DES DÉFUNTS DOM LE SALUT INQUIÈTE
toujours prêts , la mort devant arriver sur nous comme un voleur, et le jugement devant s'appuyer sur la somme des lumières et des grâces que nous avons reçues. Mais ce défunt dont le sort nous alarme à bon droit eut-il tous les avantages spirituels dont nous jouissons nous-même ? L'ignorance , les exemples entraînants , la fougue d'une nature plus emportée, un vice d'intelligence et de judiciaire, le milieu corrupteur dans lequel sa profession l'a jeté et retenu, est-ce que Dieu n'en tiendra pas compte? qui sait? peut-être dans ce compte de miséricorde vos prières futures, que Dieu connaît, entrent-elles pour une bonne part. Et ici, disons-le, combien, dans leur intérêt le plus pressant, les parents devraient veiller à l'éducation chrétienne et à la vie pieuse de leurs enfants 1 Celui qui n'a pas de religion enterre avec quelques larmes , peut-être sincères , un père , une mère , un frère chéri ; puis il chasse de sa pensée leur souvenir attristant : et tout est dit.... Jamais une prière , jamais une bonne œuvre , pour ces âmes qui , à cause de lui souvent , endurent les supplices du purgatoire. Pensez-y donc, pères et mères; et, parmi tant d'autres raisons que vous avez, n'omettez pas celle-ci, qui vous touche de si près.
Pour nos morts donc, prions beaucoup, prions toujours, prions avec espoir. « Les hommes sont plus inintelligents que pervers, et les méchants sont encore plus aveugles que méchants. Au lit de mort de chacun de nous, et au tribunal de Dieu, le Sauveur des hommes se réserve de dire: Pardonnez-leur, mon Père, car ils ne savent ce qu'ils font * . »
Écoutez S. Bernard : — « De même que nous devons procurer à notre corps la santé , à notre cœur l'innocence, de même nous devons exercer la charité envers nos frères. Ceci nous conduit à parler des âmes chrétiennes qui, de cette prison terrestre , se sont envolées vers les joies du ciel. Nous leur devons de les imiter : elles furent sembla-