Un grand nombre possèdent la charité et
manquent cependant de quelques-uns de ces dons, :
et peuvent être sauvés sans eux; par conséquent ni
les dons ne sont connexes entre eux et avec la charité, ni ils ne sont nécessaires au salut. Ainsi beaucoup d'hommes en état de grâce sont simples. d’esprit et ignorants, et par conséquent dépourvus des dons d'intelligence, de sagesse et de science.
C’est pourquoi saint Augustin, au livre xiv de la Trinité, ch. 1, parlant, — comme, au dire de Lorca, saint Thomas l’admet dans la IT* TT“, q. 9, a. 2 — de cette science qui est un don, dit : € En cette science ne brillent pas la plupart des fidèles, bien qu’ils brillent le plus souvent dans la foi ellemême ». Ailleurs il parle de «ceux que non pas la vivacité de l'intelligence, mais la simplicité de la foi a placés en pleine sécurité ». Or le don d’intelligence est donné pour accroître la vivacité de l’intelligence et la perfection de la connaissance : donc si la simplicité de la foi, et non la vivacité de l’intelligence, place plusieurs fidèles en parfaite sécurité, c’est qu’ils peuvent être sauvés sans, le don d'intelligence.
8. — 4°) La foi peut exister chez le pécheur ; done peuvent aussi exister avec elle les dons qui sont au service de la foi : à savoir l’intelligence, la sagesse et la science. |
La conséquence est elaire : ce qui est ordonné au service d’une vertu peut demeurer quand cette vertu demeure. De plus ces dons perfectionnent l'intelligence, qui de soi est antérieure à la charité, laquelle siège dans la volonté ; done, de même que la foi vient avant la charité, de même les dons qui du côté de l'intelligence sont au service de la foi peuvent venir avant la charité, et se rencontrer
sans elle. Et il ne suffit pas de dire que les dons sont ordonnés à des opérations qui sont bonnes purement et simplement et qui nous unissent à Dieu, et ne peuvent pas être dans les pécheurs, — car la foi aussi est ordonnée à la même chose par sa nature, s’il est vrai qu’elle est le principe directif de la charité et des bonnes œuvres, parce que la foi opère par la dilection; et cependant elle demeure dans le pécheur. Les dons peuvent par conséquent y demeurer aussi, bien qu’ils tendent à la vie éternelle pour ce qui est d’eux; ils sont seulement, en pareil cas, empêchés dans leur tendance par la défaillance du sujet.
5°) Enfin, cet argument demeure toujours, que nous voyons beaucoup de pécheurs comprendre et juger des choses qui ont trait à la théologie mystique et affective ; et connaître et enseigner les vérités de la foi de la même facon qu'ils le faisaient avant la perte de la grâce, et en cela ils ne sentent en eux aucun changement. Donc si auparavant ils percevaient et jugeaïent ces choses par le don d'intelligence et de science, il en est de même après.