‹ Les Dons du Saint-EspritChapitre 2 sur 47 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

C'e que la sainte Ecriture nous dit des Dons du Saint-Esprit.

1, Des dons du Saint-Esprit la sagesse naturelle des philosophes et des païens n’a rien connu. Seule la Révélation divine nous instruit à leur sujet. Elle les nomme dons et esprits et les embrasse sous le nombre de sept. Aussi convient-il de considérer d’abord ce que la sainte Ecriture nous dit de ces dons spéciaux, afin d’accéder ensuite, munis de cette plus grande lumière, à la doctrine scolastique des dons.

2. Tous les oracles des saintes Ecritures ont pour fin la formation de l’homme spirituel et parfait. Toute Ecriture divinement inspirée, dit l’Ap6tre dans la seconde Epître à Timothée (111, 16-17), est utile pour enseigner, convaincre, corriger, former à la justice, et rendre l’homme de Dieu parfait, apte à toute bonne œuvre.

Cet état spirituel, et cette motion subtile, et cette onction par laquelle, se répandant dans l’intimité du cœur, le Saint-Esprit le dresse vers les hauteurs, doivent être discernés avant tout d’après le texte même et l’enseignement de l’Ecriture,

dans la sérénité et la lumière élèvent l’âme dans la splendeur de la charité, en sorte que l’âme bannissant les voluptés et les œuvres des ténèbres, est enseignée par la lumière de l’Esprit-Saint lui-même comme par un maître; selon ce que dit le prophète Isaïe : Il éveille le matin, il éveille.-mon oreille afin que je l’écoute comme un Maître (1). — Et saint Jean : Son onction instruit de toutes choses, et cela est vrai, et ce n’est pas un mensonge (I, ch. 2).

3. Ces ruissellements de son murmure et la légèreté de son haleine soufflant au dedans du cœur, celui-là seul peut les connaître qui expérimente et

goûte que le Seigneur est doux. Parce que cette

manne cachée, et ce nom nouveau inscrit sur un

caillou blanc, personne ne les connaît que celui qui

les reçoit, comme il est dit dans l’Apocalypse (ch. 1). Et il est malaisé de rechercher par le labeur de l’intelligence et les discussions opiniâtres ce qui ne peut être connu que par une certaine connaturalité et expérience des choses divines communiquée à un très petit nombre.

Le caillou blanc de l’Apocalypse est encore le charbon enflammé dont parle Isaïe (ch. vr). Ce charbon qui embrase l’âme, purifie d’abord les lèvres du prophète (ce qui marque le début de la vie spirituelle et de la voie purgative), et puis, pénétrant jusqu’au cœur, il y grave Le nom nouveau. Et ceci se produit ee non seulement l’âme progresse dans la voie illuminative selon le mode commun et la règle des vertus, mais lorsqu'elle reçoit une règle nouvelle, (Le plus souvent en effet le nom

désigne l’obligation elle-même, ou la charge, l’offi-

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