DES DÉFUNTS DOT LE SALUT LVQUIÈTE
Ce sujet est si intéressant pour le cœur, et malheureusement d'une si fréquente application en nos jours cFinlidélité générale, que nous ne craignons pas de nous y appesantir, et d'apporter ici d'autres témoignages et dautres traits.
Voici, sur S. François de Sales, des lignes qui ne sont pas moins encourageantes. — « Il ne voulait jamais que l'on désespérât de la conversion des pécheurs jusqu'au dernier soupir; disant que cette vie était la voie de notre pèlerinage, en laquelle ceux qui sont debout pouvaient tomber, et ceux qui tombaient pouvaient par la grâce se relever. Il allait plus loin : car, même après la mort, il ne voulait pas que l'on jugeât mal de ceux qui avaient mené une mauvaise vie, sinon de ceux dont la damnation était manifeste par l'Écriture. Hors de là, il ne voulait pas que Ton entrât dans le secret de Dieu, qu'il a réservé à sa sagesse et à sa puissance. Sa raison principale était que, comme la première grâce ne tombait pas sous le mérite, la dernière grâce , qui est la persévérance finale , ne se donnait point non plus au mérite. Or, qui est celui qui a connu les jugements du Seigneur, et qui lui a donné conseil?^ Cette raison faisait que, même après le dernier soupir, il voulait que l'on espérât bien de la personne expirée, quelque fâcheuse mort qu'on lui eût vu faire , parce que nous ne pouvions avoir que des conjectures fondées sur l'extérieur, sur lequel les plus habiles peuvent se tromper-. » Oui, notre Dieu est bien vraiment, comme l'appelle Job (vu, 20), le gardien de sa créature, custos hominum. « Combien nous serons étonnés, disait un saint prêtre, de trouver au ciel des âmes que nous avions pensé en être à jamais exclues ! »
1. Quis adjuvit spiritum Domini,aut quis consiliarius ejus fuit? Isaiee, xl, . Cité par S. Paul, Rom. xi. 34.