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ORIGINE DES DOUANES

L'origine du service des Douanes Impériales Maritimes Chinoises (Impérial Maritime Customs) date de 1854 (1). A cette époque, les rebelles de la Société triade du Petit Couteau, Siao Tao Houei., des loges cantonnaise et foukienoise, occupaient la ville indigène de Changhaï; les fonctionnaires chinois avaient abandonné leurs postes; personne n'avait un mandat régulier pour toucher les droits sur les marchandises importées. Les consuls eux-mêmes ne pouvaient guère recevoir que des promesses de payer les droits et pouvaient-ils même légalement percevoir les taxes? Un arriéré énorme se produisait donc dans la perception de la douane. Le 23 novembre 1854, d'après une note du ministre américain, Robert M. Me. Lane, les droits arriérés, dus par

(1) China^ n° 1 (I860). Foreign Cusloms Establishment in China. 1865 [3509].

les citoyens des Etats-Unis, montaient à eux seuls à taëls 118.123 8m. 4s. le. (c Cependant les consuls d'Amérique et de la Grande-Bretagne, pour arrêter le désordre, décidèrent que les droits seraient acquittés entre leurs mains soit en argent, soit en simples obligations {pronùssorjj noies). Wou Samqua (le Tao-Taï) ne demanda pas seulement qu'on lui versât les droits perrus, mais manifesta même l'intention de rouvrir la douane dans le local qui y avait été consacré au milieu des concessions étrangères. Toutefois il dut y renoncer devant l'opposition qu'il rencontra, fondée sur cette raison, ce qu'attendu l'insuffisance de ses forces « militaires pour se protéger lui-même contre les <( insurgés, la colonie deviendrait, par le fait de sa « présence, le théâtre de sanglants conflits dans « lesquels les jours et les propriétés des étrangers (( seraient infailliblement exposés ». Le Tao-Taï n'eut pas plus de succès quand il proposa d'établir une douane flottante à bord de V Antilope, navire européen qu'il avait acheté pour augmenter sa flottille : on lui opposa les mêmes objections et les mêmes arguments (d). » Un tel état de choses ne pouvait durer, aussi conclut-on un arrangement par lequel un bureau temporaire des douanes serait ouvert le 13 février 18o4, sous la présidence du Tao-Taï de Changhaï. Dans une conférence tenue le 29 juin 1834 entre Wou Tao-taï et les consuls Hutherford Alcock, B. Edan et B. G. Murphy des trois puissances ayant des traités avec

(1) Arthur Millac. dans la Revue de VExtréme-Orien I , II, p. 10.

la Chine, c'est-à-dire l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, ils rédigèrent les articles au nombre de neuf qui leur semblaient nécessaires pour une meilleure organisation du service des douanes. Pour exercer sur les douanes un contrôle devenu nécessaire et pour reviser les règlements douaniers d'août 1851, on nomma une commission des représentants des consuls composée de : T. F. Wade, vice-consul d'Angleterre, le capitaine Cart, attaché à la légation des Etats-Unis et Arthur Smith, interprète du consulat de France ; le traitement de ces inspecteurs fut fixé à 6.000 piastres (plus de 30.000 francs) pour chacun, sans compter les frais de service. La nouvelle douane commença à fonctionner le 12 juillet 1854. Le système ayant donné de bons résultats, on se décida à l'appliquer aux autres ports ouverts au commerce, tout d'abord à Canton, en octobre 1859, avec l'approbation du vice-roi des deux Kouang, Lao Tsoung-kouang. (Voir traités de Tien-tsin, 1858.) Les pouvoirs du fonctionnaire (^«^AoMrt/z) si connu des étrangers au xviii* siècle, sous le nom deHoppo, étaient ainsi singulièrement transformés. Chan-T'éou {Sivatow) fut ouvert en février 1860 ; Tchen-kiang sur le Yang-tsé, en avril, Ning-po, en mai 1861, Tien-tsin, le même mois, reçurent des commissaires. La même année, en juillet, Fou-tcheou, et en décembre Hankeou et Kieou-kiang sont ouverts à leur tour; en avril 1862, Amoy ; en mars 1863, Tché-fou; en mai, Tamsoui et Kiloung ; puis en septembre, Takao, dans l'île Formose, et enfin en mai 1864,

Nieou-Tchouang, complètent le chiffre de quatorze bureaux de douanes ouverts à la fin de

186iMi.

En fait, l'administration des Douanes Maritimes Chinoises étant confiée à un service spécial du gouvernement impérial, service qui est connu sous le titre de « Inspectorat général des Douanes Impériales Maritimes Chinoises » dans lequel des étrangers furent employés aux termes de Farticle if) du traité anglais de Tien-tsin de 1838 et de l'article 10 des conditions du Tarif du 8 novembre 1858. Il n'y a pas dans le traité français de Tien tsin de clause semblable à celle de l'article 46 du traité anglais, mais les conditions du Tarif furent acceptées par les plénipotentiaires français et américain et signées le 28 novembre 18o8 par le plénipotentiaire français.

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