‹ Les douleurs de la vieChapitre 115 sur 292 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Au ciel on se reconnaît 3.

Il semblerait que nul ne put douter de cette vérité consolante , et on comprend à peine qu'elle ait été l'objet d'un examen. Mais il y a en ce monde des esprits chagrins, bornés et faux, pour qui toute exagération est comme un besoin de nature. De ce qu'au ciel nous nous perdrons pour ainsi dire en Dieu ils ont aussitôt conclu que notre personnalité disparaîtrait dans une large mesure, et que, absorbés par la contemplation de l'Être divin, nous n'aurions plus , les uns envers les autres , que des relations de connaissance générale , sans nul souvenir de la vie commune menée sur la terre , dans la famille ou les liens de l'amitié. Le père jouirait du bonheur de ses enfants, mais sans savoir qui ils sont ; la fille se trouverait auprès de sa mère et ne lui donnerait point ce titre, car elle ne la recon-

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