Spiriiu magno vidit nliima. Eccli. xlviii
Age. Cet homme, exaspéré de cette condamnation qu'il protestait n'avoir pas méritée , ne voulait entendre à rien. Garaffa parvint cependant à le calmer en lui rappelant les autres fautes de sa vie, et la nécessité de satisfaire à la divine justice , qui permettait ce châtiment temporel pour son bien. La conversion fut complète, et amena avec elle la résignation, mais résignation parfaite, et la plus exemplaire du monde ; à ce point que le jeune homme déclarait se réjouir de la sentence qui le retirait de la terre pour le remettre au jugement divin. Or, le Seigneur fit connaître qu'il avait eu pour agréable cette disposition : au moment où la hache séparait la tête du tronc , le Père vit l'âme monter triomphante au ciel. Il en donna l'assurance à la mère du condamné, et il s'écriait dans son admiration : « Oh ! le bienheureux ! Oh ! le bienheureux I » Et comme on voulait multiplier les prières pour cette âme : « Louons plutôt Dieu, dit-il, et réjouissons-nous : car je vous déclare qu'elle n'a pas même passé par le purgatoire. » Une autre fois, qu'il était occupé à une œuvre sainte, il s'arrêta en changeant de visage et les yeux fixés en haut : « Oh ! murmurait-il , oh ! heureux sort ! heureuse fortune I » C'était de nouveau l'âme du supplicié qui venait de lui apparaître dans sa gloire.
Le vrai chrétien, observe S. Augustin, est tellement détaché de la terre qu'il a besoin de patience pour vivre , et il n'est rempli de consolation et de joie que lorsqu'il pense à cette heure dernière qui le réunira à son Dieu. Si notre foi est si faible que nous nous plaisions ici-bas , que nous ne gémissions point de notre malheureux exil , n'avons-nous pas quelque raison de redouter l'accueil qui nous sera fait à l'instant de la mort ? « Celui qui ne gémit pas comme un pèlerin ne se réjouira pas comme un citoyen, » dit encore S. Augustin ^ On rapporte que ce grand doc-