À cause de ces objections Lorca nie ces deux
assertions de saint Thomas, à savoir : 1° que les dons sont connexes avec la charité, en telle sorte qu'ils ne se trouvent -pas chez les pécheurs, et 2° qu’ils sont nécessaires au salut, en telle sorte qu’ils se trouvent dans tous les justes.
10. Maïs ces essertions doivent certainement être maintenues, parce que, en une telle matière, nous
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devons plutôt nous guider sur l’autorité de l’Ecr1-
ture et des saints, que plier devant. des difficultés
qui d’ailleurs se laissent facilement résoudre.
De l’Ecriture nous tenons qu’il y a une intehigence, une sagesse, une science et un conseil, et d’autres dons qui ne se rencontrent que dans les âmes en état de grâce.
Quant à 1 intelligence, il est dit au psaume ÉTOES Ceux-là sont intelligents qui observent sa loi, et, Ps. 118 : Donne-moi l'intelligence et je vivrai. Et encore : Donne-moi l'intelligence, pour que j’apprenne tes préceptes.
De la sagesse il est dit : La sagesse n’entre pas dans l’âme qui médite le mal et n’habite pas dans un corps esclave du péché (Sag., 1). Et encore : Ils ont péri parce qu’ils n’avaient pas la sagesse, ils ont péri à cause de leur folie (Baruch, 11). Donc, quand cette sagesse manque, l’homme ne demeure pas dans la grâce, et ainsi elle est connexe avec la grâce. Dieu n'aime que celui qui habite avec la sagesse (Sag., vit). ce
De la science il est dit : 11 a donné au juste la science des saints (Sag., x) ; donc il y a une certaine science qui n’existe que dans les saints.
Du conseil, qui est un don, il est dit : Et mor conseil ce sont tes commandements de vie (Ps. 118), le conseil n’existe dons pas sans l’observation de ces commandements. ;
De la piété il est dit dans la première épître à Timothée, 1v : La piété est utile à tout, ayant les promesses de la vie présente et de la vie future : ce qui ne peut être sans la grâce.
De la force il est dit : Agissez virilement, et que
votre cœur soit fortifié, vous tous qui espérez dans le Seigneur (Ps. 30). La force et la beauté sont sa parure et elle rira au dernier jour (Prov., 31). 81 nous persévérons dans l'épreuve ncus régnerons “avec le Christ (IL Tim., 11).
Enfin, du don de crainte il est dit dans l’Ecclésiastique, 1 : La crainte du Seigneur bannit le péché, car celui qui est sans crainte, ne saurait être justifié. Et, psaume 18 : La crainte du Seigneur est sainte, elle subsiste à jamans.
11. De ces autorités et d’autres semblables on doit conclure qu’il y a des dons qui ne se trouvent que dans les âmes en état de grâce, et qui sont les sept dons du Saint-Esprit mentionnés dans ces textes. C’est pourquoi dans Isaïe, x1, où tous ces dons sont mentionnés ensemble, ils ne sont at. tribués qu’à l’Esprit de Dieu habitant dans l’âme, et il n’habite que dans l’âme des justes. Isaïe dit en effet : Et l'Esprit du Seigneur reposera sur lui, l’esprit de sagesse et d'intelligence, ete. Done, là où l'Esprit ne repose point il n’y a pas d’esprit de sagesse, d'intelligence, etc. Or l'Esprit du Seigneur ne repose pas dans le pécheur : Parce que l’Esprit- Saint fuit l'astuce, et se retire quand approche l’iniquité (Sagesse 1, 5). Aïnsi les dons supposent l’état de grâce.
Et c’est conformément à cette conséquence que les Pères ont coutume de parler des dons du Saint: Esprit, en particulier saint Grégoire au livre I des Morales (ch. 12, alias 28, et ch. 32), et dans l’homélie 19 sur Ezéchiel, où il dit que « l’accès au royaume céleste nous est ouvert par la grâce septiforme,
Mois. :
qu’Isaie énumère dans notre Chef lui-même, et dans son corps (mystique) ». Et saint Jérôme, com. mentant le chapitre xr1 d’Isaïe : « Ces dons étaient dans le Christ, dit-il, pour que nous comprenions que sans le Christ personne ne peut être sage, ni intelligent, ni de bon conseil, ni fort, ni pieux, ni plein de la crainte de Dieu. » Et l’on peut consulter aussi saint Cyrille (livre 11 sur Isaïe), commentant le même texte. Parlant de l’onction du Saint Esprit, qui assurément se fait en nous par la grâce, il écrit : & Par le bienfait de cette onction, la sagesse et l’intelligence nous sont divinement données, et le ciel verse en nous le conseil et la force, la science, la piété et la crainte, par les spirations supérieures ». Et beaucoup d’autres Pères, cités par nous à l’article précédent, parlent de même.
12. (1) [Cependant la difficulté suivante pourrait nous être opposée] : Saint Thomas enseigne (q. 68, a. à et ») que de même que les vertus morales disposent les puissances de l’appétit à être gouvernéés par la raison, de même toutes les puissances de l’âme sont disposées par les dons à la motion du
Saint-Esprit. Or le Saint-Esprit habite en nous
par la charité; par conséquent les dons sont connexes par la charité.
Mais ce raisonnement paraît incorrect en ceci qu’il passe de la motion du Saint-Esprit à l’inhabitation du Saint-Esprit. Il est vrai que le Saint- Esprit n’habite en nous que par la charité, cepen-
(1) Dans l'édition Vivès (1885), la numération des paragra-
phes passe de XI à XIII Nous rétablissons la numération
exacte.
dant il peut nous mouvoir avant que nous ayons
reçu la charité. Aïnsi l’attrition est un don de l’Esprit-Saint par lequel Dieu meut le pécheur vers la justification, alors qu’il n’habite pas encore en son âme (selon le Concile de Trente, sess. 14, ch. 4).
Comment donc saint Poe passe-t-il de la mo-
tion à l'habitation du Saint-Esprit dans l’âme qu’il …
conduit par les dons ?
[Nous répondons que] le saint Docteur ne parle pas ici d’une motion purement efficiente qui ne re- quiert par l’habitation du Saint-Esprit dans l’âme comme dans son temple; (ainsi lorsqu'il dispose à la justification [par le don de l’attrition], le Saint-. Esprit meut seulement par mode d’efficience.) Mais il parle d’une motion régulatrice et directrice, … comme est celle de la prudence à l’égard des vertus. Or la prudence habite l’âme qu’elle gouverne. De même le Saint-Esprit. C’est done à bon droit que saint Thomas a conclu de la motion régulatrice du Saint-Esprit à son habitation dans l’âme qu’il gouverne, et qu’il ne peut habiter que par la charité.
13. Saint Thomas a dit auparavant, à l’article … 2 de la même question 68, que s’il s’agit de notre fin surnaturelle, la raison, — qui ne peut être qu’imparfaitement informée par les vertus théolo- : gales, car c’est imparfaitement que nous connaissons et que nous aimons Dieu, — ne suffit pas à nous la faire atteindre sans la motion et la régula-
tion supérieures du Saint-Esprit ; et ainsi le don
du Saint-Esprit est nécessaire au salut.
Lorca objecte qu’il ne suit pas de là que tous
les dons soient nécessaires au salut : si par exemple un homme juge des choses divines par le don de sagesse, pourquoi aurait-il besoin de la science pour en juger ?
Nous répondons que saint Thomas n’avait pas à montrer ici que tous les dons du Saint-Esprit
- pris un à un sont nécessaires au salut ; car cela est
contenu virtuellement dans l'affirmation que, à l’égard de la fin surnaturelle à atteindre, l’homme n’est pas suffisamment disposé par les vertus et par la régulation de la raison, mais a besoin pour cela de l’inspiration du Saint-Esprit, comme saint Thomas le dit encore au même article, ad 2.
. Or les vertus nécessaires à l’obtention de cette fin ultime sont les vertus théologales et les vertus morales cardinales. Et elles ne peuvent pas être toutes perfectionnées par un seul et unique don, mais par des dons divers qui sont au nombre de sept comme nous l’avons montré plus haut. Aussi, par là même que l’on dit qu’un don est requis pour parvenir à la fin ultime, parce que la motion par les vertus ne suffit pas, il est évident que tous les dons sont requis, comme toutes les vertus sont requises.
14. À la première objection (voir $ 5), saint Thomas répond (q. 68, a. 2, ad 1) que les dons excèdent la mesure commune des vertus non quant au genre des œuvres elles-mêmes (à la façon dont les
conseils dépassent les préceptes), mais bien quant
au mode d'opérer, selon que l’homme est mû par un principe plus élevé.
Ce que nous expliquons par la doctrine enseignée plus haut, à savoir que certaines opérations
sont dites extraordinaires et spéciales, soit du côté de l’objet, soit du côté du sujet.
Du côté de l’objet, parce que la matière à laquelle elles ont trait est extraordinaire, et non communément requise pour le salut, comme les choses qui tombent sous le conseil, et non sous le précepte.
Du côté du sujet, lorsque, bien que la matière soit commune, le sujet ne peut cependant, soit à cause de son imperfection, soit à raison du mode d’opérer qui lui est propre, venir à bout de tout ce qui est requis pour atteindre la fin ultime, ri surmonter toutes les difficultés qui se présentent. Les dons du Saint-Esprit ne sont pas seulement donnés pour mouvoir l’homme dans les œuvres difficiles et extraordinaires du premier type, mais aussi dans celles du second. Et ainsi, parce qu’il embrasse toutes ces choses, le don du Saint-Esprit est dit nécessaire au salut en raison de toutes ces œuvres où la raison ne suffirait pas sans l’assistance du Saint-Esprit, parce qu’il est cet Esprit bon qui nous conduit en la terre de droiture.
15. Réponse à la 2° objection (voir $ 6) : — Par le pécheur, hors de la grâce, peuvent être accomplies certaines actions merveilleuses et extraordinaires ordonnées à des fins particulières ; mais des actions ordonnées à l’obtention de la fin dernière surnaturelle ne peuvent pas être accomplies pleinement et parfaitement si l'Esprit ne vient au secours de notre infirmité, car ce ne sont pas ceux qui font ces actions merveilleuses, (non in mirabilibus) mais ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu qui
ï PROPRIÉTÉS DES DONS DU SAINT-ESPRIT 291 - sont les fils de Dieu. Quant à nous, nous ne savons même pas demander ce qu’il faut dans la prière, mais c’est l'Esprit lui-même qui demande pour - nous avec des gémissements ineffables.
| 16. Réponse à la 3° objection (voir $ 7) : — Nous nions l’antécédent. Il y a beaucoup de simples et d’incultes en état de grâce, qui ignorent bien des choses concernant les sciences acquises par notre + industrie, mais cependant ils n’ignorent pas les choses qui regardent le salut, car, dans cet ordrelà, l’onction nous instruit de toutes choses (I Jean, u). L'Esprit-Saint vous enseignera toute vérité, dit le Seigneur (Jean, xvi). Bien plus, c’est le Saint- Esprit lui-même qui fait qu’en bien des choses qui ont trait aux sciences humaines ils deviennent sots, pour être sages. Car Dieu en effet n’a pas choisi beaucoup de savants et beaucoup de nobles, mais il a choisi ce qui est infirme et dénué de sens selon le monde, pour confondre ce qui est fort (I Cor. 1, 27). En effet, puique la science enfle, et que la : charité édifie, il appartient à l’Esprit-Saint de nous éloigner de la science qui enfle et de nous donner la science des saints, qui conduit par des voies droites; et c’est là le don de science, qui ne manque __ à aucun des saints.
17. Aux textes allégués de saint Augustin, saint Thomas répond (q. 68, à. 5, ad 2) que saint Augustin parle ici du charisme de science, qui n’est certes pas donné à tous; cette science en effet est ordonnée à la défense de la doctrine, et à l’instruction des autres, — ce qui n’exige pas nécessairement l’état de grâce. Mais cette science ne fait pas con-
naître par mode affectif et expérimental ce qui regarde le salut et la vie spirituelle, œuvre réservée au don de science.
Que telle soit bien la pensée de saint Augustin, saint Thomas le prouve par les paroles qui suivent immédiatement le texte allégué, dans lesquelles. saint Augustin distingue deux sciences : « Autre chose en effet, dit-il, est de simplement savoir les vérités que l’homme doit croire pour parvenir à la vie bienheureuse » (et ceci appartient au don de science), — « autre chose de les savoir pour les expliquer aux personnes pieuses et pour les défendre contre les impies ; et c’est ce que l’Apôtre semble désigner du nom de science. » |
18. Quant à ce que dit Lorca, que saint Thomas : entend ce texte d’Augustin du don de science dans la II* IT*, q. 9, a. 2, nous répondons que Lorca n’a pas bien pesé les termes que saint Thomas raprorte, là, de saint Augustin.
Il est dit, dans la première objection qu’il se for-. mule à lui-même, que « saint Augustin écrit au livre xiv du traité de la Trinité : Par la science. la foi salutaire est engendrée, nourrie et fortifiée. Mais la foi est des choses divines, done aussi la science. » Dans sa réponse, saint Thomas concède le texte invoqué de saint Augustin, et il dit que savoir ce qui est à croire appartient au don de scien- : ce, quant à ce qu’il y a de temporel dane la foi, non quant aux choses éternelles elles-mêmes. Saint Thomas admet donc que dans le texte cité Augustin parle du don de science, en tant qu’il engendre, nourrit et fortifie en nous la foi; ceci en effet ne se
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rapporte pas nécessairement à l’instruction des autres, mais au progrès personnel, et ainsi peut concerner le don de science. Maïs comment peut-on
inférer de là, que dans le texte qui vient ensuite,
[et où il distingue deux sortes de science] Augustin
quand il dit : « Autre chose est de les savoir pour
les expliquer aux âmes pieuses, et pour les défendre contre les impies », — parle encore du don de science, et non pas plutôt de la science gratuitement donnée nommée par l’Apôtre parmi les charismes, comme saint Augustin lui-même le marque
clairement.
19. A l’autre réplique, que le don d'intelligence est donné pour accroître la vivacité de l’esprit, alors que cependant, sans cette vivacité, beaucoup marchent en pleine sécurité avee la seule simplicité de la foi, nous répondons que beaucoup sont pla-
| cés en effet en pleine sécurité par la seule simpli-
cité de la foi sans la vivacité argumentative du discours. Mais sans la vivacité affective et expérimentale de la motion du Saint- Esprit, qui dérive de la simplicité elle-même de la foi vive, ils ne peuvent être ni en sécurité dans la ie de l’âme, ni dans une charité sincère et non feinte. Et c Le là le don de science ou science des saints ; et tous ceux qui manquent de cette science ignorent, ei n’ont pas l'intelligence, et meurent dans les ténè- : bres.
20. Réponse à la 4 objection (voir $ 8, 4°) : — Nous répondons en niant la conséquence : Que les dons d’ intelligence, de science et de sagesse, soient ordonnés à la foi parfaite et consommée, et formée
par la charité, — oui nous le concédons ; à la foi informe et imiparfaite, — nous le nions.
Bien qu’une certaine appréhension de la vérité, et un jugement qui la discerne de l’erreur d’une manière quelconque et imparfaite, précède la foi et soit requise pour elle, cependant l’esprit de jugement et d'intelligence, ou l'intelligence et le jugement affectif et expérimental né de l'Esprit, n’est pas requis pour introduire à la foi, mais pour la vivifier, la consommer et la do. Et bien que la foi se rapporte à l’entendement et précède la charité, cependant, parce que sa formation et sa vivification se fait par la charité, à cause de cela, les . dons qui sont ordonnés à la foi vive ne conviennent qu’à celui qui possède la charité. |
Et ainsi il ne faut jamais perdre de vue que les dons de science, d’intelligence et de sagesse ne sont pas n’importe quel savoir, même surnaturel, mais l’esprit même du savoir et de l’intelligence, Or l’esprit d'intelligence est plus qu’une intelligence surnaturelle quelconque, parce qu’il est une intelligence née de l’Esprit et de l’amour, et d’une certaine connaissance expérimentale, et d’un certain contact spirituel [avec Dieu]. C’est ce don qui sert la foi, mais la foi formée, non la foi informe et imparfaite.
21. Et lorsqu'on dit que la foi elle aussi est ordonnée à une opération parfaite qui tend à la fin surnaturelle, nous répondons qu’il faut distinguer : de sa nature la foi est ordonnée à des œuvres par-
faites, comme étant le fondement et la racine de
celles-ci, ainsi que de la justification, nous le con-
cédons ; comme étant leur principe prochain et formel, nous le nions ; cela en effet appartient à la charité, qui est le lien de la perfection et qui consomme et forme la foi ; et ensuite aux dons du Saint-Esprit, qui accompagnent la charité.
22. Réponse à la 5° objection (voir $ 8, 5°) : — Nous dirons enfin que les pécheurs peuvent sans la grâce traiter des choses divines, et de l’intelligence mystique et affective, comme d’une matière à examen et à discussion. Mais ils ne peuvent user d’une telle intelligence comme de principe et de motif de connaissance. C’est ainsi que je puis traiter de la vision intuitive de Dieu, et cependant je n’ai pas pour cela la connaissance intuitive de Dieu, parce que je n’use pas de l’intuition ellemême comme d’un principe ou d’une raison formelle de connaissance.
De même celui qui est dans le péché ne peut pas user de cette connaissance expérimentale affective eomme d’un motif et d’un principe formel, parce qüe par cela même qu’il est déchu de la grâce il n’a plus cette connaturalité et cette union, et cette expérience de l’Esprit : ce don en effet, personne ne le connaît, que celui qui le reçoit, comme il est dit dans l’Apocalypse, 11. Il peut cependant traïter de cette connaissance mystique ou encore s’en souvenir : et en cela il ne ressent pas un changement considérable lorsqu'il passe de la grâce au péché. Mais dans la connaissance expérimentale et affective elle-même, et dans le toucher intérieur de l’Esprit il se produit un grand changement, ou un grand oubli : parce que le Saint-Esprit éducateur
des hommes fuit l'astuce, il s'éloigne des pensées dépourvues d'intelligence et se retire quand appro- . che l’iniquité (Sagesse, 1). Et les dons de l’Esprit sont ôtés au pécheur. ,
Au contraire ceux qui se convertissent de cœur ressentent aussitôt une certaine sérénité et tranquillité et sont allégés du poids de leurs péchés, ce qui est un grand signe que le Saint-Esprit habite en eux : Parce qu’il demeure dans le repos. Et le Concile de Trente, enseigne (session XIV, ch. 1x1),
que cette paix et cette sérénité sont un effet de la confession.
Pérmanence des Dons du Saint-Esprit dans
la Patrie
23. Si ces dons sont fondés dans la charité, dans la connaissance affective et expérimentale et la connaturalité à l’Esprit, il n’est pas difficile de conclure qu’ils demeurent dans la patrie comme la charité elle-même dans laquelle ils sont fondés, bien que dans la patrie ils soient réglés d’une facon plus élevée, à savoir par la-vision elle-même, qui alors règle aussi la charité. Et de même que les vertus intellectuelles et les vertus morales cardinales demeurent dans la patrie (comme nous l’avons montré ailleurs), de même «a fortiori demeurent les dons qui leur correspondent. Saint Thomas le prouve (a. 68, a. 6), en disant que les dons du Saint-Esprit disposent l’âme à bien suivre la motion du Saint-Esprit ; or, dans la patrie, où Dieu. est tout à tous, l’âme est beaucoup plus facilement