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CHAPITRE IV

Les dons de Sagesse et de Science :

1. Saint Thomas, nous l’avons vu, distingue ces dons du don d'intelligence, parce que ce dernier connaît la vérité par la simple appréhension de celle-ci, tandis que les dons de sagesse et de science sont judicatifs. Ce que nous avons expliqué en distinguant le jugement simple (qui se fait par l’habitus des principes et la simple pénétration des termes) et le jugement résolutif ou analytique (qui se fait par les habitus scientifiques montrant la raison et la cause de ce qu’ils font entendre).

C’est pourquoi nous nous proposons de.considérer ici ce qui distingue ces dons non seulement des vertus morales, — qui se rapportent à l’appétit, mais aussi des vertus intellectuelles et théolosales, et de la vision, — qui se rapportent à l’intellect.

Par sa raison formelle le don de Sagesse diffère de la Foi et des autres dons et habitus.

9, En distinguant entre eux les habitus nous pou vons considérer deux choses :

1° Ja raison formelle selon laquelle procède tel habitus, et qui spécifie l’acte et l’habitus ;

2° l’objet lui-même qu’il atteint, comme matière sur laquelle il s’exerce, par tel medium ou telle raison formelle. j

3. Saint Thomas, recherchant la raison formelle du don de sagesse, nous en montre d’abord la similitude avec la vertu intellectuelle de sagesse, qui juge des choses par les causes suprêmes, comme fait la métaphysique dans les disciplines philosophiques. Et c’est pourquoi saint Thomas dit souvent qu'il appartient au don de sagesse de juger.

Mais ce n’est pas dans le jugement seul que saint Thomas voit la raison propre, formelle et adéquate du don de sagesse, Le jugement, en effet, appartient également à d’autres habitus, par exemple à la foi, à la prophétie, à la science infuse dans le Christ, au don de science en nous, à la connaissance qui précède et règle la pieuse affection avant la foi, etc. Par conséquent, si nous voulions définir le don de sagesse par cela seul qu’il juge des choses divines sous la motion du Saint-Esprit, il ne serait pas défini adéquatement, et quant à sa raison propre et formelle,

4. C’est l’objection que Suarez fait à saint Thomas (liv. 11 de Gratlia, ch. 18, a. 2). Saint Thomas, en effet, affirme d’une manière absolue dans l’article 4 de la question 68 que le don de sagesse a pour fonction de parfaire l’intellect spéculatif en jugeant sous une motion spéciale du Saint-Esprit. Mais il faut remarquer qu’il dit au début da l’article incriminé que les dons disposent l’âme à suivre promptement l’impulsion du Saint-Esprit.

Ensuite il examine de quelle manière les dons sont distribués dans les facultés appétitives et appréhensives, et il constate que dans ces dernières le don de sagesse dispose à juger d’une manière droite, et cela en vertu de la motion particulière par laquelle l’âme unie à Dieu suit promptement l'inspiration du Saint-Esprit par une certaine connaturalité aux choses divines, et un certain goût expérimental de ces choses. Et telle est la raison d’être adéquate du don de sagesse, et qui le distingue de la prophétie et de la foi — qui peuvent se trouver dans des âmes non unies à Dieu par la (grâce — comme de la science infuse, qui juge en vertu d’une claire connaissance et non en raison d’une expérience affective des réalités divines. :

Que le don de sagesse juge ainsi des choses divines, non par une connaissance acquise par l’étude, ou manifestée clairement par une lumière infuse, mais par connaturalité et union à la cause Suprême, — saint Thomas le montre plus au long ‘dans la question 45 de la IT* IT", où il traite spécialement de ce don. .

». En admettant que le don de sagesse est ordonné à juger des choses divines non pas d’une (manière quelconque mais par un jugement résolutif et analytique, et cela par les causes, et par les causes suprêmes, il reste à expliquer : 1° selon quelle formalité le don de sagesse connaît ces causes et juge par elles ; 2° à quoi s’étend le don de sagesse.

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