Qui non gémit ui peregrinus non gaudebit ut civis
teur eut avec sa mère sainte Monique , à Ostie , un entretien sur la béatitude des saints dans le ciel, et qu'après cet entretien le monde ne leur paraissait plus qu'un pur néant'. Ils furent longtemps à se regarder l'un l'autre, comme extasiés, et sa mère mourante, pour ainsi dire aux portes du paradis, s'écria : « Qu'ai-je donc à faire ici, et qui peut m"arrêter encore ? »
Et ce saint docteur lui-même n'avait qu a penser au jour glorieux où il verrait son Dieu pour n'être plus maître de lui-même. « Nous nous unirons alors de toutes les puissances de notre âme à l'objet de notre amour, s'écriait-il dans une sorte d'exase. Je ne cesse point de pleurer qu'il ne vienne, et que je paraisse devant mon Dieu; et celarmes me sont aussi douces que la nourriture. Dans cette soif qui me consume , et qui m'entraîne impétueusement vers le centre de mon amour, je brûle de plus en plus en voyant mon bonheur différé. Cet ardent désir, qui jamais ne se refroidit, me fait pleurer toujours, dans la prospérité comme dans l'adversité-. »
Aimons donc, nous aussi, l'image et la pensée de la mort, puisqu'elle est notre grande libératrice. Lorsque sainte Claire, entourée des secours de la religion, gisait près d'expirer, on l'entendait dire : « Au ciel ! au ciel ! » Et comme ses religieuses gémissaient auprès de l'agonisante : « Mes filles, leur dit-elle, ne troublez point par votre douleur le jour de mon allégresse; laissez-moi partir dans la plénitude de ma joie pour les noces de mon céleste Époux. »
Lisons maintenant cette poésie , célèbre comme littérature, mais plus précieuse comme vérité de sentiment^.
1. Mundu.s iste nohis viluerat, cv.m omnibus delectafionibus suis. Confe.ss.