‹ Les Dons du Saint-EspritChapitre 22 sur 47 · APE MER · texte numérisé non relu

APE MER

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‘connaissance consécutive à celle-ci, ce ne sera pas une connaissance inévidente ou obscure, pas plus que la connaissance de Dieu procurée par la scien-

lce infuse, ou la connaïssance démonstrative procu- }

ilrée par la raison naturelle ne sont obscures, bien qu’elles ne soient pas l'intuition même de Dieu. II suffit que cette connaissance soit fondée sur quelque effet dérivé de la vision divine, et montrant la présence de Dieu dans le cœur.

85. Et quand saint Thomas dit (in Sent. IIT, dist. 32, q. 1, a. 3, ad 6) que les dons qui communiquent

bavec les vertus dans l’objet qui demeurera dans la

patrie ne s’y distingueront pas de ces vertus (1),

il parle des dons non en raison d’eux-mêmes, et

quant à la substance et l’espèce de l’acte qu’ils

produisent, mais quant à la régulation que les ver-

tus et les dons recevront également de la vision divine et de la lumière de gloire. L

Du reste, saint Thomas distingue trois espèces

de dons : les uns sont ceux qui communiquent dans

(la matière ou dans l’objet avec les vertus théolo-

gales, et dans la patrie avec la vision, parce qu’ils portent sur Dieu et sur les mystères divins, comme

objet Dieu et ses mystères. Une seconde sorte de dons ne communiquent pas dans la matière avec les vertus théologales, comme le don de science et de conseil, qui portent sur les choses créées. D’autres enfin communiquent dans la matière avec les vertus morales, comme la force, la piété et la

|: les dons d'intelligence et de sagesse qui ont pour |.

1) Voir $ 66.

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crainte, Ces derniers n’auront pas dans la patrie le même acte que dans la voie, leur matière sera changée, mais ils agiront tous selon les actes qui conviennent à la vie contemplative qui est la vie bienheureuse (1° II*, 68, a. 6) (1). Quant aux dons | du second genre, il n’y a pas de difficulté à admet-. tre qu’ils restent distinets de la vision béatifique, puisqu'ils portent sur une matière différente.

86. C’est sur les dons du premier genre que porte toute la difficulté : comment peuvent-ils être dis-. tincts de la vision, étant donné qu’ils portent sur. le même objet, à savoir sur Dieu ? Et saint Thomas dit dans le COTpS de l’article que ces dons qui perfectionnent l’Âme dans ia vie contemplative demeureront tels dans la patrie que dans la voie quant à leurs actes, mais seront perfectionnés quant au mode, parce que, si haut que ces dons élè-. vent l’âme au-dessus du mode humain, jamais ce-” pendant dans la voie ils ne peuvent parvenir au mode de la patrie (où ils sont réglés par la vision béatifique elle-même).

Donc, lorsque ensuite, dans la réponse ad 6, 1l dit que ces dons, qui communiquent avec les vertus théologales dans l’objet (qui demeurera dans la patrie), ne demeureront pas dans la patrie distincts de ces vertus, ete., il faut entendre que les dons et la charité (la seule des vertus théologales qui demeure dans la vie future ne seront pas distincts quant à leur divine régulation, en ce sens qu’ils seront également perfectionnés et réglés par

(1) Voir aussi IT2 IT*e, g. 139, a.-T, ad 2.

rpo-epectiiR

LE Tr * LE DON D’INTELLIGENCE ALT

la vision (comme il l’avait dit dans le corps d’article), mais ils seront toujours distincts quant à la spécification, et à la quiddité, et à la production formelle de leurs actes.

87. Si l’on dit, enfin : Ainsi les dons d’intelligence et de sagesse sont des vertus théologales, puisqu'ils ont pour matière et objet prochain Dieu lui-même, nous nions la conséquence, parce qu’ils n’ont pas pour matière Dieu lui-même immédiatement en soi, mais Dieu en tant qu’il est expérimenté et connaturalisé, et uni à nous dans quelque chose de créé, à savoir dans l’amour lui-même, et l’union expérimentale de charité. C’est pourquoi la connaissance par les dons est affective et mystique, non quidditative, non intuitive de la chose en SOI.

Tandis que la vertu théologale a pour objet Dieu en soi-même, immédiatement, et non en raison de quelque chose de créé qui soit formellement atteint.

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