SI LES DONS SONT DES HABITUS
Ajoutons à tout cela le témoignage des saints docteurs comme Augustin (1), Ambroise (2), Grégoire (3), Jérôme (4), Cyrille (5), Cyprien (6) et beaucoup d’autres, et de tous les scolastiques avec le Maître des Sentences (7) et saint Thomas luimême dans la question 68 que nous commentons ici (8).
7. Cela étant posé, il faut discuter deux questions. La première se rapporte au genre de ces dons : les dons sont-ils des habitus, et diffèrent-ils ainsi des charismes ou grâces gratis datae qui sont conférées par mode transitoire ? La seconde concerne leur différence spécifique : les dons sont-ils des habitus distincts des vertus théologales, et des vertus morales soit infuses, soit acquises ?
Les Dons du Saint-Esprit sont des habitus.
8. Je dirai que les dons sont des habitus et non pas seulement des actes, ni certaines dispositions données par mode transitoire (per modum
(1) Serm. xvu; lib. II de doctrina christiana, #ap. vit; lib. I de sermone Domini in monte, cap. 1v.
(2) Lib. IIL de sacramentis, cap. IT; in ps. CXVIIT octonario V et lib. I de Spiritu Sancto, cap. XX.
(3) Lib. I Moral. cap. xIt, alias xxvinr, et Lib. IT, €. XXXVI, * et homil. x1x im Ezechielem. = (4) Super cap. x1 Isaïe.
(5) Lib. II in Isaïam.
(6) Cyprianus sive auctor de cardinalibus Christi operibus, eapite de unctione chrismatis.
(7) Lib. III Sententiarum, dist. XXXIV.
(8) Ajoutons à ces références de Jean de Saint-Thomas le témoignage du Concile de Trente : Catéchisme, CHE Ch: XVI
transeuntis) comme la lumière prophétique ou les autres grâces gratis datae. Telle est l’opinion commune des scolastiques et de saint Thomas (cf. q. 65, art. 3).
La raison et le fondement en est d’abord le témoignage de la sainte Ecriture. L'Esprit du Seigneur reposera sur lui, dit Isaïe. Et du même Esprit-Saint qui confère les dons, il est dit dans saint
Jean (ch. x1v) : Z! demeurera parmi vous, et il sera
en vous. Par conséquent les dons ont un état de permanence.
9. En second lieu il faut considérer que les dons ont pour fin des fonctions et des opérations semblables à celles des vertus, soit intellectuelles soit morales. Or les vertus de sagesse, de science, de force et de piété produisent (eliciunt) des opérations et des actes ; elles ne sont pas elles-mêmes des actes, maïs les principes qui élicitent ces actes : ainsi la sagesse et la science produisent des actes de connaissance, la force et la piété des actes de volonté. Mais les vertus de sagesse et de force sont des habitus qui produisent-leurs opérations ; par conséquent les dons de sagesse, de science, de force, ete., doivent de même être regardés comme des habitus, ou dès principes élicitifs de leurs opérations. |
10-16. Enfin, les dons nous sont dispensés afin qué nous puissions agir en vertu d’une certaine connaturalité aux choses divines, et d’une certaine expérience de ces choses, mus par l’instinet du Saint-Esprit, comme saint Thomas le dit dans cette
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