte à la raison formelle selon laquelle la connaissance tend à l’ob-

jet. L’évidence en effet dépend des prédicats intrinsèques de la chose qui sont manifestés à l’in-

tellect ; et la connaissance obscure dépend d’un motif extrinsèque, qui n’atteint pas la quiddité in-

trinsèque elle-même. Un habitus obseur ne peut done devenir clair et évident que s’il est remplacé par un autre, Et l'on ne voit pas comment, de connaître clairement ou obsceurément son objet puisse. concerner seulement l’état accidentel et non le motif formel d’un habitus.

34, Exposé de la doctrine : — T1 faut dire néanmoins que l’habitus du don d'intelligence est Île même iei-bas et dans la patrie. Ce qui est affirmé d’une façon générale par saint Thomas dans cette question 68, a. 6, lorsqu'il enseigne que les dons du Saint-Esprit persistent dans la patrie, sans en excepter aucun, bien plus, en faisant mention expresse du don d’intelligence dans la réponse à la seconde objection.

Et l’on ne saurait entendre que se trouve dans la patrie un don d'intelligence d’une autre espèce que celui de la voie, en sorte qu'il soit le même seulement quant au genre prochain, non quant à l’espèce ultime (1). La pensée de saint Thomas ne peut pas s’entendre de cette facon, parce qu’il dit expressément dans cet ad 2 : « Saint Grégoire pose dans chaque don quelque chose qui passe avec l’état présent, et quelque chose qui demeure dans le futur, Il dit en effet que la sagesse nourrit l’esprit des choses éternelles par l’espérance et par la certitude, et l’espérance passe, tandis que la certitude demeure ; de l’intelligence il dit que nous faisant pénétrer les choses que nous entendons elle illumine nos ténèbres en fortifiant notre

(1) Species atoma, l’espèee non ultérieurement divisible.

cœur ; et là aussi il y a deux choses dont l'une passe, — entendre, parce qu’au ciel l’homme n’enseignera pas son prochain (Jérém., xxx), et dont l’autre demeure, — l’illumination de l’esprit. » C’est ainsi que saint Thomas enseigne avec saint Grégoire la permanence du même don, parce que si l’habitus qui est dans cette vie était supprimé, et qu’un don d’une autre espèce fût introduit dans la patrie, il ne serait pas vrai de dire que dans chaque don quelque chose passe avec l’état présent et quelque chose demeure, par exemple rien ne demeure de l’habitus de la foi dans la vision béatifique, parce que toute la quiddité et l’espèce de l’habitus de la foi disparaît ; il en va de même pour l’espérance, ainsi que saint Thomas l’enseigne q. 67, a. 5. Par conséquent, quand saint Thomas dit que quelque chose dn don d'intelligence passe avec cette vie et quelqne chose demeure, il pense sans aucun doute que ce don demeure essentiellement et ne change que d’une manière aceidentelle.

85, Et c’est ce que saint Thomas explique dans cette question 68, a. 6, quand il dit que : (nous pouvons envisager les dons : 1° quant à leur essence, et à ce titre, ils existeront d’une façon très parfaite dans la patrie ; 2° quant à la matière de leur opération, et à ce titre ils ont dans la vie présente une opération qu'ils n’auront pas dans l’état de gloire ; et à les envisager ainsi ils ne demeureront pas dans la patrie ; il en va de même pour les vertus cardinales. » On le voit, la pensée de saint Thomas est qne les dons changent seule-

ment d’objet matériel, non pas d’objet formel, et qu'ils demeurent les mêmes substantiellament et spécifiquement, comme les vertus cardinales.

36. Cette conclusion s’appuie sur un argument de saint Thomas qui porte sur les dons en général, mais qui peut s’appliquer en particulier au don spécial d'intelligence.

Cet argument est que les dons perfectionnent l’esprit humain pour le disposer à suivre la motion du Saint-Esprit; or, dans la patrie plus que partout l’esprit humain suivra cette motion. Par conséquent les dons doivent demeurer dans la patrie. Remarquons toutefois qu’une telle raison prouve parfaitement que des dons du Saint-Fprit se trouveront dans la patrie, maïs ne prouve pas qu'ils seront les mêmes que dans l’état de voie, parce que la motion du Saint-Esprit peut être multiple, et nous pouvons en suivre une dans cette vie, une autre dans la patrie, ici obscure et inévidente, là-bas évidente et claire. Cette raison générale ne prouve done pas encore assez que le même don d'intelligence qui est dans l’état de voie demeurera dans la patrie.

37. Pour que cette raison soit coneluante au sujet du don d'intelligence, il faut ajouter une considération tirée de la doctrine du saint Docteur (IT: IT*, q. 8, a. 2), selon laquelle le don d’intelligence, par sa raison formelle même, est ordonné à percevoir clairement, d’une manière parfaite ou imparfaite, et non pas précisément à croire ; il est dit au Ps. 33 : Gustate et videte, parce que c’est

sur le goût et l’expérience que se fonde cette évidence, qui est une évidence mystique, affective et

- expérimentale.

Percevoir en effet, selon que cela se distingue de croire, va toujours avec quelque évidence, soit extrinsèque, soit intrinsèque, soit positive, soit négative. Et que dans cette vie le don d’intelligence ne parvienne pas à la parfaite vision cela ne provient pas d’un défaut de sa raison formelle, mais de ce que l’objet sur lequel il porte ne lui est pas proposé dans les conditions où il peut être vu en.

soi : parce que nous procédons par la foi et non

par la vision ; de même l’œil, par la raison formelle même de la puissance visuelle, appelle la connaissance évidente et expérimentale de l’objet visible ; par accident toutefois, par exemple parce que l’objet n’est pas à la distance voulue, il peut ne voir que d’une facon confuse et imparfaite. Ainsi le don d’intelligence — puisqu'il nous meut par l’illumination du Saint-Esprit à percevoir et pénétrer les choses qui nous sont proposées — de soi et en raison de son motif formel exige l’évidence, et il la donné telle qu’il le peut selon la matière proposée, de telle sorte qu'ici, tandis que nous marchons dans la foi, et que les vérités de la foi nous sont connues par l’ouïe, il nous donne seulement une évidence quasi extrinsèque et négative; ainsi Grégoire dit que « le don d’intelligence illumine l’esprit au sujet des choses entendues », c’està-dire qu’il fait clairement voir que les choses ainsi entendues sont vraiment dignes d’être crues, et doivent être distinguées des erreurs, et du mode

sensible selon lequel notre imagination nous les

présente ; mais dans la patrie le don d’intelligence produit une évidence positive en tant qu'il se trouve, dans le sujet, en continuité avec la lumière de gloire et la vision béatifique à laquelle il est subordonné.

38. Et il ne répugne pas que le même habitus ait l’une et l’autre évidence, et tantôt produise l’une, tantôt l’autre, parce que la motion du Saint- Esprit est tellement universelle qu’ellé s'étend à l’une et à l’autre, et parce que ce don perfectionne l’intelligence et la dispose à voir selon le mode même dont l’objet peut être vu, tantôt parfaitement, tantôt imparfaitement : de même que la puissance visuelle tantôt voit imparfaitement et confusément, de loin ; tantôt clairement et distinetement, de près; et néanmoins c’est dans les deux cas la même vertu et lé même pouvoir de vision.

39. Que l’une et l’autre évidence soit compatible avec le même habitus, cela s’explique encore mieux par l’exemple de la science subalternée, qui tantôt se continue avec la subalternante, lorsqu'elle existe dans le même sujet, tantôt non.

Et lorsqu'elle ne se continue pas avec la subalternante (1), elle n’a pas l’évidence de ses principes, mais elle les croit seulement, elle ne peut done pas produire l’évidence de ses conclusions dans le sujet qui connaît, et cependant elle requiert bien cette évidence, parce que de soi toute science la pos-

(1) Par exemple si un sujet connaît la perspective en recevant d’un géomètre les principes de celle-ci, mais sans avoir luiinême la science de la géométrie,

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tule, et elle la possède de fait et en exercice lorsque la science sübalternante, qui lui fournit ses prineipes, lui est adjointe.

De même le don d'intelligence, paï la motion ou l’illumination du Saint-Esprit, dispose l’intellect à percevoir et pénétret les choses qui lui sont proposées, ce qui a lieu par une connaissance quasi expérimentale. Et c’est là l’unique et. spécifique raison formelle du don d'intelligence, qui ramène à l’unité toutes les diversités de mode ou d'état, à savoir : parfaire et illuminer l’intellect, de telic

; 4 . 2 . 1 sorte qu'’1l connaisse et pénètre et discerne les cho-

ses spiritüelles en raison d’une certaine connaturalité et d’une certaine expérience. Or la connaturalité ne s'obtient à l’éeurd dé ces choses que par l'affection : qui emiim adhaeret Deo, unus spiritus est (I Cof. » 3). Mais cette affection qui nous connaturalise ainsi et nous unit à Dieu, tient sa règle dans la patrie, et y naît, de la pleine lumière, là où Dieu lui-même montre à sa bien-aimée où il repose en plein midi; et de cette connaturalité d’amour naît à son tour une évidence pleine et consommée et une parfaite pénétration et intelligence des mystères extra Verbum (1).

40. Dans l’état de voie cette affection tient sa règle et son origine de la lumière imparfaite et énigmatique, et mêlée d'ombre, qui est celle de la foi, selon ce que dit DA Je me suis assise à l’ombre de celui que j ai désiré, et son fruit est

(1) C'est-à-dire en dehors de la vision elle-même de l'essence divine.

doux à ma bouche. Ce qui signifie : du repos dans l’ombre — c’est-à-dire dans la foi — du bien-aimé et du désiré (il s’agit ici de la foi qui opère par la dilection), naît, comme son fruit, une certaine douceur expérimentale, qui appartient à cette connaissance mystique et amoureuse.

Aïnsi il convient au don d intelligence, aussi bien dans la voie que dans la patrie, d amine l’intellect et de lui faire connaître les choses spirituelles en raison d’une certaine connaturalité d’amour et d’une certaine expérience de cette douceur. Et parce que la connaissance -expérimentale, de soi, demande toujours l’évidence, à cause de cela lie don d’intelligence est évident en vertu de sa raison formelle et spécifique elle-même. Mais cette évidence expérimentale, nous l’avons d’une manière imparfaite dans l’état de foi, comme quelqu'un qui voit une montagne de loin, selon ce que dit saint Paul : ls les ont vues et saluées de loin (Hebr., x1, 13). C’est pourquoi nous expérimentons davantage ce que ne sont pas ces joies et ces promesses, que ce qu’elles sont ; mais dans la patrie nous aurons l’évidence expérimentale de leur existence et de ce qu’elles sont, en vertu d’une pleine affection à leur égard comme présentes.

41. En résumé, par le don d'intelligence, la motion du Saint-Esprit nous fait connaître les choses spirituelles d’une façon mystique, c’est-à-dire en vertu de l’amour qui connaturalise et unit à Dieu, et expérimenter intimement les choses divines dans leur genre propre : cette motion tend donc de soi à l’évidence mystique et expérimentale, ou af-

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